jeudi 9 mai 2019

Iran, Vénézuela, Cuba : les inhumaines et révoltantes sanctions étasuniennes

Les média parlent de la crise économique du Vénézuela et des difficultés économiques actuelles de l’Iran. Bien sûr, notamment dans le cas du Vénézuela, les dirigeants du pays portent une lourde part de responsabilité dans la situation actuelle. Mais personne ou presque ne souligne le rôle majeur des sanctions et des boycotts décrétés unilatéralement par les Etats-Unis.


Affamer des peuples pour une question de pouvoir

Bien sûr, les Vénézueliens paient malheureusement aujourd’hui la mauvaise gestion du régime en place. On ne peut pas exonérer Chavez et Maduro de leur responsabilité, malgré la baisse du prix du pétrôle et les sanctions étasuniennes. Les chavistes auraient du mettre de côté une partie de la manne pétrolière et ne pas la dépenser totalement sans se soucier d’une baisse de son cours, même si elle n’était pas si facilement prévisible. En agissant ainsi sans construire les fondations d’une économie plus équilibrée, une partie des fondations du chavisme reposaient sur du sable, même s’il faut reconnaître que la manne pétrolière a probablement été distribuée plus justement qu’ailleurs.

Cependant, il faut aussi reconnaître que les sanctions étasuniennes aggravent la situation. En mettant en place un embargo sur le pétrole vénézuélien, l’Oncle Sam prive le pays de sa ressource la plus grande et devient directement responsable de l’appauvrissement additionnel de la population et des possibles victimes que leur embargo provoquera. Qui plus est, l’embargo sur le pétrole n’est qu’une nouvelle étape dans les sanctions venues de Washington, et les Etats-Unis utilisent le dollar pour imposer leurs sanctions au monde entier, en menaçant de sanctions tout autre état qui achèterait du pétrole vénézuélien. Et ces sanctions ont un objectif clair : renverser Maduro et le remplacer par Guaido.

N’est-il pas profondément révoltant que les Etats-Unis affament ainsi directement les dizaines de millions d’habitants d’un pays pour renverser un régime, qui, s’il n’est pas à l’abri de critiques, tant d’un point de vue démocratique qu’économique, est en place. Non seulement Washington affame une population qui est déjà en difficulté, mais le lourd passif des interventions occidentales, en Irak, en Afghanistan ou en Libye devrait disqualifier par principe la plupart ce type d’interventions, d’autant plus que Washington en profite souvent pour pousser ses intérêts, pétroliers entre autres. Mais ce soutien des Etats-Unis à Guaido est probablement aussi à double tranchant étant donné le passif de l’Oncle Sam.

Washington a aussi décrété un embargo sur le pétrole iranien, s’appliquant à toute la planète, au mépris des souverainetés nationales. Là encore, ces sanctions ne feront du mal qu’au peuple et probablement pas aux dirigeants, qui pourront au contraire rejeter la responsabilité de toute difficulté économique sur l’Oncle Sam. Ce faisant, on peut se demander si les Etats-Unis ne sont pas les alliés indirects et involontaires des régimes tant villipendés. Enfin la différence de traitement avec l’Arabie Saoudite, qui n’est pas à une horreur près, et dont il est difficile de soutenir que le régime est plus recommandable que ceux de Téhéran et Caracas révèle un deux poids deux mesures totalement révoltant.


Non seulement, les Etats-Unis sont directement responsables d’une partie de la misère qui sévit au Vénézuela, mais leur comportement n’est pas seulement abject humainement, il est révoltant d’un point de vue diplomatique, par l’ingérence locale, et la volonté d’imposer au monde sa ligne, que nos dirigeants suivent bien trop docilement pour qu’ils puissent être exonérés de toute responsabilité…

3 commentaires:

  1. Concernant le protectionnisme US, c'est pas très au point :

    "So, although the US government collected more money from washing machine duties—about $80 million on an annualized basis—US consumers paid for it in higher prices. In the case of washing machines, the researchers think it cost consumers about $1.5 billion extra via higher prices, almost 20 times more than what was gained in government revenue."

    https://qz.com/1614032/us-tariff-revenues-are-skyrocketing/

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  2. Les Brexiters sont du même acabit que Trump :

    "Le Brexit des conservateurs est nourri par une nostalgie impériale et dénote une arrogance insulaire. Ce sont, en majorité, les classes supérieures de droite, d’âge mûr, qui détestent aussi bien le « cosmopolitisme londonien » que « la dictature bruxelloise », qui ont voté en faveur de la sortie de l’UE. Les ultras du conservatisme entendent profiter de la situation pour démanteler ce qui reste de l’État social, généraliser le dumping social et ériger les immigré.e.s en bouc-émissaires des problèmes du pays."

    https://blogs.mediapart.fr/philippe-marliere/blog/100519/lexit-ou-la-dangereuse-illusion-d-une-sortie-progressiste-de-l-union-europeenne

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    1. "L’argument majeur des « Lexiteers » est que le marché unique européen ne permettrait pas au Labour de mettre en œuvre son programme[1]. Ce point de vue a été réfuté au sein de a gauche travailliste. L’UE ne s’opposerait pas à la renationalisation des chemins de fer et de la poste que souhaiterait mettre en œuvre un gouvernement Corbyn. L’UE ne requiert pas, d’un point de vue constitutionnel, la privatisation des services publics. Elle est neutre en ce qui concerne la question de la propriété publique ou de la privatisation. Les États-membres sont en effet propriétaires ou actionnaires de plus de 800 compagnies dans l’UE. Il n’existe aucune loi communautaire qui empêcherait une entreprise autrefois publique puis privatisée, de repasser sous le contrôle de l’État. Il serait également possible de nationaliser pour la première fois une entreprise privée. Ce qu’a fait le gouvernement Mauroy à partir de 1981 serait donc toujours possible de nos jours. Au Royaume-Uni, Railtrack, compagnie ferroviaire privatisée en 1994, a été renationalisée en 2002."

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