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mardi 3 janvier 2017

Les placards bien chargés du FN




Et même si je pense que quelques gaullistes sincères peuvent soutenir le FN, je voudrais leur rappeler que ce parti est profondément anti-gaulliste, comme je l’avais rappelé et étayé il y a un an. Récemment, dans le Sud-Est, des élus du Front ont traité des élus régionaux « d’enfoirés de gaullistes », ce qui en dit long sur le rapport au gaullisme du FN. Pire, on peut rappeler que Louis Alliot publiait sur son site des hommages à Bastien-Thiry, qui avait organisé un attentat contre le Général. Et on peut aussi rappeler la lettre de Marine Le Pen à ses « amis pieds-noirs et harkis », où elle disait que Philippot n’est « qu’un des quarante membres du Bureau Politique du FN » et que « le FN n’est pas gaulliste même s’il ne s’interdit pas de faire référence à certaines idées gaulliennes ». Pourtant, dans sa campagne, il avait mis le feu frontiste à la croix de Lorraine, ce qui aurait du satisfaire les anti-gaullistes du FN. A ne pas oublier en 2017.

vendredi 24 juillet 2015

Trois gros obstacles sur la route du FN

Ses succès aux élections européennes et départementales font qu’aujourd’hui, la présence de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle de 2017 semble acquise, au point qu’Europe 1 a même consacré une émission de politique-fiction, où elle accédait à l’Elysée. Un peu hâtif ?



Querelles, extrémisme et amateurisme



Le FN : l’UMPS en pire ?

mercredi 15 avril 2015

Epilogue mitterrandien pour la crise de famille des Le Pen ?




De la crise familiale à la passation d’héritage

L’histoire qui s’écrit depuis quelques jours est probablement trop idéale pour être honnête. Le président d’honneur du Front National dérape quelques jours après les cantonales et juste avant une affaire. Ainsi, il ne prend pas le risque de mobiliser les électeurs qu’il effraie, tout en assurant un nuage de fumée médiatique suffisamment épais pour faire complètement oublier ce qui est peut-être le Bygmalion du parti familial… Marine Le Pen en profite pour marquer à nouveau sa différence, et ainsi continuer à creuser le sillon de la dédiabolisation, puisque presque tous les média dissertent longuement sur les différences entre père et fille, et donc la relative modération de la seconde.

Mieux, la réponse du père, qui « renonce » à se présenter en PACA, en transmettant la région à sa petite fille, parvient à l’exploit de lui offrir une porte de sortie plus qu’honorable, puisqu’il renonce de lui-même et qu’il adoube celle qui lui succèdera à la tête de son parti dans cette région, sa petite-fille. En renonçant à la région, il pourrait échapper à toute autre sanction, écrivant une conclusion en douceur pour un épisode qui a pourtant fait couler beaucoup d’encre. Marine Le Pen poursuit sa stratégie, qui sort renforcée de ce conflit ouvert avec son père, en marquant sa différence. Et son père ne fait que renoncer à une candidature dont il est tout sauf évident qu’il la souhaitait vraiment, à 86 ans.

Les Le Pen, héritiers de Mitterrand ?

Ce nouvel épisode dans les déchirements de la famille Le Pen en fait les dignes héritiers du manipulateur qui les avait propulsés sur le devant de la scène il y a plus de trente ans. Déjà, le fait que ces conflits ouverts semblent profiter au parti familial devrait pousser à la vigilance. Ne dit-on pas qu’il faut toujours chercher à qui profite le crime ? Le timing trop parfait est une autre raison pour se méfier. Comme par hasard, les dérapages du patriarche n’ont jamais lieu dans la dernière semaine d’une campagne, mais à des moments bien plus neutres politiquement. Et enfin, la scénographie de ces incidents semble trop parfaite pour ne pas donner au moins de doute sur la sincérité des esclandres.

