jeudi 17 décembre 2015

Avis de vents forts néolibéraux

C’est quelque chose que j’avais malheureusement pressentie dès début janvier 2009, en imaginant que le néolibéralisme finirait par sortir vainqueur des débats idéologiques postérieurs à la crise qu’il avait pourtant provoqué. Après quelques mois de remise en question, l’interprétation de la crise l’avait largement épargné et il faut bien constater que, depuis, le phénomène s’accentue.



Les défaites de l’Etat, du collectif et de l’humanisme

Bien sûr, dans nos sociétés complexes, les choses ne se passent pas de manière uniforme et radicale. Les évolutions sont plus subtiles, mais il semble que les choses accélèrent, malgré les débats sur un relèvement du salaire minimum aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Allemagne (où il était faible) et l’allègement de l’austérité en Europe. D’abord, on peut voir dans le virage libéral des « socialistes » en France il y a près de 2 ans un symptôme de cette évolution. Pire, ils ne cessent d’accélérer, jusqu’à ne laisser qu’un espace bien étroit aux « républicains ». A Athènes, la gauche « radicale » a fini par accepter les potions amères qu’elle dénonçait avant son élection. Tous les grands pays d’Europe sont à droite, même si à Rome et Paris, c’est une droite économique qui se dit pourtant de gauche.

Et malheureusement, il faut bien reconnaître que les circonstances ne s’arrangent pas pour le moment. En effet, logiquement étant donnés les échecs des majorités sortantes, les électeurs ont choisi l’alternance en Argentine et au Vénézuela, deux pays souvent évoqués en exemple par les alternatifs, même si, dans mon cas, j’avais bien souligné les errements (plus ou moins importants) de ces deux pays. Avec le retournement de Syriza, il faut bien reconnaître que le front politique alternatif est en capilotade aujourd’hui. Pire, comme au tournant du siècle et avant la crise de 1929, notre époque s’abandonne à une nouvelle bulle et un délire sur les nouvelles technologies sans le moindre recul. Et la baisse des taux, du pétrole et de l’euro apporte une petite bouffée d’oxygène asphyxiant toute remise en cause.

Des batailles perdues et de celles que nous gagnerons

Il faut bien reconnaître qu’aujourd’hui, en partie du fait du grand virage libéral des « socialistes » en France, les idées alternatives, de reprise en mains de la monnaie, de protectionnisme et de refus de déconstruction du service public semblent manquer de soldats dans un paysage médiatique qui a lui-aussi largement viré à droite, au point que le service public se permet des reportages qui semblent venir directement du Medef. Si le FN ne parvient pas à convertir ses très bons résultats de premier tour au second, on peut penser que cela vient en partie des vents contraires à son programme économique, notamment sur la question de l’euro, ce qui le pousse déjà à ajuster son discours pour ne pas prendre trop à rebrousse-poil l’électorat de droite sur lequel il lorgne de plus en plus et où cette question le pénalise.

Cela ne signifie en aucun cas qu’il faille mettre ses idées dans sa poche. Je contrinue à être convaincu que le retour à une monnaie nationale, directement pilotée par le gouvernement, des frontières économiques plus marquées et un refus de la déconstruction du service public sont des batailles fondamentales qu’il faut continuer à défendre, parce que, tôt ou tard, l’inanité du discours dominant aboutira forcément à sa défaite. Mais dans l’intervalle, il convient de réfléchir aux raisons pour lesquelles nous perdons la bataille des idées alors que les faits démontrent souvent la justesse de nos idées. Nous avons une part de responsabilité dans notre façon de présenter les choses. Mais on peut aussi penser qu’il y a un problème d’incarnation politique de nos idées alternatives, qui freine leur succès démocratique.


Le tripartisme dans lequel la France se conforte de plus en plus est malheureusement une triple impasse, entre deux partis qui nous gouvernent depuis des décennies avec les résultats que l’on sait et un premier opposant assez repoussant pour ne pas gagner mais pas assez pour ne pas vampiriser et faire un relatif vide dans le débat public, freinant l’émergence d’autres alternatives.

