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vendredi 24 juillet 2015

Trois gros obstacles sur la route du FN

Ses succès aux élections européennes et départementales font qu’aujourd’hui, la présence de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle de 2017 semble acquise, au point qu’Europe 1 a même consacré une émission de politique-fiction, où elle accédait à l’Elysée. Un peu hâtif ?



Querelles, extrémisme et amateurisme



Le FN : l’UMPS en pire ?

mercredi 15 avril 2015

Epilogue mitterrandien pour la crise de famille des Le Pen ?




De la crise familiale à la passation d’héritage

L’histoire qui s’écrit depuis quelques jours est probablement trop idéale pour être honnête. Le président d’honneur du Front National dérape quelques jours après les cantonales et juste avant une affaire. Ainsi, il ne prend pas le risque de mobiliser les électeurs qu’il effraie, tout en assurant un nuage de fumée médiatique suffisamment épais pour faire complètement oublier ce qui est peut-être le Bygmalion du parti familial… Marine Le Pen en profite pour marquer à nouveau sa différence, et ainsi continuer à creuser le sillon de la dédiabolisation, puisque presque tous les média dissertent longuement sur les différences entre père et fille, et donc la relative modération de la seconde.

Mieux, la réponse du père, qui « renonce » à se présenter en PACA, en transmettant la région à sa petite fille, parvient à l’exploit de lui offrir une porte de sortie plus qu’honorable, puisqu’il renonce de lui-même et qu’il adoube celle qui lui succèdera à la tête de son parti dans cette région, sa petite-fille. En renonçant à la région, il pourrait échapper à toute autre sanction, écrivant une conclusion en douceur pour un épisode qui a pourtant fait couler beaucoup d’encre. Marine Le Pen poursuit sa stratégie, qui sort renforcée de ce conflit ouvert avec son père, en marquant sa différence. Et son père ne fait que renoncer à une candidature dont il est tout sauf évident qu’il la souhaitait vraiment, à 86 ans.

Les Le Pen, héritiers de Mitterrand ?

Ce nouvel épisode dans les déchirements de la famille Le Pen en fait les dignes héritiers du manipulateur qui les avait propulsés sur le devant de la scène il y a plus de trente ans. Déjà, le fait que ces conflits ouverts semblent profiter au parti familial devrait pousser à la vigilance. Ne dit-on pas qu’il faut toujours chercher à qui profite le crime ? Le timing trop parfait est une autre raison pour se méfier. Comme par hasard, les dérapages du patriarche n’ont jamais lieu dans la dernière semaine d’une campagne, mais à des moments bien plus neutres politiquement. Et enfin, la scénographie de ces incidents semble trop parfaite pour ne pas donner au moins de doute sur la sincérité des esclandres.

Ce nouvel épisode atteint l’exploit de bien marquer la différence entre le père et la fille, qui n’avait jamais été aussi dure à son égard, tout en lui offrant une porte de sortie plus qu’honorable. Car il est tout sauf certain que sa non candidature, à 86 ans, soit une renonciation. On peut raisonnablement penser que Jean-Marie Le Pen n’avait plus l’envie, ou la force, de faire une telle campagne et il trouve le moyen de présenter cela comme prix payé à sa fille pour avoir dérapé, tout en adoubant sa petite-fille, gardant de la sorte le statut du faiseur de reines de son parti, du moment qu’elles sont de sa famille… Le maintien du père rassure les plus extrêmes et les modérés peuvent croire à la modération de la fille.

Un autre indice amène à douter de la sincérité de ces esclandres trop parfaitement chorégraphiés, c’est le fait que Marine Le Pen trouve le moyen de concilier comme architectes de son programme l’étatiste Florian Philippot et un économiste en chef, Bernard Monot, libertaire

samedi 11 avril 2015

La famille Le Pen joue encore à gentille flic / méchant flic

Cette semaine, l’actualité politique a été dominée par les « disputes » de la famille Le Pen. Mais le timing trop idéal (après les cantonales, avant une nouvelle affaire) et le fait que le FN semble profiter de ces clashs publics amènent à se demander si cela n’est pas trop parfait pour être honnête



Pourquoi cela est très suspect ?

La première question qu’il faut se poser sur ces polémiques récurrentes, c’est à qui profite-t-elle ? Et force est de constater qu’elle ne semble pas faire du mal au FN, passé de 18 à 25% des suffrages après plusieurs disputes familiales publiques. Autre raison de se méfier : le timing idéal de cette nouvelle scène, après les élections cantonales, pour ne pas prendre de risque, et juste avant une nouvelle affaire, qui passe du coup au second plan. Et la sanction envisagée a de quoi faire sourire. Déjà, à 86 ans, Jean-Marie Le Pen est le plus vieux député européen. Veut-il vraiment vivre entre Saint-Cloud, Bruxelles, Strasbourg et Marseille ? Bref, ne pas être candidat aux élections régionales est-il une vraie sanction ?

Mais surtout, ces polémiques récurrentes entre le père et sa fille sont sans doute le meilleur argument pour défendre la campagne de dédiabolisation de Marine Le Pen. Après tout, si elle ne s’entendait pas avec son père, c’est bien parce qu’elle ne serait pas d’extrême-droite, qu’elle serait une femme politique respectable. Mais ce faisant, cela revient à admettre que le meilleur argument électoral de la franchise politique lepéniste serait ses querelles récurrentes, suffisamment fortes pour être sérieuses, mais pas assez pour aller à une vraie rupture. Le scénario semble un peu trop idéal et bien écrit pour être honnête, d’autant plus que les sanctions prises contre son père restent totalement symboliques.

Une comédie prise au sérieux

Mais le plus effarant est de voir comment la majorité des média cavalent en répétant l’histoire idéale pour valoriser Marine le Pen. Ce faisant, ils avalisent la dédiabolisation de la fille, sans se demander s’il ne s’agit pas d’une posture de celle qui fut la directrice de la communication de son père… Après tout, l’équilibre actuel est idéal. Par ses dérapages, Jean-Marie Le Pen entretient la flamme de la frange la plus radicale et le fumet radicalement anti-système du parti dont il reste le président d’honneur, pendant que les moulinets de sa fille peuvent rassurer ceux qui rejettent tout autant PS, UMP et extrémisme. Déjà, Marion Maréchal Le Pen se positionne pour la relève de cette comédie familiale.

La partition des 3 générations de la famille Le Pen est trop parfaitement complémentaire pour être honnête. Il ne faut pas oublier qu’il y a déjà eu des incidents entre la fille et sa nièce il y a quelques semaines. Comme si les deux femmes répétaient une partition familiale à succès. Les bisbilles Marion-Marine se préparent déjà à remplacer celles entre Jean-Marie et Marine pour essayer de continuer à développer la boutique politique de la famille. Bien sûr, on ne peut pas sonder le fond de la pensée d’un dirigeant politique, mais on ne peut pas exclure non plus le recours au maquillage et à la tromperie, surtout de la part d’une dirigeante qui en fait parfois usage. Et certaines déclarations sont troublantes.

Abracadabrantesque ! Voilà ce que certains se diront ceux qui croient à un vrai conflit. Mais quand on prend du recul, force est de constater qu’il y a beaucoup d’indices suspects qui accréditent la thèse d’une véritable comédie familiale jouée parce qu’elle semble profitable à cette famille