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lundi 5 décembre 2016

Quand Uber augmente sa commission de 40%...


La semaine dernière a encore vu une conjonction d’informations extraordinairement révélatrices, cette fois, sur la réalité du modèle d’affaire de Uber, que je dénonce depuis longtemps. Dans un article quelque peu complaisamment titré « Uber écoute ses chauffeurs et monte ses prix », on apprend que l’entreprise va augmenter ses prix de 10 à 15% sur les UberX et les Van. Mais plus loin dans l’article, on découvre qu’Uber augmente aussi sa commission de 20 à 25%. En clair, si les prix augmentent de 10%, le chauffeur touchera 2,5% de plus, quand Uber, lui, touchera 37,5% de plus (sur une base 100 avant et 110 après, la commission de Uber passe de 20 à 27,5, ne laissant que 2,5 de plus pour les chauffeurs). Pour une hausse de 15%, un chauffeur ne gagnerait que 6,25% de plus, et Uber 43,75% de plus… Comment déguiser un abus de position dominante caractérisé en geste presque bienfaiteur.


Dans le même temps, on apprend, toujours dans la Tribune, qu’en moyenne, un taxi travaille en moyenne 66 heures par semaine, tout en gagnant moins que le SMIC, soit 5,5 euros par heure pour les 81% qui doivent encore rembourser leur licence. Il faut dire que l’arrivée des VTC a bouleversé la profession, prenant entre 15 et 30% de parts de marché, souffrant déjà de la concurrence d’Autolib à Paris ou du renforcement des transports en commun dans bien des grandes métropoles.

dimanche 31 janvier 2016

Taxis, éleveurs, Alstom : les embrouilles du gouvernement

Cette semaine est une nouvelle semaine qui révèle, pour ceux qui l’ignorent encore, à quel point François Hollande embrouille la population. Malgré la loi Thévenoud, les taxis souffrent toujours de la concurrence déloyale d’Uber. Malgré les plans d’aide, la situation des éleveurs est toujours aussi mauvaise. Et bien sûr, les salariés d’Alstom paient le rachat par GE. Retour sur trois embrouilles.



Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent

vendredi 16 octobre 2015

L’Uber-barbarie




Jongle avec les salaires

Sur le fond, l’annonce d’une baisse de 20% des tarifs est assez effarante. Bien sûr, des concurrents de la société avaient annoncé une offensive promotionnelle pour contrer la progression d’Uber, mais sur le fond, cela est assez révoltant. En effet, même si le Monde indique qu’Uber garantit les revenus de ses chauffeurs, et subirait « seule une réduction des recettes, qu’elle espère voir compensée par une hausse mécanique de l’activité », cette déclaration est ambiguë. Uber a-t-il renoncé à ses 20% de marge sur les courses ou part-il du principe que le supplément d’activité compensera la baisse du prix des courses ? En effet, un papier de la Tribune indique clairement que c’est la deuxième solution, ce qui explique les protestations des chauffeurs de la société et la réception des représentants syndicaux.

Le papier de la Tribune parle, lui, de « la baisse de tarifs qu’ils leur ont imposée » et dit qu’Uber « assure que la même mécanique a été fructueuse à New York, où la baisse du prix des courses a engendré une augmentation du volume des trajets, avec au final, un grain pour les chauffeurs » et que « le nombre de trajets sur UberPool était en hausse de 40%, et les revenus horaires des chauffeurs sont restés constants le week-end dernier ». Mais ce faisant, voici une autre preuve de la barbarie de l’économie dite collaborative, où les seigneurs peuvent décider du jour au lendemain de baisser le salaire horaire de leurs chauffeurs de 20%, ce que dénoncent des chauffeurs qui disent gagner le SMIC pour 60 heures de travail par semaine ! Il est beau le progrès apporté par cette nouvelle économie !

Une logique de rapport de force

dimanche 12 juillet 2015

Uber : symptôme des excès de notre société




Bulle Internet 3.0 ?

Il est tout de même assez effarant que ces chiffres n’aient pas fait l’objet d’une plus grande attention. Mais comment une société qui n’a généré que 415 millions de dollars de revenus en 2014, mais qui en dépense plus de deux fois plus, pourrait-elle valoir 50 milliards de dollars ? D’ors et déjà, Uber vaudrait plus que 80% des entreprises cotées à la bourse de New York, comme le rapporte The Economist ! Bien sûr, certains soulignent sa position de leader des VTC, qui en a fait le méchant de la révolte des taxis, ou sa croissance, qui atteindrait 300% par an. The Economist souligne aussi qu’Uber se prépare à étendre son activité aux livraisons, ce qui offre de nouvelles perspectives de croissance.