22 commentaires:

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  2. Je ne crois pas du tout à la victoire idéologique du néolibéralisme. La victoire de Syriza, les progrès du FN, la victoire du non à différents référendums (dernièrement encore au Danemark), tout cela montre bien au contraire que, dans les populations, il y a un rejet du néolibéralisme. En revanche, s’il n’y a pas de victoire « idéologique », il y a pour l’instant une victoire politique par manque d’alternative sérieuse. La victoire idéologique du néolibéralisme, elle est chez les élites (c’est-à-dire une minorité) mais pas dans le peuple.

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    1. Une victoire est une victoire.

      Peu importe le nombre de gens qui refusent cette victoire.

      C'est celui qui a le volant qui conduit. Pas la majorité des gens qui sont perdants dans le système ultra-libérale.

      C'est la minorité qui tient les postes clés qui gouvernent. Les autre peuvent bien hurler, faire la gueule, ruer dans les brancards. Et alors ?

      Si en plus, c'est pour mettre en avant la défaite cuisante de Syriza, les progrès du parti libéral frontiste, bôf !

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    2. Si nous prenons l’exemple du communisme, on peut avancer qu’à la fin des années 70, le communisme était mort idéologiquement. Pourtant, il régnait toujours politiquement sur une grande partie de la planète. Mais la mort politique finit tôt ou tard par rattraper la mort idéologique : c’est ce qui s’est passé avec l’effondrement de l’URSS et la chute du mur de Berlin.

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  3. @LH,

    Le capitalisme absolu, l'idéologie du marché total, ce ne serait pas ça en 2015 l'extrême-droite ?

    - Contestation et contournement du fait démocratique,
    - monopolisation des pouvoirs aux sein d'institutions techniciennes sans légitimité populaire,
    - technicisation du droit dès lors moindre lisibilité des textes et garanties individuelles
    - appauvrissement des plus pauvres,
    - renforcement du capital et précarisation du travail,
    - monopole ou quasi monopole des moyens de diffusion,
    - verticalité de la puissance économique passant au-delà des barrières démocratiques internes,
    - droit spécial et tribunaux spéciaux pour juger les nouveaux pouvoirs (TAFTA)
    - prééminence de la personne morale de droit privé (multinationales) et de ses intérêts sur le citoyen

    Non ?

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  4. Le retour à l'ordre moral, le libéralisme et la promotion du racisme sont les trois piliers sur lesquels s'appuie l'extrême droite. Ils s'opposent aux grands principes de la démocratie que sont le primat du politique, le principe de souveraineté et le principe d'égalité. Il est terrifiant de constater que les trois grands partis politiques incarnent tous ces valeurs d'extrême droite. Quand l'ordre moral se substitue à la politique, qui consiste à faire des choix, le libéralisme a des boulevards devant lui. C'est triste à dire, mais en France, c'est Manuel Valls qui incarne le plus cette idée de l'ordre moral et donc de la défaite du politique.

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    1. @Unknow,
      De quel parti parlez-vous ? Le programme du FN est en ligne il me semble. Je n'y vois rien de ce que vous dites, ce dans l'hypothèse où ce parti serait ici en cause bien sûr. Souverainiste, républicain, démocrate, promouvant une définition de la citoyenneté détachée de toute assignation identitaire, voilà ses options il me semble.

