dimanche 12 mai 2019

Une nouvelle bataille gagnée contre la privatisation d’ADP



Vers une nouvelle défaite du gouvernement

Le gouvernement ne s’attendait probablement pas à ce que le sujet soulève une telle opposition. Pourtant, il est emblématique des mauvaises décisions prises depuis des décennies, cette vente à la découpe de notre service public, qui le transforme en rente juteuse privatisée. Vendre Aéroports De Paris était injustifiable, mais la majorité a choisi de tenter l’exercice. Pourtant, l’expérience malheureuse de l’aéroport de Toulouse, racheté par des Chinois, n’incitait guère à tenter de nouveau l’expérience, après avoir montrer comment les intérêts privés peuvent parfois abuser pour tirer toujours plus d’argent. Et l’expérience des autoroutes, entre hausse de tarif et suppression de postes ne fait pas envie.

Il faut remercier ici Coralie Delaume et David Cayla qui se sont battus sur ce sujet, à travers les réseaux sociaux, des papiers et leur pétition. Ce qu’il y a d’incroyable dans la procédure du référendum d’initiative populaire, c’est qu’elle rassemble des députés de l’ensemble de l’opposition, de la France Insoumise au Rassemblement National, en passant par le Parti Socialiste et Les Républicains. Naturellement, la majorité en profite paresseusement pour dénoncer une opération politicienne, mais cela montre surtout que rien ne justifie cette vente d’ADP. Beaucoup de journalistes, y compris de média amis de la majorité, peinent à trouver des raisons pour justifier ce projet de privatisation.

L’évolution du débat laisse augurer d’une défaite pour la majorité. Déjà, la mobilisation d’autant de députés, et l’arrêt de la procédure représentent un sacré revers pour LREM, ce qui a poussé le Premier ministre à dire que « cela pose un vrai et grave problème démocratique », révélant de la sorte la faiblesse de la majorité. Mais où peut-il y avoir le moindre problème démocratique sachant que les députés ont suivi une procédure constitutionnelle, qui a été validée par le Conseil ? Ce faisant, il montre à nouveau les tendances bien peu démocratiques de cette majorité, qui refuse d’être remise en question et qui prend les élections de 2017 pour un blanc seing, qui ne supposerait aucun contre-pouvoir.

Bien sûr, Macron espère probablement que le cap des 4,7 millions de signataires sera impossible à atteindre. Mais cela est assez hasardeux, car les plus de 70% de Français qui n’apprécient pas le président pourrait prendre ce sujet pour manifester leur opposition, d’autant plus que cette idée illustre si clairement l’agenda idéologique du macronisme. Et nul doute que toute l’opposition va se mobiliser pour rassembler les plus de 4,7 millions de signatures nécessaires pour un référendum. Mieux, la crise des Gilets Jaunes et les brèves velléités de référendum du président créent un terrain fertile pour assurer une forte mobilisation et parvenir à réunir un tel nombre de signatures, à mon avis.


Merci à Marianne d’avoir rappelé les conséquences de la privatisation des aéroports Grecs, rachetés par un consortium allemand. Il est clair que dès qu’il sera possible de donner sa signature pour s’opposer à cette privatisation, il faudra se mobiliser au maximum, pour noyer sous la mobilisation populaire ce triste projet et montrer que nous tenons toujours à notre Service Public.

3 commentaires:

  1. C'est pas un problème de service public, les activités à ADP comme pour les autoroutes sont toutes d'ordre commercial à but lucratif, c'est un problème de monopole géographique privatisé temporairement en étant bradé pour un prix largement inférieur à sa réelle valeur. Ceci montre que les gouvernements français sont soit incompétents, soit de mèche avec des intérêts privés, ce qui est de la malhonnêteté au détriment du contribuable.

    Même si il serait absurde de tout nationaliser, il est à remarquer que les privatisations entraînent des bénéfices privés qui passent par les paradis fiscaux, ce qui n'est probablement pas le cas lorsque que c'est l'état qui perçoit les bénéfices.

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  2. Avec le quota de 10%, la France va se faire enfler une fois de plus. À moins que Macron prenne une bonne branlée aux européennes et laisse tomber ce projet. Mais le bougre est teigneux !

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  3. Je suis dans les starting blocks, prêt à signer

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