Ce nouvel épisode atteint l’exploit de bien marquer la différence entre le père et la fille, qui n’avait jamais été aussi dure à son égard, tout en lui offrant une porte de sortie plus qu’honorable. Car il est tout sauf certain que sa non candidature, à 86 ans, soit une renonciation. On peut raisonnablement penser que Jean-Marie Le Pen n’avait plus l’envie, ou la force, de faire une telle campagne et il trouve le moyen de présenter cela comme prix payé à sa fille pour avoir dérapé, tout en adoubant sa petite-fille, gardant de la sorte le statut du faiseur de reines de son parti, du moment qu’elles sont de sa famille… Le maintien du père rassure les plus extrêmes et les modérés peuvent croire à la modération de la fille.

Un autre indice amène à douter de la sincérité de ces esclandres trop parfaitement chorégraphiés, c’est le fait que Marine Le Pen trouve le moyen de concilier comme architectes de son programme l’étatiste Florian Philippot et un économiste en chef, Bernard Monot, libertaire

samedi 11 avril 2015

La famille Le Pen joue encore à gentille flic / méchant flic

Cette semaine, l’actualité politique a été dominée par les « disputes » de la famille Le Pen. Mais le timing trop idéal (après les cantonales, avant une nouvelle affaire) et le fait que le FN semble profiter de ces clashs publics amènent à se demander si cela n’est pas trop parfait pour être honnête



Pourquoi cela est très suspect ?

La première question qu’il faut se poser sur ces polémiques récurrentes, c’est à qui profite-t-elle ? Et force est de constater qu’elle ne semble pas faire du mal au FN, passé de 18 à 25% des suffrages après plusieurs disputes familiales publiques. Autre raison de se méfier : le timing idéal de cette nouvelle scène, après les élections cantonales, pour ne pas prendre de risque, et juste avant une nouvelle affaire, qui passe du coup au second plan. Et la sanction envisagée a de quoi faire sourire. Déjà, à 86 ans, Jean-Marie Le Pen est le plus vieux député européen. Veut-il vraiment vivre entre Saint-Cloud, Bruxelles, Strasbourg et Marseille ? Bref, ne pas être candidat aux élections régionales est-il une vraie sanction ?

Mais surtout, ces polémiques récurrentes entre le père et sa fille sont sans doute le meilleur argument pour défendre la campagne de dédiabolisation de Marine Le Pen. Après tout, si elle ne s’entendait pas avec son père, c’est bien parce qu’elle ne serait pas d’extrême-droite, qu’elle serait une femme politique respectable. Mais ce faisant, cela revient à admettre que le meilleur argument électoral de la franchise politique lepéniste serait ses querelles récurrentes, suffisamment fortes pour être sérieuses, mais pas assez pour aller à une vraie rupture. Le scénario semble un peu trop idéal et bien écrit pour être honnête, d’autant plus que les sanctions prises contre son père restent totalement symboliques.

Une comédie prise au sérieux

Mais le plus effarant est de voir comment la majorité des média cavalent en répétant l’histoire idéale pour valoriser Marine le Pen. Ce faisant, ils avalisent la dédiabolisation de la fille, sans se demander s’il ne s’agit pas d’une posture de celle qui fut la directrice de la communication de son père… Après tout, l’équilibre actuel est idéal. Par ses dérapages, Jean-Marie Le Pen entretient la flamme de la frange la plus radicale et le fumet radicalement anti-système du parti dont il reste le président d’honneur, pendant que les moulinets de sa fille peuvent rassurer ceux qui rejettent tout autant PS, UMP et extrémisme. Déjà, Marion Maréchal Le Pen se positionne pour la relève de cette comédie familiale.

La partition des 3 générations de la famille Le Pen est trop parfaitement complémentaire pour être honnête. Il ne faut pas oublier qu’il y a déjà eu des incidents entre la fille et sa nièce il y a quelques semaines. Comme si les deux femmes répétaient une partition familiale à succès. Les bisbilles Marion-Marine se préparent déjà à remplacer celles entre Jean-Marie et Marine pour essayer de continuer à développer la boutique politique de la famille. Bien sûr, on ne peut pas sonder le fond de la pensée d’un dirigeant politique, mais on ne peut pas exclure non plus le recours au maquillage et à la tromperie, surtout de la part d’une dirigeante qui en fait parfois usage. Et certaines déclarations sont troublantes.