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  5. @ LH

    Je crois que l'analyse du pourquoi peut se résumer à peu de choses. Nous vivons dans un système "démocratique" qui use et abuse de l'absence de "raison" de la part de nos concitoyens. G. Frêche disait: des gens intelligents, il y en a 6%, moi je m'adresse aux cons. Tout cynique que puisse paraître ce message, il révèle une certaine idée que se font les politiques de la population mais également un certaine réalité.
    Combien d'entre nous use de leur raison avec méthode? Bien peu. Ce n'est pas une condamnation vis à vis de ceux qui n'ont "pas le temps", "pas l'envie", "pas la capacité de", c'est juste un fait.
    Face à des forces politiques qui brouillent les pistes avec des noms et des affiliations mensongères au point que les mots en perdent leur sens premier, comment pourrait réagir le citoyen lambda? Face à une presse acquises à la "cause", comment lutter?
    C'est David contre Goliath, sauf que David n'a ni fronde ni cailloux...
    La démocratie actuelle joue sur toute ces ambiguïtés, pas nécessairement de mauvaise foi et sans doute avec une bonne grosse dose d'idéologie. Il n'y a qu'à voir de quelle philosophie sont fait nos politiques (le plus aisé à observer est sans doute Macron qui a baigné dedans... Ces références sont édifiantes).
    J'ai lu récemment le livre de P. Levi (Si c'est un homme), il y a quelque chose qui m'a beaucoup intéressé d'un point de vu humain. Une des "théories" qui ressort de ce livre traite de la limite de l'acceptable et de la réponse comportementale de l'homme. Il apparaît que la précarité de la vie peut être désigné par différents stades. Le stade "normal" du camp de concentration mettait les gens dans une situation telle qu'aucuns d'eux n'étaient plus capable du moindre sentiment de compassion ou de solidarité. Cette dernière est revenue lorsque la situation s'est légèrement améliorée lorsque les Allemands ont fui le Lager.
    Aujourd'hui, je crois que nous ne sommes pas dans un état de tension telle qu'un changement radical puisse être opéré, toutefois, je crains aussi que l'on arrive aussi dans une situation où l'on aura dépassé ce stade où la solidarité reste encore possible.

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  6. Roland Hureaux nous rappelle :

    http://www.atlantico.fr/decryptage/regionales-pourquoi-est-pas-logique-reprocher-nicolas-sarkozy-resultats-ligne-politique-suivie-droite-depuis-plus-trente-ans-2497188.html/page/0/1

    que la ligne de la droite depuis 30 ans, c'est l'alliance avec le centre.

    Pourquoi ?

    Parce qu'ils se sont laissé imposer par la gauche de ne pas s'allier avec le FN (pour le bouffer), comme le PS s'était allié avec le PC.

    En favorisant vous-même cette ligne, vous favorisez donc l'UE et le néolibéralisme.

    Si vous voulez repartir sur de bonnes bases, vous n'échapperez pas à un mea culpa sur votre comportement à l'égard du FN...beaucoup d'évolutions néfastes de la société française (UE, immigration, repentance...) auraient été évitées si la droite n'avait pas donné dans le panneau de la diabolisation.
    La droite n'a pas assumé son histoire, vous y avez contribué, et tout le monde paie les pots cassés.

    C'est bien sûr une question indépendante de celle de la ligne à suivre maintenant que le FN est un parti puissant.

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    1. Le FN fait parti du problème. Le FN a contribué comme les autres partis à construire l'hégémonie de l'ultra-libéralisme.

      Le FN est en plus xénophobe et réac. Ça fait des problèmes en plus.

      Le FN est notre ennemi. Et l'ennemi de mon ennemi n'est pas toujours mon ami.

      Surtout quand mon ennemi frontiste me dit comme propos abject que je suis responsable des actions réelles ou supposées de mon premier ennemi.

      Pire encore, quand le FN a besoin de mon premier ennemi pour progresser. A ce demander qui est l'allié objectif de qui ?

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    2. En France, le centre ; c'est la droite.
      L'offre politique du "centre", c'est de la politique de droite.

      C'est pour ça que le "centre" a toujours été un satellite de la droite !

      Ensuite, la droite a mené la politique qu'elle voulait mener pendant 30 ans. Rien à voir avec la diabolisation du FN (qui sert à fabriquer du calcul de boutiquier pendant les périodes électorales...°

      Les gens en ont marre de la politique mener par l'exUMP et ses alliés "centristes" et le gens en ont marre de la politique menée par le "PS".

      Ce qui sert bien les intérêts du FN.

      Ce serait bien de ne pas sans cesse réinventer l'Histoire et les situations politiques/électorales.

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  7. Laurent ne fera jamais son mea culpa sur son comportement à l'égard du FN. Dès qu'il entend "FN" son cerveau se bloque et il cesse de réfléchir.

    C'est physique.

