samedi 10 décembre 2011

Un énième sommet aussi inefficace que choquant


Ca y est, le énième sommet européen vient de se terminer. Il y a à peine un mois, après le sommet de fin octobre, je posais la question «  A quand un 6ème plan de sauvetage de l’Europe ? ». Les sommets se suivent et se ressemblent avec leur dramatisation ridicule et leurs solutions qui n’en sont pas.

L'Europe est toujours allemande

Bien sûr, le terme "Merkozy" peut donner l'impression que la France influe sur le cours des choses, tout comme la théâtralisation incessante des rencontres franco-allemandes. Mais comme on pouvait le pointer dès 2008 avec le traité de Lisbonne ou sur l'Union Pour la Méditerranée, notre président cède sur tout ou presque. Il n'y a qu'Alain Duhamel pour accréditer la communication de l'Elysée, et encore, il est obligé de remonter au printemps 2010 pour trouver des décisions sur lesquelles Berlin a cédé (décision d'aider la Grèce début mai 2010 et création du FESF). Dans la réalité des choses, Angela Merkel dicte son agenda et Nicolas Sarkozy cède sur presque tous les tableaux.

vendredi 9 décembre 2011

De l’exploitation politicienne de l’austérité


Après y avoir renoncé piteusement à la rentrée, Nicolas Sarkozy essaie par tous les moyens d’utiliser l’austérité comme une arme politique contre le PS, comme le rapporte Emmanuel Lévy. Une manœuvre qui serait plus crédible si ses initiateurs l’étaient davantage.

La nouvelle story élyséenne

Nicolas Sarkozy a décidé de jouer sa réélection sur sa crédibilité économique. Il serait un président responsable, qui nous protégerait de la crise et dont l’activisme aurait permis d’échapper plusieurs fois à des crises encore plus graves. En face, le Parti Socialiste serait un repère d’irresponsables prêts à ouvrir le robinet à dépenses, entre le retour de la retraite à soixante ans ou l’embauche de soixante mille professeurs supplémentaires. Bref, la responsabilité contre l’irresponsabilité.

jeudi 8 décembre 2011

AAA, ou quand la politique se fait à la corbeille


Il était un temps où le président de la République pouvait dire que « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille ». Aujourd’hui, comme le démontre cet interminable feuilleton qui va nous mener à la perte de notre AAA, c’est bien la corbeille qui dirige notre pays.

Des agences inhumaines, stupides et auto réalisatrices

Il est franchement désolant de voir un premier ministre qui se dit gaulliste se prosterner devant les agences de notation et promettre de « faire tout pour garder son AAA ». Car ces agences sont inhumaines. Leur jugement a des conséquences bien concrètes pour la vie des peuples. Une baisse de la note d’un pays peut se traduire par des baisses de salaires ou des coupes dans les budgets sociaux dont les conséquences sociales peuvent être dramatiques. Une responsabilité grave.

mercredi 7 décembre 2011

La bulle immobilière française va-t-elle exploser ?


Le baromètre trimestriel de The Economist, rénové à l’occasion, révèle une fois de plus à quel point les prix de l’immobilier en France sont extrêmement élevés. Tout semble indiquer que nous sommes sur le point de voir éclater une nouvelle bulle immobilière, comme dans les années 1990.

Des prix beaucoup trop élevés

L’opinion de l’hebdomadaire britannique n’est pas à prendre à la légère car il avait largement souligné la surévaluation des marchés étasunien, britannique et irlandais dans les années 2000, parlant de bulle bien avant la plupart des économistes et des commentateurs. Leur papier du 26 novembre est à ce titre extrêmement inquiétant pour notre pays. En effet, la France est particulièrement mise en avant parmi les pays dont les marchés sont surévalués.

mardi 6 décembre 2011

Farines animales et semences : l’horreur agricole


Il y a quelque chose de pourri dans la gestion de notre agriculture. Après l’autorisation du Conseil d’Etat à la commercialisation des OGM Monsanto, l’UMP veut interdire aux agriculteurs de ressemer les graines issues de leur culture et la Commission Européenne veut autoriser à nouveau les farines animales.

La privatisation du vivant

Cela m’a été signalé par un commentateur, et le blog économique et social, associé sur Marianne 2, a fait un excellent papier sur le sujet. Aujourd’hui, les espèces végétales créées par les laboratoires sont protégées par un COV, Certificat d’Obtention Végétale. Ce « brevet européen » interdit de ressemer les graines issues de la culture des agriculteurs pour garantir leurs revenus. Mais aujourd’hui, 50% des semences restent issues de la culture, ce que cette loi veut interdire.

lundi 5 décembre 2011

L’Europe reste dans une impasse


La semaine dernière, les marchés ont signé la plus forte hausse hebdomadaire depuis trois ans, avec une progression de 10,8%. Est-ce à dire que la crise de l’euro touche à sa fin ? Non naturellement, l’intervention prévisible des banques centrales ne fait que retarder l’issue de la crise.