Abracadabrantesque ! Voilà ce que certains se diront ceux qui croient à un vrai conflit. Mais quand on prend du recul, force est de constater qu’il y a beaucoup d’indices suspects qui accréditent la thèse d’une véritable comédie familiale jouée parce qu’elle semble profitable à cette famille

vendredi 6 février 2015

Dans le Doubs, je voterais contre le FN




Entre dérapages et affaires

Je m’oppose depuis toujours au parti de la famille Le Pen. Mais ce n’est pas une raison suffisante. Après tout, on peut se tromper et changer d’avis, comme j’ai pu le faire sur l’intervention en Libye ou le mariage homosexuel. Mais pour le coup, le temps qui passe ne fait que confirmer, mois après mois, mes craintes à l’égard du Front National. Les dérapages continuent à pleuvoir, de manière régulière, comme des éléments de communication destinés à se faire remarquer. Nous avons eu droit récemment à la séquence « guerre de civilisations » avec le député européen Aymeric Chauprade. Et la candidate frontiste du Doubs avait défendu les propos de Jean-Marie Le Pen sur l’inégalité des races.

Après les nombreuses affaires qui avaient entourées son père dans les années 1980 et 1990, il faut croire que la continuité pourrait bien également être de mise dans ce domaine. En effet, la justice s’intéresse de près aux modalités de la campagne législative de 2012, où le microparti mariniste Jeanne, « prêtait de l’argent aux candidats pour faire campagne, avec un taux d’intérêt, et dans le même temps leur vendait des kits de campagne (photo, tracts, etc.) », conçus et imprimés par Riwal, la société de Frédéric Chatillon, un proche de Marine Le Pen qui vient d’être mis en examen. Les modes de fonctionnement du FN semblent furieusement ressembler aux pratiques de l’UMP…

Le révélateur grec

lundi 2 février 2015

Quand la famille Le Pen joue à « gentil flic, méchant flic »

Naturellement, Marine Le Pen joue le premier rôle, quand son père et sa nièce jouent plutôt les seconds. Mais on peut néanmoins se demander s’il ne s’agirait pas d’une habile comédie destinée à propulser plus loin encore la présidente du FN dans les sondages, où elle atteint 30% au premier tour !



Dérapages chorégraphiés ?

La nouvelle séquence porte sur la vidéo d’Ayméric Chauprade, député européen et ancien conseiller aux affaires internationales intitulée « la France est en guerre », à la tonalité volontiers xénophobe. Marine Le Pen a réagi très rapidement, envoyant un courrier interne à une partie des cadres du mouvement pour leur demander de ne pas relayer la vidéo et a pris ses distances publiquement avec son ancien conseiller. Mais Marion Maréchal-Le Pen a tweeté quatre jours plus tard la vidéo, créant une nouvelle polémique entre les durs du FN et la direction, vue comme plus modérée. La jeune députée a revendiqué son choix mais affirme « qu’il n’y a pas de volonté de contester l’autorité de Marine Le Pen ».

Cette séquence n’est pas la première, la nièce de la présidente jouant en partie le rôle joué souvent par son propre grand-père. Lors de la campagne des élections européennes, Jean-Marie Le Pen avait évoqué l’explosion démographique en Afrique que « le docteur Ebola pourrait régler en trois mois » avant, sur une vidéo du site du parti de dire « on fera une fournée une prochaine fois » au sujet de Patrick Bruel, qui avait dit qu’il ne viendrait pas jouer dans les municipalités frontistes. Se développe l’idée qu’il y aurait une aile identitaire plus à droite que la ligne défendue par Marine Le Pen, comme le rapporte même le Petit Journal de Canal Plus, sans véritablement prendre de distance avec cette thèse.

Divergences et communication

mercredi 11 juin 2014

Les dérapages de Jean-Marie Le Pen font-ils partie de la stratégie de dédiabolisation du FN ?


Beaucoup d’observateurs soutiennent que Jean-Marie Le Pen est un poids pour l’émergence du FN dédiabolisé promu par sa fille. Mais après deux nouveaux dérapages nauséabonds sur l’ebola puis Patrick Bruel, on peut se demander s’il ne s’agit pas d’une stratégie délibérée.



A qui profite le crime ?