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    1. Les attaques personnelles ne sont pa des arguments.

      Et la rhétorique orwellienne qui consiste à présenter un avis différent comme faux ou mal construit parce que différent du sien... est abjecte.

      Et donne une sale image des militants qui défendent le FN.

      Bref, pourquoi venir tanner ce pauvre Laurent qui l'ennemi du FN ? vous n'en ferez jamais votre allié... et encore moins avec des attaques !

      Les militants FN viennent faire leur pub sur ce site où pourraient atterrir des personnes qui cherchent une alternative à l'UMPS et vous vous dite que ces malheureux pourraient au moins tomber sur votre propagande ?

      Le site de Monsieur Herblay vous sert de tribune ; c'est ça ?

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  8. Vous ne savez pas lire ? Qui vous a dit que j'essayais de "tanner ce pauvre ( ce n'est pas moi qui utilise l'adjectif ) Laurent" ou "d'en faire mon allié" ou de "faire une tribune de son site" ? Je m'amuse simplement de son processus mental dès qu'il s'agit du FN et uniquement lorsqu'il s'agit du FN. Le reste du temps il est parfaitement raisonnable et même très intéressant. Je suis son blog avec plaisir depuis environ une quinzaine d'années.
    Quant au reste de vos déclarations à la Valls ou à la Bartolone, hein... Servez-les au public qui va bien !

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    1. et je m'amuse du processus mental de l'électeur sincère du FN...

      Même si c'est moche et écoeurant. Vaut mieux s'en amuser.

      Bref, j'ai toujours dit que c'était de la faute de Monsieur Herblay... c'est lui qui veut bien que l'on insulte et que l'on se serve de son site comme tribune.

      Bref, cette sale mentalité de frontiste... au moins, grâce à vous, nous savons à qui nous avons à faire. C'est déjà ça.

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    2. Je ne vois pas en quoi Laurent s'est montré fantaisiste sur le FN. Ses critiques vous déplaisent c'est tout.
      Je partage complètement son analyse de ce parti, qui est un ramassis d'opportunistes, dangereux pour la démocratie car autoritariste.

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  9. L'aveuglement se poursuit. Il n’y a pas de tripartisme

    Désormais et déjà depuis bien longtemps (probablement depuis 2005 : le NON ! du Peuple Français à l'UE totalitaire, aux internationalistes furieux et aux mondialistes ahuris) nous sommes dans le bipartisme :
    1-les partisans de la souveraineté du peuple Français et de l’indépendance de la France;
    2-les européistes mondialo-internationalistes.

    Depuis 2005, donc, ce bipartisme se met en place- mûri- à mesure que progresse la prise de conscience de nos compatriotes sur cette alternative. Naturellement cette prise de conscience est laborieuse et chaotique : tant et tant d’obstacles et de machinations sont montés contre elle. Tous s’y mettent : partis internationalistes et mondialistes ; médias ; intellectuels ; sbires artistico-sportifs …
    Nous sommes bien dans un dictature.
    Gare à ceux qui dérogent !

    Peut-être pourrions-nous être en phase sur votre observation de l’existence ‘d’un problème d’incarnation politique de nos idées alternatives, qui freine leur succès démocratique’.
    A condition de ne pas avoir la ‘grosse tête’ et de se croire, seul ! à pouvoir incarner la personnalité qui sauvera la France de sa déchéance …
    Nous en avons déjà trop : FA, NDA, MLP …. Qui d’autre ?

    De surcroît, persister dans l’erreur de vouloir faire le tri entre les partisans de la souveraineté et de l’indépendance de la France c’est très exactement faire le jeu des européistes.

    Travailler à l’agrégation des mouvements patriotes et souverainistes est une nécessité capitale.
    S’appuyer sur les dix questions essentielles.

