lundi 11 février 2019

Le Vénézuela entre peste et choléra ?



Sortir d’un noir et blanc caricatural

Si quelques média généralistes, y compris parmi les grandes chaines de télévision, ont rappelé qu’une partie de la population du pays continue à soutenir le régime, notamment celle qui a accès aux logements sociaux qui ont été construit par le régime, le ton dominant est sans nuance, comme un film paresseux d’Hollywood, entre le méchant moustachu et le jeune héros… Heureusement, il y a l’émission de Frédéric Taddéï, sur RT, qui fait débattre pendant près d’une heure les deux camps, donnant deux interprétations de la crise : d’une part ceux qui soutiennent le régime et dénoncent l’ingérence de Washington, de l’autre, ceux qui critiquent le pouvoir en place, ses dérives autoritaires et la crise économique.



Sachant que le Vénézuela a beaucoup de pétrole, il est très inquiétant de suivre les Etats-Unis qui ont toujours été prêts à multiplier les abus destructeurs pour les populations pour pousser leurs intérêts. Et on a vu en Libye que les bonnes intentions peuvent aboutir à un désastre complet, y compris pour les locaux. De plus, l’argumentaire constitutionnel de Guaido n’est peut-être pas valable, comme le notait un intervenant de l’émission. Il est tout de même regrettable que les critiques de Maduro ne soient pas capables d’accepter les limites de Guaido, notamment les liens avec des Etats-Unis dont les interventions extérieures, arbitraires et intéressées, n’ont pas eu un bilan particulièrement positif.

Mais en parallèle, on aimerait aussi que ceux qui défendent le régime tiennent un discours plus équilibré. Défendre la mise en place d’une nouvelle assemblée au nom de l’élection contestable de trois députés est un peu court et les pratiques du régime ne semblent pas toujours démocratiques, même s’il faut remarquer que l’opposition a gagné les législatives, ce qui ne serait pas possible sous une dictature… Mais surtout, le bilan économique, positif tant que le prix du pétrole était élevé, s’est révélé désastreux dès que le prix du baril a baissé durablement, révélant que les progrès n’étaient pas complètement structurels, même s’il faut noter que la richesse pétrolière a été bien partagée sous Chavez.


Pour toutes ces raisons, et notamment tant de précédents calamiteux ces dernières décennies, je pense que nos pays ne devraient pas s’impliquer dans les évènements en cours au Vénézuela. Un coup d’Etat appuyé par des puissances étrangères intéressées ne risquerait-il pas d’avoir de mauvaises conséquences, même s’il faut reconnaître les limites du chavisme, comme je le fais depuis 5 ans ?

6 commentaires:

  1. Le Chavisme s'est endormi sur la rente pétrolière qui est devenue insuffisante pour assurer un train de vie "convenable" à la population. Bonne occasion pour Trump le vulgaire de "reprendre" les choses en main. Surtout contre un dictateur moustachu du plus mauvais genre face à un jeune loup au style obamesque. Cette étrange alliance n'augure rien de bon.

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  2. Juger des mérites et des limites du chavisme, c'est l'affaire des citoyens vénézuéliens. L'affaire des citoyens français devrait être de se dresser contre le soutien servile du régime de Macron aux ingérences états-uniennes contre le Vénézuéla. On peut avoir une idée des difficultés d'un pays sous-développé trop riche en pétrole en lisant une interview de Michael Hudson (https://www.unz.com/tsaker/saker-interview-with-michael-hudson-on-venezuela/)

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  3. Le scandale Benalla éclabousse toute la garde rapprochée d'Emmanuel Macron.

    Le clan Macron – Benalla – Emelien est en train de se disloquer.

    Le Maroc, c'est le pays où Alexandre Benalla encaissait le pognon que deux oligarques russes lui donnaient.

    Macron et son clan sont tous mouillés dans ce scandale.

    Le bateau coule, les rats quittent le navire.

    C’était l’une des photos emblématiques de l’élection d’Emmanuel Macron : l’arrivée de sa garde rapprochée, sur le tapis rouge de l'Élysée. Après le départ annoncé d'Ismaël Emelien, il ne reste plus qu'une rescapée de cette équipe, Sibeth Ndiaye. Les autres ont démissionné, sont devenus ministres ou ont été recasés.