Depuis qu’elle a remplacé son père à la tête du FN, Marine Le Pen affronte de nombreuses interpellations sur les déclarations passées ou actuelles de son père. On lui a souvent ressorti ses propos sur les chambres à gaz ou l’inégalité des races. Mais elle a également affronté les conséquences de ses propos nauséabonds sur l’ebola et plus dernièrement sur la fournée de Patrick Bruel. Mais généralement, Marine Le Pen gagne le beau rôle puisqu’elle y est décrite comme mortifiée par les propos de son père, certains évoquant même les larmes qu’elle verserait suite à ses polémiques, qui remettraient en question sa stratégie de dédiabolisation. La plupart des journalistes y voient une contestation ouverte par le père de la ligne choisie par sa fille, qui se distancie parfois de ces propos (mais pas toujours, comme sur l’occupation, la tuerie en Norvège ou l’ebola). Mais au final, cette vision des choses n’est-elle pas un peu naïve et finalement trop conforme à  l’image que pourrait bien souhaiter Marine Le Pen elle-même ?

Les deux dernières séquences sont particulièrement peu ragoutantes. Il y a quelques semaines, Jean-Marie Le Pen avait évoqué l’explosion démographique en Afrique que le « docteur Ebola pourrait régler en trois mois ». Le patriarche du Front National a récidivé dans une vidéo originellement postée sur  le site du parti où, évoquant Patrick Bruel, qui avait déclaré qu’il ne se produirait pas dans les villes qui ont élu un maire FN, il disait « on fera une fournée une prochaine fois ». Devant l’horreur de tels propos, la direction du parti a été contrainte d’agir, de retirer la vidéo et même le blog du patriarche. Gilbert Collard, de manière culottée mais habile, affirme que « Jean-Marie Le Pen complique la tâche de Marine », un moyen de détourner la provocation du père pour lui faire servir la stratégie de la fille. Il y a quelque chose d’effarant à voir la plupart des médias acheter sans la questionner le moins du monde cette séquence, qui, au final, pourrait bien servir la PME politique familiale, depuis plus de 3 ans déjà.

Du bon et du mauvais policier

mardi 3 juin 2014

Le discours néoraciste (billet invité)

Billet invité de Joël Halpern, que vous pouvez retrouver sur son blog




Dans notre précédent article, nous montrions que la formation de communautés antagoniques, la marche au conflit ethnique, sont contenues dans les propriétés de la présente crise économique et sociale. Les conditions sont favorables à la double spirale du repli communautariste, de la stigmatisation et de la discrimination. Elle inspire et se nourrit d’un discours politique qui fournit ses concepts et sa légitimité aux communautarismes montants.

La vie sociale produit spontanément des frustrations, sentiments, formules qui restent confuses tant qu’elles ne circulent que dans les rapports privés. C’est leur énonciation par un discours structuré, légitimé par la représentativité prêtée aux porte-paroles, qui en assure la convergence et la force d’agrégation. Une configuration donnée ne permet pas n’importe quelle représentation, mais elle est susceptible d’interprétations contraires pour donner un sens au désordre initial des expériences. Comme le dit l’antisémite Gilad Altzmon : « Dieudonné est un artiste, son rôle est de refaçonner et de réviser notre vision du monde ».

Dans la lutte pour la définition d’une représentation légitime de la société, les discours politiques s’organisent, avec une efficacité variable, autour de stratégies de conquête d’une hégémonie culturelle. Faire de l’ « intégration » de certaines populations, de l’immigration ou de l’identité des thèmes dominants du débat politique et intellectuel est d’ors et déjà un succès considérable pour les entrepreneurs politiques communautaristes de tous bords. Leurs discours, revendications, programmes, sont ajustés aux catégories dominantes de l’entendement ; alors que les politiques contraires doivent au préalable franchir l’obstacle considérable de la critique épistémologique avant d’attirer l’attention, pour ne pas parler de l’adhésion.


vendredi 23 mai 2014

Ebola, parlement européen : le FN sent le moisi et la paresse


Dimanche, si l’on en croit les sondages, le Front National pourrait faire un gros score. Si je respecte le message que veulent passer les électeurs en votant pour lui, cette campagne a démontré une nouvelle fois que les dirigeants de ce parti ne sont ni véritablement sérieux, ni vraiment respectables.