    Q1-Oui ou non la France peut-elle encore attendre ? NON

    Q2-Oui ou non les concepts ‘souveraineté du Peuple Français’ et ‘indépendance de la France’ sont-ils périmés ? NON

    Q3-Oui ou non devons-nous encore endurer la mondialisation et l’UE totalitaires : collusion notoire des internationalistes et des libéraux (et domination idéologique des premiers sur les seconds) ? NON

    Q4-Oui ou non, nous soumettons-nous définitivement à leur slogan sans-frontiériste : « libre circulation des personnes, des capitaux, des marchandises et des services » ? NON

    Q5-Oui on non laissons-nous encore l’UE totalitaire (cheval de Troie de l’internationalisme et du mondialisme) mépriser les Peuples et détruire les Nations ? NON

    Q6-Oui ou non approuvons-nous leurs méthodes ? Neutralisation des Etats ; Privatisations; Financiarisation ; Délocalisations; Submersion migratoire ? NON

    Q7-Oui ou non peuvent-ils infliger aux Français une constitution supranationale ? NON

    Q8-Oui ou non devons-nous encore subir le délabrement de la République Française (Française ! ... pas universelle) : régionalisme supranational, décentralisation anarchique, double nationalité, communautarisme rampant, vote des étrangers, etc. ... ? NON

    Q9-Oui on non devons-nous encore subir le carnage politique, économique, social, civique et sociétal imposée par la sphère politico-intello-médiatique, pathétiquement conformiste ? NON

    Q10-Oui ou non est-il temps de crever l’abcès ? OUI !

    Pour une France libre et indépendante dans :
    1-le dialogue des civilisations et la mondialisation régulée ;
    2-l’entente, la concorde, la coopération équitable et loyale de Peuples souverains et de Nations indépendantes ;
    3-un périmètre européen organisé (de ' l'Atlantique à l'Oural ' ?) pour le respect des Nations, des Peuples et de l’efficience des Etats.
    CASTELIN Michel

    Ps : Car :
    -la souveraineté ce n’est pas le repli sur soi , le nombrilisme, l’individualisme.
    -l’indépendance ce n’est pas la solitude, l’égoïsme, la xénophobie.
    -la Nation et la Patrie ce n’est pas honteux.
    -le protectionnisme ce n’est pas l’autarcie.
    -l’accueil ce n’est pas la submersion, ni la phagocytose.

    La vraie mondialisation ?
    Entente, concorde, coopération équitable et loyale de Peuples souverains et de Nation indépendantes.
    CASTELIN Michel

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  10. @ Moi

    Cette victoire, elle est encore largement dans les urnes, et dans les cénacles du pouvoir… Et Syriza l’illustre de manière extrêmement marquée

    @ Anonyme

    C’est malheureusement une forme d’extrémisme subtile, progressif, avançant petit à petit

    @ Unknown

    Bien vu

    @ Thomas

    Attention ici à ne pas tomber dans une forme de snobisme. Je persiste à trouver que le vote du peuple a presque toujours plus de sens que celui des élites les plus éduquées et intelligentes, ce qui remet en cause votre raisonnement. Après, une société repose sur une histoire commune, qui peut mener à de mauvaises décisions, surtout quand il y a un problème d’incarnation politique des différentes idées

    @ Anonyme

    Pas d’accord. Ce n’est pas le centrisme le problème puisque la droite a dérivé à droite économiquement

    @ Abd_Salam

    Merci pour tout. Bien d’accord sur le FN

    @ Thierry

    J’ai tout de même trouvé 20 raisons, sans y passer beaucoup de temps…

    @ Michel Castelin

    Je suis d’accord avec certains points, mais votre tirade a un côté sectaire

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    1. @ LH

      Loin de moi toute idée de snobisme en tant que telle. Je constate juste qu'il est facile de manipuler pour plusieurs raisons:
      - la crédulité bienveillante: pourquoi un média nous raconterait-il n'importe quoi? Ils sont journalistes, ils sont sensés être compétents? Face à un unanimisme, qui suis-je pour remettre en cause cela?
      - une méconnaissance de certains outils: ce n'est pas donné à tout le monde de savoir lire un graphique et d'en comprendre les subtilités. Combien de fois nous fait-on le coup de présenter des histogrammes avec des échelles qui mettent en valeur ce que souhaite "prouver" le speaker? Le langage, les outils mathématiques ou autres ne sont pas forcément parti du bagage de certaines personnes.
      Quant à ses élites, je ne suis pas persuadés qu'elles soient en fait très éduquées. J'ai des doutes sur leurs capacités de raisonnement moins sur leurs compétences technocratiques et sur leur imprégnation idéologique. Il est même possible qu'elle ait subie elle-même un bourrage de crane.

