Après
avoir nargué les revendications des agriculteurs à la fin du printemps, en
leur accordant 20 misérables millions, le
gouvernement avait déjà décuplé sa copie en août. Il
vient d’annoncer un plan de 3 milliards pour accueillir les nombreux
agriculteurs venus manifester à Paris. Qu’en penser ?
Bricolage
complexe et gonflé
En
agitant le chiffre de 3 milliards, le gouvernement espère sans doute donner
l’impression qu’il pense aux agriculteurs dont tous les reportages montrent la
grande difficulté de leur condition. Mais ce chiffre a tout d’une aide sous
stéroïdes. D’abord, il ne faut pas oublier que ce chiffre porte sur trois ans.
Ensuite, il
utilise un montage à la Ponzi puisque si l’aide à l’investissement sera triplée,
cela se fera avec un effet de levier de trois ! Bref, les deux tiers
du chiffre annoncé correspondent à de la dette. N’est-il pas un peu paradoxal
de proposer comme solution à des agriculteurs déjà surendettés d’ajouter deux
milliards de plus à leur fardeau. De même, avec
l’année blanche sur la dette, si elle soulagera les trésoreries
temporairement, les problèmes ne sont que repoussés. La
même recette que celle de la Grèce !
En fait, sous
les 3 milliards, ne se trouvent en réalité que 50 millions d’allègements de
charges en plus, ce qui est sans doute une broutille, moins de 100 euros
par agriculteur… Stéphane Le Foll, qui
disait ne pas pouvoir tout faire en juin, se contente de promettre des
mots, avec la promesse de maintenir « la
pression pour que les engagements de hausse de prix annoncés par les
industriels et les distributeurs soient tenus. Tout le monde doit respecter les
règles du jeu, avec une juste rémunération pour chacun ». Le
problème est que la règle du jeu du marché, ce n’est justement pas une juste
rémunération pour chacun, mais seulement un gain proportionnel au rapport de
force que l’on a, et cela
ramène les agriculteurs à la condition de fétus de paille sur le grand océan
bien agité du marché dérégulé.
De vraies
solutions ignorées