Les stigmates de la famille Le Pen

Dans sa stratégie de dédiabolisation, Marine Le Pen rejette toute accusation de xénophobie. Pourtant, y compris dans sa bouche, on peut trouver des déclarations nauséabondes, entre les « Merah en puissance » ou l’occupation des rues. Après les sévères dérapages sur Christiane Taubira, Jean-Marie Le Pen vient de faire une déclaration assez infecte en parlant de l’explosion démographique de l’Afrique que « Monsieur Ebola peut régler en 3 mois ». Blague ou pas, une telle déclaration est indigne d’un élu du peuple. Comment peut-on trivialiser de la sorte une maladie qui fait tant de victimes ? Les explications tarabiscotées du député européen sortant ne corrigent en rien cet énième dérapage.


Mensonges et démagogie

mercredi 2 avril 2014

L’étrange bienveillance de certains médias pour le FN


Bien sûr, le FN a signé son meilleur résultat aux municipales, avec une dizaine de villes conquises. Mais en prenant du recul, comme rue 89, on constate qu’il bat à peine les scores de 1995 et ne fait pas mieux que le FG. Du coup, pourquoi en a-t-on parlé dans une proportion sans la moindre commune mesure avec le poids électoral du parti d’extrême-droite de la famille Le Pen lors de ces élections ?

Rien de nouveau sous le soleil

Bien sûr, jamais le FN n’avait présenté autant de candidats, participé à autant de seconds tours ou gagné autant de villes. Du coup, on pourrait le traitement médiatique logique. Mais, chiffres en main, on en vient à la conclusion inverse. D’abord, il faut rappeler qu’il a réuni moins de 5% des suffrages et qu’il était présent dans 2% des villes (et moins de 1% au second tour). Ensuite, il faut prendre en compte le facteur temporel. La base de référence, 2008, était la plus basse depuis 1983, comme le montre Laurent de Boissieu. Et les résultats globaux ne sont pas si éloignés de ceux de 1995, il y a tout de même 19 ans. Fallait-il autant parler d’une si faible progression depuis pourtant près de 20 ans ?

L’autre facteur relativisant est la comparaison avec les résultats du FG, comme développé dans un papier publié sur le site Figarovox. Certains soulignent que le FG bénéficie d’une implantation plus ancienne et d’un jeu d’alliance important. Mais le FN n’est pas un nouveau parti. Il a eu 42 ans pour s’implanter localement… Et le remplacement du père par la fille à sa tête est un signe de continuité, tout comme la place gardé par le père, les déclarations de la fille aux rapatriés sur la guerre d’Algérie, ou son rappel que le FN n’est pas gaulliste. Et si le jeu d’alliance a aidé le FG, le fait que le FN ne bénéficie pas d’une telle situation en dit aussi très long sur la nature et les limites de ce parti d’extrême-droite.

Magie noire médiatique

vendredi 25 octobre 2013

« Lobby musulman », BNP, Taubira : sous le « nouveau » FN, l’ancien


Depuis qu’elle est à la tête du FN, Marine Le Pen a entrepris une entreprise de dédiabolisation pour gagner de nouveaux électeurs. Mais, coup sur coup, trois faits nous rappelent que le parti familial a beaucoup moins changé qu’ils voudraient nous le faire croire, comme le rappelle Nicolas Calbrix pour DLR.



Un fond xénophobe

Bien sûr, la candidate du Front National qui avait posté sur les réseaux sociaux une photo de la ministre de la justice en la comparant à un singe a été suspendue, Jean-Marie Le Pen montant même au créneau pour la condamner. Mais cet épisode pose deux problèmes. Le premier, c’est de montrer qu’il y a toujours au Front National des personnes au discours xénophobe, malgré les formations visant à éviter les dérapages. On peut rappeler ici le cas d’Alexandre Gabriac, élu conseiller régional du parti, puis exclu après la publication de photos le montrant effectuant un salut nazi.