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    2. @ Laurent Herblay, la victoire de Syriza puis sa capitulation montre que :
      - il y a un rejet du néolibéralisme en Grèce;
      - mais ce rejet ne parvient pas à se traduire par un changement politique.
      C'est pourquoi je dis que le néolibéralisme est encore aujourd'hui victorieux politiquement, mais il est moribond idéologiquement.

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  11. @ Thomas

    Oui, mais en 2005 (et d’une moindre mesure en 1992), beaucoup de nous avons voté contre l’opinion très dominante exprimée par les médias. La compéhension supposément plus élaborée des élites ne donne pas forcément une meilleure analyse. Et je pense que le mauvais jugement des élites vient du conformisme, du manque d’intérêt pour ces questions (et donc d’un jugement superficiel)

    @ Moi

    Malheureusement, il n’est pas mort. Il n’a été vaincu que temporairement en Grèce (mais il gagne à Londres, à Rome ou à Madrid)

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  12. @LH

    Je suis souvent agréablement surpris par l'ampleur des votes contestataires ou disons-le autrement, qui vont à l'encontre de la pensée dominante. Bien que je regrette que ce type de vote aille gonfler le score du FN, je pense que le score d'un parti qui est honnis notamment par les "technocrates" démontre qu'une partie de la population n'est pas sensible au discours totalisant du grand centre. Toutefois, il n'y a pas de contestation largement majoritaire. Et si je ne ferai pas l'affront de dire que tous les électeurs de ces partis ordo-libéraux le font par "suivisme" mais par conviction, je crois également que les stratégies de communication élaborée par ces partis et la presse correspondante reste efficace.
    Bien que je n'aime pas trop prendre exemple sur des cas particuliers, je trouve celui qui va suivre plutôt révélateur selon moi. J'ai eu l'occasion de discuter très rapidement politique avec mon plombier. Celui-ci, avait voté Sarkozy pour éviter Hollande. La discussion s'est poursuivie sur les casseroles de Sarkozy, notamment l'affaire "Paul Bismuth" où la culpabilité de Sarkozy semble évidente. La première réaction de ce monsieur fut de s'étonner qu'il y ait si peu de communication à ce sujet et que s'il avait été au courant de ces casseroles, il n'aurait pas voté pour Sarkozy. Ce petit cas particuliers porte en lui certaines réponses à la puissance de ceux qui portent l'idéologie "labellisée" dont le manque de pénétration de certaines informations.
    Il n'est pas donné à tout le monde, et je ne parle pas d'intellect, d'avoir accès aux informations pertinentes. Soit parce qu'elles sont peu intelligibles pour certains ou bien parce qu'elles sont noyées parmi d'autres.
    De mon côté, j'entrevois toutefois quelque chose de plutôt intéressant au regard des différences "générationnelles". Je ne sais pas si c'est le genre de domaine qui vous intéresse, mais la sociologie s'intéresse aux générations, pas par nécessité d'études historiques mais plutôt pour essayer d'extraire l'essence des dites générations. La cartographie électorale par âge est très intéressante à plusieurs niveaux. On voit qu'elle est la fraction de la population qui "désigne" les élus (on arrive à des rapport 1/3 de votants pour les moins de 35 ans à plus de 2/3 pour les 55 et plus), mais également comment le vote s'établit au sein même des tranches d'âge.
    Si les jeunes semblent voter moins que leur grands parents et de manière différente, ce qui au de la classe politique et de ses discours n'a rien de surprenant, les études sur la génération Y par exemple tendrait à montrer que cette dernière est à la fois de nature plus contestataire et plus éduquée que ses aïeux. Je caresse l'espoir qu'il sera plus difficile de la duper et que certaines pratiques et discours seront plus difficiles à tenir de la part de nous hommes politiques.

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