Après la
polémique déclenchée par le fait qu’elle ait dit que la France « est
un pays de race blanche », la
Commission Nationale d’Investiture des Républicains a décidé d’exclure la
députée européenne de la tête de liste départementale pour les élections
régionales. Bonne ou mauvaise décision ?
Juste
sanction ou polilce de la pensée ?
Bien sûr,
sur le fond, comme
je l’ai écrit la semaine dernière, je pense que Nadine Morano a dérapé. Si
on peut dire que la France était à l’origine un pays de race blanche, il n’est
pas juste de le dire au présent car cela exclut une part non négligeable de nos
concitoyens. Et elle
a repris des termes qu’affectionne la droite la plus extrême, emboîtant le pas
à Marion Maréchal Le Pen, sur les idées délirantes de remplacement, ou
d’invasion. Ce faisant elle a cumulé démagogie et xénophobie. On peut aussi
penser que les Républicains peuvent définir des règles, et que l’ancienne
ministre, actuelle députée européenne, les a enfreintes et doit donc être
sanctionné pour cette raison, ce
qui justifierait son exclusion de la tête de liste départementale en
Meurthe-et-Moselle pour les élections régionales de décembre.
D’abord, même
si on condamne ces propos, il est un peu gênant que ce soit le parti de
Nicolas Sarkozy qui sanctionne de tels propos, sachant qu’il a tenu des propos
guère plus reluisants quand il était président de la République. Son
discours de Dakar sur l’homme Africain était inacceptable, et parce qu’il
était écrit en amont peut-être bien plus inexcusable. Ensuite, cette
affaire pose quand même la question de la liberté de pensée et de parole.
Je ne fais pas partie de ceux pour qui il faudrait interdire d’interdire :
les Etats-Unis ne sont pas un exemple. Mais ici, ne tombons-nous pas dans une
forme de police de la pensée et la parole, un
nouvel aspect orwellien à notre époque ? Si la démagogie n’est pas
sanctionnable, faut-il vraiment sanctionner la xénophobie, et plus encore la
xénophobie seulement implicite ?
Ce que
cela dit de notre époque


