Face à
l’eurolibéralisme défendu, avec quelques nuances, par
le PS, l’UMP, les centristes et les écologistes, j’avais
développé la notion d’ordosouverainisme, en soulignant néanmoins qu’il y avait
deux sous-familles, les progressistes et les identitaires. On pourrait
ajouter que certains ordosouverainistes semblent tentés par l’autoritarisme, ce
qui ressort des modèles qu’ils se donnent.
Danger
sur la liberté ?
La
plupart des critiques de la mondialisation, qu’ils soient de gauche, de droite
ou d’ailleurs, dénoncent le néolibéralisme et donc le primat absolu pris par la
liberté sur toutes les autres valeurs de notre société. Un message
particulièrement fort dans notre pays dont le triptique place deux autres
valeurs sur le même plan, l’égalité et la fraternité, ce qui implique un
équilibre entre les trois, l’un ne devant pas prendre le dessus sur les deux
autres. Or il est évident qu’aujourd’hui, le
néolibéralisme sacrifie l’égalité et la fraternité sur l’autel de la liberté
absolue (sanctifiée dans les traités européens avec la liberté de
circulation des capitaux, des biens et des personnes). Les inégalités ne
cessent de progresser, comme soutiennent Piketty
ou Stiglitz
et la fraternité est remise en cause par la déconstruction des services
publics.
Comme
la plupart des critiques de cette anarchie néolibérale, qui revient à un
retour de la loi de la jungle et du plus fort, je
pointe le nécessaire retour à davantage d’ordre, m’opposant aux néolibéraux
économiques comme sociétaux. Néanmoins, dans ce nécessaire rééquilibrage de nos
sociétés, n’existe-t-il pas le risque de pousser le balancier dans un autre
sens un peu trop fort et d’oublier que la liberté aussi est une valeur
fondatrice de notre République, qui a permis l’émancipation des nouveaux
citoyens d’un ordre ancien qui pouvait être oppressif et liberticide ?
D’ailleurs, la sanctification de la liberté des néolibéraux finit par être
contre-productive puisqu’elle aboutit à construire une société où finalement, seule
une petite minorité est véritablement libre, l’argent finissant par devenir
l’alpha et l’omega.
La
tentation autoritaire