    Autour d'Emmanuel Macron, il n’en reste plus qu’une : Sibeth Ndiaye, conseillère presse et communication du Président. Avec Benjamin Griveaux, Sylvain Fort, Stéphane Séjourné et Ismaël Emelien, on les appelait “les Mormons” de la “Macronie historique”. Que sont devenus tous ces proches qui avaient suivi le chef de l’État jusque sur le tapis rouge de l'Élysée ? Ils ont démissionné, sont devenus ministres ou ont été recasés au parti. Dernier départ en date, celui d’Ismaël Emelien, conseiller spécial d’Emmanuel Macron. Désormais, Sibeth Ndiaye mise à part, le président de la République ne travaille plus avec l'équipe qui lui a permis de prendre la tête de l’État. 

    https://www.franceinter.fr/politique/sibeth-ndiaye-seule-survivante-de-la-garde-rapprochee-du-candidat-macron

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  4. Il semble bien que Salvini n'ait aucune intention de sortir de l'Euro, puisqu'il est prêt à utiliser les stocks d'or de sa banque centrale pour boucler le budget de l'Etat.

    Et même, qui nous dit qu'il ne sait pas très bien que la banque centrale italienne risquerait d'avoir besoin de cet or le jour où l'Italie récupérera sa souveraineté monétaire ?

    Ici encore je ne vois guère de différence avec Macron.

    https://fr.yahoo.com/news/italie-salvini-juge-int%C3%A9ressant-puiser-dans-les-r%C3%A9serves-113827128--business.html

    https://fr.sputniknews.com/economie/201901291039825888-or-france-marches-finance-banque/

    Ces fanatiques de la religion européiste néolibérale, bien déterminés à pratiquer la tactique de la terre brûlée, ne laisseront que des ruines derrière eux.

    Ivan

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  5. Quel aveu !

    " Selon le rapport remis au ministre italien des Transports, les revenus générés par la nouvelle ligne ne parviendront pas, même à moyen terme, à absorber les pertes en taxes sur le carburant et la baisse des bénéfices des péages routiers"

    https://fr.yahoo.com/news/ligne-lyon-turin-un-colossal-150709016.html

    Voilà une explication à la carence des transports en commun qu'on ne nous avait jamais donnée : s'ils offraient une alternative crédible à la voiture particulière, comment continuer à traire cette vache à lait ?

    Quand la victime a une possibilité de se soustraire au racket, la mafia fait faillite.

    Est-ce vraiment si différend en France ?

    Sans les féroces normes d'urbanisme malthusiennes qui imposent une terrible pénurie de logements en ville, pourquoi la France
    périphérique accepterait-elle de payer les taxes monstrueuses sur le carburant, les scandaleux péages, le racket sur le stationnement ? Pourquoi accepter de se prêter au parcours du combattant épuisant et ruineux qu’est devenu depuis longtemps le permis de conduire, de se soumettre aux contrôles humiliants de la maréchaussée, si on pouvait déménager en ville à un coût raisonnable à côté de son lieu de travail ?

    Et inversement, pourquoi les citadins accepteraient-ils de se saigner aux quatre veines pour payer chaque mois des loyers
    exorbitants si on pouvait se sauver à la campagne sans se faire immédiatement pressurer, humilier et opprimer à nouveau, cette fois en tant qu’automobiliste ?

    Il y a un rapport entre l’oppression de la France périphérique par l’intermédiaire de la voiture et celle de la ville par l’intermédiaire du logement : ce sont les deux mâchoires d’un même piège au service d’un même prédateur. L’une sans l’autre ne servirait à rien.

    Puissent les gilets jaunes réaliser cela le plus tôt possible. Mais ne nous faisons aucune illusion, le jour où les victimes des normes d’urbanisme malthusiennes en ville se révolteront et exigeront la construction de logements abordables en nombre suffisant, elles devront affronter une répression aussi violente, barbare et sanglante que les gilets jaunes aujourd’hui.

    Ivan

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  6. Votre analyse est confortée par Michel Collon :
    https://www.youtube.com/watch?v=uVYWnFqyQPg

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