Tout le problème ici est de savoir si leur suspension est la conséquence de leurs actes ou seulement du fait que les médias s’en soient emparés. En effet, on peut douter que le parti n’avait pas connaissance de leurs agissements, le reportage d’Envoyé Spécial indiquant que la candidate avait retiré la photo incriminée à la demande du FN. Du coup, la question demeure de savoir si le FN le fait pour des raisons de communication ou parce que de tels agissements les choquent vraiement. Quand on sait que Bruno Gollnisch est allé assisté samedi à une réunion du British National Party, un parti qui n’acceptait pas les non blancs il y a quelques temps, il est permis d’avoir de très gros doutes.

Le « lobby musulman »

dimanche 28 juillet 2013

Le Front National s’est il dédiabolisé ?


Atlantico : Dans une interview accordée au Point.fr, Jean-Marie Le Pen  revient sur les incidents de Brétigny et de Trappes. Selon lui, l'essentiel de la dédiabolisation du FN tient au fait que les gens se disent : "Le Pen avait raison alors qu'on nous a dit que c'était un fasciste, un extrémiste." Partagez-vous en partie son analyse ?

Pas du tout. La question de la dédiabolisation du FN est traitée de manière souvent un peu trop rapide, et, de manière plus étonnante, avec une grande complaisance pour l’histoire qu’essaie de vendre la famille Le Pen, y compris dans les médias de gauche. Certes, on constate que dans les élections partielles de la dernière année, le parti lepéniste a réussi des scores très importants au second tour qui indiquent a priori un affaiblissement du front républicain qui assurait auparavant un report des voix massif sur le candidat qui affrontait le candidat frontiste. Néanmoins, il ne s’agit pour l’instant que de quelques élections partielles et l’examen des tendances nationales ne permet absolument pas d’accréditer la dédiabolisation :
-        le baromètre du Monde sur l’adhésion des Français aux idées du Front National, qui existe depuis 1984, a atteint un pic de 32% en janvier 2013, mais ce score avait déjà été atteint en 1991 et approché en 1996 et en 2002. L’adhésion des Français aux idées du FN est revenu à son étiage le plus haut mais n’a pas réussi à le dépasser
-        lors de l’élection présidentielle de 2012, Marine Le Pen a atteint le score de 17,9%, soit moins que le score cumulé de son père et de Bruno Mégret en 2002 (16,9 + 2,3 = 19,2%). Aux élections législatives de 2012, le Front National a fait moins qu’en 1997
-        les sondages pour les élections européennes donnent le Front National entre 18 et 21%, à peine mieux qu’à l’élection présidentielle, et surtout, moins que le score qu’ils donnaient à Marine Le Pen à l’automne 2011, qu’ils voyaient entre 22 et 24%
Si j’insiste sur ces trois faits, c’est que le contexte actuel est pourtant extraordinairement porteur pour le FN. La France a traversé deux récessions en cinq ans, le taux de chômage est au plus haut, le pouvoir d’achat n’a jamais autant baissé, les impôts montent à un niveau inédit, d’innombrables affaires (Cahuzac, Tapie…etc) font la une des médias, les tensions dans notre société sont très fortes après le débat sur le mariage. En outre, les deux grands partis de gouvernement ont énormément déçu depuis un an (le PS au gouvernement, l’UMP avec son élection interne). Si le FN était un parti comme les autres, dans de telles circonstances, il devrait être au-delà de 30%.
Il y a encore un blocage, qui s’illustre par le fait que seulement 25% des Français pensent que le FN ferait mieux que le PS et l’UMP et 72% pensent le contraire, score très éclairant dans un tel contexte et alors que les deux grands partis sont très largement déconsidérés.
La chose qui a changé depuis un an, en revanche, c’est justement que l’image qu’ont les Français du PS et de l’UMP s’est détériorée au point que dans un second tour, en présence du FN, le réflexe du front républicain s’est fortement affaibli, mais je ne pense pas du tout qu’il y ait une dédiabolisation. L’image du FN ne s’est pas vraiment améliorée, c’est l’image du PS et de l’UMP qui s’est fortement dégradée (et encore, pas au point de permettre au FN de casser son plafond de verre).
Atlantico : Jean-Marie Le Pen a-t-il raison de penser que les Français ne croient plus à l’étiquette de fasciste qui lui est collée ?