L’intervention prévisible des banques centrales

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’intervention concertée des banques centrales de la planète a fortement calmé les marchés. L’injection concertée de liquidités a permis de faire baisser les taux longs espagnols de 100 points de base, à 5,68% et a réussi à faire repasser les taux longs italiens sous le cap fatidique des 7%, à 6,68%. L’incendie n’est pas éteint, loin de là, mais il est largement circonscrit du fait de l’intervention des banquiers centraux.

dimanche 4 décembre 2011

Le roman de la fin de l’euro, partie 6 : le président en campagne


Après la qualification surprise de Charles Delacroix face à François Hollande dans la partie 1, le Parti Socialiste contre-attaque dans la partie 2, provoquant une réponse du candidat gaulliste dans la partie 3. La dernière ligne droite voit une intense activité diplomatique dans la partie 4. Le président élu prend alors rapidement les rênes du pouvoir dans la partie 5.

16 mai : passation de pouvoir à l’Elysée. Une heure après est annoncé le nouveau gouvernement, qui comprend plusieurs figures de la gauche républicaine et des personnalités issues de la société civile. Le soir même, le Président donne une interview télévisée où il fixe ses priorités. L’emploi est la première. Il annonce que le référendum sur la sortie de l’euro se tiendra bien le 10 juin, date du premier tour des élections législatives. Enfin, il annonce que le contrôle des changes est prolongé jusqu’au 17 juin, en accord avec nos partenaires européens. La campagne démarre et elle est violente tant le sujet déchaine les passions.

17 mai : dans une tribune publiée dans le Monde, en réponse à l’annonce du président Delacroix, Alain Minc, Jacques Attali, Jacques Delors, Jean-Claude Trichet appellent les Français à « Sauver l’euro pour sauver notre avenir ». Le ton est volontiers dramatique, les auteurs annonçant une « décennie de dépression économique » si nous revenons aux monnaies nationales. Ils en appellent à la responsabilité et dénonce « l’illusion nationale ».

samedi 3 décembre 2011

Le chômage de masse, notre Munich social


Cette semaine, le nombre de chômeurs a atteint un plus haut depuis 1999. Pourtant, le gouvernement n’a que la réduction des déficits en tête. Pas une mesure n’est prise pour lutter contre le cancer de notre société qu’avait si bien dénoncé Philippe Séguin il y a près de vingt ans.

Une nouvelle aussi sinistre que prévisible

Ce sera une nouvelle ligne à porter au passif de Nicolas Sarkozy. Jamais le nombre de chômeurs n’avait été aussi élevé depuis plus de dix ans. Pire, le nombre de 2,8 millions de sans emplois n’est que la partie émergée de l’iceberg. En effet, y compris officiellement, nous savons qu’il y a en réalité bien plus de 4 millions de personnes en recherche d’emploi en France, soit environ 15% de la population. Un Français sur six ne peut pas travailler faute d’activité.

vendredi 2 décembre 2011

Toulon, sanctuaire de la présidence de papier de Nicolas Sarkozy


Hier, le président de la République est revenu à Toulon pour y faire un discours fondateur sur la crise, trois ans après un fameux discours prononcé au même endroit. Et si cette mise en scène, loin de le servir, démontrait justement toutes ses carences et incohérences ?

Toulon 2008, trois ans après

En effet, comment ne pas revenir sur ce fameux discours fondateur pour comparer ce qui avait été dit et ce qui a été fait. En outre, la France vient de présider le G20, donnant une occasion unique à Nicolas Sarkozy de faire avancer la réforme de l’économie. Mais comme très souvent avec lui, les mots sont essentiellement restés des mots. La moralisation du capitalisme ? Quelques mesurettes totalement superficielles sur les bonus. La fin des parasites fiscaux ? Rien n’a changé en réalité.

jeudi 1 décembre 2011

Un autre regard sur la crise japonaise


C’est une des raisons pour lesquelles on peut aimer lire The Economist, malgré leur biais libéral. L’hebdomadaire britannique n’hésite jamais à aller contre les idées reçues en cherchant à analyser les informations avec un regard original qui fait réfléchir, comme ici sur le Japon.

Relativiser la crise du Japon

Pourtant, The Economist a souvent été très critique devant ce qu’il juge le conservatisme des autorités japonaises face à la crise qui secoue le pays depuis vingt ans. Bien sûr, le PIB Japonais n’a cru que de 0.8% par an de 2001 à 2010, contre 1.6% aux Etats-Unis et 1% dans la zone euro. Cependant, l’examen de la croissance du PIB / habitant inverse cette hiérarchie puisque le Japon passe en première position avec une croissance de plus 0.7% par an.