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vendredi 31 juillet 2015

Les Inrocks à Bayonne : avis de snobisme xénophobe et totalitaire

Les Inrocks viennent de publier un papier au vitriol sur les fêtes de Bayonne, dénonçant mauvais goût général et machisme. Mais ce faisant cet organe de la bonne conscience de gôche en dit sans doute bien plus long sur le fond de sa pensée, passablement réactionnaire et fermée.



Les Inrocks, aristocrates xénophobes et suffisants

Le ton est donné par le titre de l’article : « Fêtes de Bayonne, la célébration du mauvais goût ». Première nouvelle, dans le monde des Inrocks, il y a un bon et un mauvais goût. Bien évidemment, les Inrocks se pensent être les arbitres du bon goût qu’ignorerait la populace présente à Bayonne, qui « se dandine au son des ‘lacs du Connemara’ » et pour qui « certaines majestés de la variété sont devenues indétrônables : Claude François, Patrick Sébastien, Michel Sardou, Emile et Images ». Les Inrocks ont même trouvé un quadra bayonnais qui raconte : « autour des années 80 (…) on pouvait passer du Bach à 3 heures du matin. En permanence il y avait une espèce de folie à la fois foutraque et créatrice ! » et un autre qui se plaint du « vide culturel béant » et du « contenu incroyablement mauvais ».

Le quadra d’origine bayonnaise que je suis, à Bayonne en ce moment, peut témoigner que Bach n’a jamais fait partie des tubes des fêtes. Et il est bien évident que ce grand rassemblement festif se fait sur fond d’une culture populaire, pour laquelle le jugement des Inrocks est aussi tolérant que celui du FN pour les immigrés. Car, c’est une chose d’avoir des goûts différents, c’en est une autre de penser que son goût serait forcément supérieur à celui des autres, comme le font les Inrocks dans une forme assez pure de snobisme mélé à une forme de xénophobie toute aussi pure contre la culture populaire, teintée du totalitarisme qu’il y a à se croire arbitre du bon goût. De manière aussi ironique que contradictoire, sur les questions musicales, les Inrocks se comportent volontiers comme l’extrême-droite politique.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais

mardi 28 juillet 2015

Ce qui ne va pas avec le nouveau train de mesures en Grèce

Il y a quelques jours, les parlementaires Grecs ont voté un deuxième train de mesures et dimanche, la troïka est revenue à Athènes. Mais ce scrutin, présenté comme une modernisation bienvenue de l’Etat Grec, pose des problèmes démocratiques très révélateurs de cette construction européenne.



La colonisation ne se cache plus




Déjà, sur le principe, à considérer que les créanciers de la Grèce pourraient imposer leurs objectifs et le calendrier pour les atteindre, on ne voit pas ce qui pourrait justifier autre chose qu’un questionnement de la crédibilité des plans présentés par Athènes, mais en aucun cas le détail des mesures. Après tout, il n’y a pas qu’une version de l’austérité. Il devrait pouvoir revenir au gouvernement Grec de choisir sur qui faire peser cette austérité, les ménages, les entreprises, les plus riches… Mais non, dans le monde des créanciers de la Grèce, le détail des mesures ne saurait revenir au gouvernement Grec. Et cela est d’autant plus révoltant que tous les plans précédents de ces créanciers qui imposent jusqu’au détail des mesures que doit prendre le gouvernement Grec, ont complètement échoué.

Le règne de l’arbitraire néolibéral

mardi 5 mai 2015

Fascisme à outrance (Les Nouveaux inquisiteurs) (billet invité)

Billet invité de l'oeil de Brutus




Est-il encore possible de s'exprimer librement en France ?[i] La question mérité d’être posée tant il est vrai que « l’usage abusif et aveuglant du mot fascisme »[ii] révèle l’incapacité de toute une frange de la classe politico-médiatique à accepter le débat. Née dans les rangs de l’extrême-gauche à une époque, aujourd’hui relativement lointaine où des partis autoritaires et souvent xénophobes se projetaient en partis uniques et dictatoriaux (mais est-ce encore le cas de nos jours en France ?[iii]), l’obsession antifasciste, sous l’impulsion du politiquement correct, a progressivement gagné tout, ou presque, le spectre politique, avec cette « envie que les problèmes d’aujourd’hui soient exactement ceux d’hier et qu’il n’y ait rien de nouveau à penser »[iv]. Or, « ce refus de penser conduit à l’interdiction de penser et de nommer. Grâce à la reductio ad hitlerum, quiconque parle de la patrie, du travail et de la famille est un adepte de Pétain. Quiconque parle des problèmes posés par certains immigrés recommence la Shoah »[v]. Et c’est bien là tout le but : interdire l’accès au débat. Comme les questions économiques, sous l’égide du « TINA », ne se discutent pas (voir les chapitres précédents), il ne reste plus qu’à fermer les questions sociales au nom de la lutte contre l’Hydre et le débat ne pourra se concentrer que sur quelques vagues questions sociétales (et encore, voir les chapitres suivants). Le citoyen n’aura plus alors que le choix entre deux clans de la même dyarchie, affichant consensus sur toutes les questions de fond (l’Europe, la Nation, l’économie, la diplomatie, l’immigration, l’école, etc.) mais instrumentalisant une fausse alternative avec de savantes doses de compassions clientélistes (les clientèles étant les seules variantes des deux clans), étant bien entendu qu’ils ont de toutes façon sciemment abandonné depuis belle lurette tout forme de pouvoir réel (c’est finalement fatiguant à exercer, et bien peu gratifiant au final) aux marchés et aux technocrates.

mercredi 11 février 2015

Premières leçons de la tragédie grecque

Bien sûr, il est encore trop tôt pour tirer toutes les conclusions de la crise grecque, commencée il y a cinq ans et que l’élection de Syriza vient de mettre sur de nouveaux rails. Néanmoins, toutes ces années ont déjà démontré beaucoup de choses sur la nature du projet européen tel qu’il est aujourd’hui.



Une Europe bureaucratique, totalitaire, désunie et antisociale

Bien sûr, les adorateurs du dieu Europe auront du mal à le reconnaître, mais la crise grecque illustre de manière extrême tous les travers de cette construction. La récente décision de la BCE, hautement politique, de couper les financements des banques grecques, démontre que dans cette Europe, le pouvoir est souvent détenu par des fonctionnaires irresponsables. Jamais personne n’aura un mot à dire sur cette décision, qui fleure bon la dictature pseudo éclairée. Il est aussi difficile de ne pas y voir les tendances totalitaires de cette construction qui dénie trop souvent au peuple de choisir leur destin, refusant un référendum à la Grèce puis déniant à l’élection de janvier la possibilité de changer la direction du pays, comme le note Romaric Godin dans un très bon papier de la Tribune que je recommande.

Ce que l’on constate également aujourd’hui, c’est que cette Europe divise le continent plus qu’elle l’unit quand on voit l’évolution des relations entre Berlin et Athènes, ou les oukases d’Helsinki en 2012. Loin d’une impression de coopération, cela donne surtout le sentiment d’une loi du plus fort, qui privilégie les Etats les mieux portants mais aussi, bien sûr, les intérêts des multinationales. Pire, dans le même temps, c’est au nom de cette Europe que l’on a demandé de baisser le salaire minimum de 22 à 32% en Grèce ! Cette Europe, c’est malheur aux moins fortunés et aux moins riches ! Quand on rajoute les crises à répétition depuis 2008, cela donne une impression de jeux du cirque. L’Union Européenne, c’est le retour à l’Empire Romain, mais pas dans sa période la plus glorieuse, qui plus est.

Un château de cartes face à la démocratie