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mercredi 27 novembre 2013

Prostitution : le gouvernement au milieu du gué


Aujourd’hui commence à l’Assemblée l’examen du projet de loi visant à sanctionner les clients des prostitués qui avait déclenché le pathétique appel de 343 salauds. L’occasion de se pencher plus sérieusement sur un sujet complexe, en essayant de prendre un peu plus de recul.



Une question qui se pose ailleurs

Le débat sur la prostitution n’est pas une particularité française. The Economist rappelle de manière très utile que d’autres pays se sont penchés sur la question. En 2001, en Allemagne, la coalition de centre gauche a décidé de libéraliser la prostitution, pour donner un statut légal au plus vieux métier du monde, permettant une converture sociale complète (maladie, retraites). L’exploitation est restée illégale mais cela a permis le retour de bordels légaux. En 1999, la Suède a pris la direction opposée en criminalisant le fait de payer des prostitués, après l’avoir déjà fait pour le fait de faire le trottoir.

Sans prendre partie, l’hebdomadaire revient sur la situation en Allemagne, en disant que : « la prostitution semble avoir diminué en Suède, à moins qu’elle ne soit entrée dans la clandestinité ». The Economist ajoute que l’Allemagne est devenu un « bordel géant », qui aurait 400 000 prostitués, dont seulement 44 seraient enregistrés par la Sécurité Sociale. Des associations de prostitués disent que les travailleurs du sexe le sont de leur plein gré, que le nombre de cas de traite humaine aurait été divisé par deux et que l’esclavage et la prostitution sont deux faits distincts. Cependant, une étude sur 150 pays affirme que la légalisation augmente la taille du marché et également la traite des humains.

Que faire aujourd’hui ?

vendredi 1 novembre 2013

Quand Causeur et Zemmour rejoignent les bobos libertaires


C’est un des buzz de la semaine : la tribune lancée par Causeur de « 343 salauds » pour la « liberté d’aller aux putes ». Elle réunit, dans un attelage improbable, les néo-réacs Eric Zemmour ou Yvan Rioufol avec les bobos libertaro-libéraux Nicolas Bedos et Frédéric Beigbeder.



Libertaro-libéralisme réactionnaire

Par quel miracle Nicolas Bedos et Eric Zemmour peuvent-ils d’accord ? A priori, tout les oppose, tout comme Frédéric Beigbeder et Elisabeth Lévy. S’étant battus les uns contre les autres de manière souvent vive sur le projet de mariage pour tous, jamais on aurait pu imaginer le moindre accord avec ces quatre personnes sur une question de société. C’est un peu comme si l’huile et l’eau pouvaient se mélanger ! Le « miracle » a eu lieu avec leur opposition commune à toute pénalisation des clients de la prostitution, à l’orgine de la tribune et de la pétition lancée par le magazine Causeur de novembre.

Que des libéraux-libertaires comme Bedos ou Beigbeder soutiennent cette initiative n’est pas surprenant. Après tout, ils sont des représentants de cette pensée où il est interdit d’interdire, où la liberté est la seule rescapée du tryptique républicain. En revanche, l’alliance de circonstance avec les habituels ennemis que sont Zemmour et Causeur est plus surprenante. A moins que la défense de la tradition n’inclut celle du plus vieux métier du monde ? En outre, cela leur permet de se payer les féministes qui défendent le projet. Mais cela révèle quand même un fond libertaro-libéral chez ces néo-réacs.

Papa, maman, les enfants, et la pute ?