dimanche 8 novembre 2015

Etats-Unis : le néolibéralisme tue

Les chiffres de l’étude réalisée par le lauréat du prix Nobel d’économie* 2015 font froid dans le dos. Loin de l’idée d’un progrès permanent, l’évolution de la mortalité aux Etats-Unis démontre non seulement une inégalité révoltante, mais aussi qu’il est possible de faire marche arrière.



De la pauvreté… à la mort



Du capitalisme actionnarial et des inégalités

Difficile de ne pas voir la responsabilité de ce capitalisme actionnarial qui pressure toujours davantage les classes populaires, poussant les salaires à la baisse tout en demandant toujours plus d’efficacité sous la menace de délocaliser les emplois dans des pays à bas coûts, quand les salaires des classes dirigeantes se sont, au contraire, envolés. Cette quête folle de la compétitivité, sans doute poussée plus loin qu’ailleurs aux Etats-Unis ne créé pas seulement des inégalités indécentes. Elle semble avoir directement un effet sur la santé de la population, et provoquer une augmentation de la mortalité des classes populaires, broyées par l’insécurité, la pression et les difficultés que notre vie moderne créé. Comment ne pas y voir une raison de l’augmentation des suicides et de la consommation de drogues ?

Ce faisant, notre époque moderne, même si elle produit aussi de belles choses, permettant par exemple de soigner des maladies jadis fatales, semble devoir pousser l’humanité à s’auto-torturer au nom d’une vision du progrès totalement inhumaine, demandant sans cesse davantage aux hommes (comme à la planète), sans finalement se demander si cette exigence toujours accrue et qui ne semble pas avoir de limite, n’est pas porteuse d’un malaise tellement violent qu’il peut, comme le montre ce cas, provoquer des morts ? La difficulté est que personne ou presque ne semble se rendre compte de la violence, à peine feutrée de cette époque, dont on peut sans doute voir un symptôme dans l’augmentation des crimes, des délits ou encore des violences à l’école, avec la triste montée du harcèlement.

Ce qui camoufle sans doute cette évolution, c’est le caractère finalement assez lent de cette dégradation. Merci au nouveau prix Nobel d’économie* de jeter une lumière aussi crue sur les ravages d’une logique économique qui produit tant de malheurs. Une étape nécessaire pour changer.

10 commentaires:

  1. Cet article sur le miracle du taux de chomage américain

    http://www.businessbourse.com/2015/11/07/etats-unis-un-rapport-consternant-sur-lemploi/

    est aussi amusant (si on peut dire...).

    RépondreSupprimer
  2. Les 45-54 ans ce sont ceux qui étaient jeunes à l'époque de Reagan. Ils étaient encore trop jeunes pour qu'on repère l'effet des reaganomics sur leur mortalité, mais maintenant comme il fallait s'y attendre ils commencent à payer le prix de leurs jeunesses volées.

    Et si la mortalité des 65-74 ans continue à baisser c'est parce que quand ils étaient jeunes Reagan n'était pas au pouvoir. Ils encaissent encore les bénéfices des politiques économiques et sociales US d'avant Reagan.

    Les économistes parlent d'effet cicatrice pour expliquer que les baby-boomer arrivés sur le marché du travail à partir de 1974 (pour la France) ne s'en sont jamais remis. A tous les âges de leur vie on constate qu'ils sont plus pauvres et vivent moins bien que leurs parents au même âge.

    Je ne vois pas comment cela ne pourrait pas se voir bientôt dans les chiffres de la mortalité, en France aussi.

    Ivan

    RépondreSupprimer
  3. Les 65-74 ans, dont la mortalité baisse, ont connu le LSD en vente libre dans leur jeunesse, contrairement aux 45-54 ans dont la mortalité augmente.

    Pointer l'alcool, la drogue ou même les suicides comme responsables de la baisse de l'espérance de vie des générations arrivées sur le marché du travail à partir de Reagan est assez puéril. Il faut expliquer pourquoi toutes les causes de maladie et de mort, volontaires ou non, légales ou non, frappent avec une particulière dureté les générations qui n'ont connu que le chômage, la misère et la précarité, et pas celle de leurs parents.

    Ivan

    RépondreSupprimer
  4. Tout tue ! les maladies tuent , le travail tue , le chomage tue , l insecurité tue , la drogue tue le tabac tue l alcool tue le sexe tue la pollution tue , le capitalisme tue le socialocommunisme tue , et surtout la connerie tue !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. pas du tout, car comment expliquer qu'il y ait tant de vieux cons ?

      Supprimer
    2. Ce commentaire a été supprimé par son auteur.

      Supprimer
  5. La principale cause de la mort c est l ' arrêt de vie ; on peut toujours essayer de vivre le plus possible on finit toujours par mourir ; plus l espérance de vie se rallonge plus on se rapproche de l ' espérance de mourir

    RépondreSupprimer
  6. on dit mieux vaut mourir que soufrir c est la devise des hommes ; ben non moi je dis : vieux maux souffrir que mourir c est votre denise ;

    on dit partir c est mourir un peu ; ben non moi je dis : martyr c est pourrir un peu

    RépondreSupprimer