Mais ces arguments sont un peu courts pour justifier qu’Uber vaille plus de cent fois son chiffre d’affaires, d’autant plus que l’entreprise réalise encore des pertes abyssales. Ce qui est compliqué avec les marchés, c’est que le succès météorique de certaines entreprises stars d’Internet fait que les investisseurs ne veulent pas passer à côté du futur Google ou du futur Facebook, au point de leur faire accepter des valorisations qui semblent tout de même complètement coupées de la réalité. Nous ne sommes plus dans l’évaluation de la valeur actuelle, ni même future, mais dans un casino où les investisseurs jouent des sommes absolument délirantes, dans une forme de loterie pour financiers

L’économie de la folile arbitraire

lundi 29 juin 2015

La pseudo interdiction d’UberPOP, cache-sexe de l’inaction du gouvernement



UberPOP, l’arbre qui cache la forêt

Il est assez effarant que le débat se concentre sur UberPOP, oubliant le versant principal de la concurrence déloyale que mènent les VTC aux taxis. Dans un dossier très détaillé, la Tribune explique bien les enjeux du dossier. UberPOP est l’offre à prix encore plus bas du géant californien, officiellement du covoiturage rémunéré, avec des conducteurs qui n’ont ni formation ni assurance spécifique… Les autres offres d’Uber rentrent dans le cadre légal des VTC, qui inclut désormais une formation, mais qui profite toujours d’une fiscalité complètement décalée par rapport aux taxis, même si, passé un certain chiffre, il faut passer en statut d’autoentrepreneur, le tout sans la moindre licence.

Pire encore, comme le souligne le directeur d’Uber France, les textes ne sont pas très clairs puisque même si le gouvernement juge UberPOP illégal, « quatre tribunaux indépendants (…) se sont prononcés, les uns après les autres, refusant l’interdication, disant qu’il n’y avait pas de trouble manifestement illicite » et la légalité de loi Thévenoud (sur les VTC) sera étudiée par le Conseil Constitutionnel. Bref, le cadre juridique qui encadre l’activité des VTC ne semble ni clair, ni suffisant, permettant aux opérateurs de s’engouffrer dans la brèche grande ouverte, rendue à peine moins grande par une loi Thévenoud d’autant plus difficile à mettre en œuvre qu’il n’y a pas d’interprétation claire sur son sens.

Un gouvernement aux abonnés absents


mardi 23 juin 2015

Uber, c’est bien l’invasion des barbares

C’est Franck Dedieu, co-auteur de livres rafraîchissants sur le protectionnisme et l’euro, qui a parfaitement résumé ce que représente l’irruption de certaines entreprises comme Uber, Airbnb ou Blablacar. Derrière le masque riant de l’économie collaborative, se cachent de vrais barbares de nos sociétés.



Ce qu’il y a de barbare en eux

Bien sûr, ces entreprises peuvent faire rêver. Elles fournissent des services intéressants pour les utilisateurs et elles ont révolutionné des pans entiers de l’économie, comme le savent les taxis ou les hôtels, au point qu’Uber compte déjà 5000 chauffeurs en France et Airbnb pas moins de 40 000 logements en Ile de France. Du coup, Uber vaut déjà plus de 40 milliards en bourse et Airbnb 13 ! Cette nouvelle économie bénéficie d’une bonne image, car elle peut sembler écologique, voir même sociale en fournissant à ceux qui offrent leurs services des revenus, et à ceux qui les utilisent des prestations généralement moins cher, sauf pour le Réveillon, comme s’en souviennent les utilisateurs d’Uber.

Mais derrière ce portrait idyllique se cachent de nombreux côtés obscurs. Comme le soulignent justement les chauffeurs de taxi, Uber leur mène une concurrence déloyale, payant moins de taxes, et ne requérant ni formation, ni coûteuse licence. En fait, le succès d’Uber doit moins aux innovations de son modèle d’affaire qu’au fait que l’entreprise a trouvé des failles légales lui permettant de concurrencer les acteurs historiques de manière déloyale, et en contribuant pas ou peu à la collectivité dont elle dépend. Et ces entreprises ne créent que très peu d’emplois, enrichissant principalement actionnaires et dirigeants, et précarisant tous les autres, apportant leur contribution à l’explosion des inégalités.

Barbaries à tous les étages

samedi 15 mars 2014

Les taxis victimes d’une concurrence déloyale




La destruction créative à l’œuvre

Il faut nuancer en précisant que les chauffeurs de taxis ne sont pas des nantis, puisque, selon l’INSEE, ils gagnent 2128 euros net par mois en moyenne, une somme supérieure à la moyenne, mais avec un temps de travail en général largement supérieur à la moyenne, pour un métier qui présente un certain danger, qui plus est. Devant certaines carences, des entrepreneurs ont exploité les failles de la réglementation pour créer des sociétés de VTC qui ne peuvent pas prendre de clients dans la rue, mais qui sont commandés via les applications des téléphones mobiles, souvent de manière très qualitative, avec belle voiture, chauffeur en costume, petite bouteille d’eau, et presse à disposition.

Mais si ces sociétés peuvent offrir un tel service pour un prix en général comparable, ou à peine supérieur, c’est parce qu’elles bénéficient d’avantages concurrentiels forts. Quand une plaque de taxi se négocie plus de 200 000 euros, l’enregistrement d’un VTC revient à 100 euros, sans limitation de nombre. Selon France 2, cela peut représenter une charge supplémentaire de 2 500 euros par mois, 40% des coûts des artisans taxi. Et selon le patron de G7, ils paient 800 euros de cotisations sociales de moins par mois. Bref, la concurrence est totalement déloyale. En outre, le développement des VTC risque de faire s’effondrer le prix des plaques de taxis, ruinant certains artisans lourdement endettés.

Faut-il plus ou moins de réglementation ?