vendredi 18 janvier 2019

10 ans après (4/6) : l’oligo-libéralisme financier encore plus fort



A pousser les plus libéraux vers la lutte des classes





Les multinationales sont doublement gagnantes: non seulement elles se concentrent pour gagner du pouvoir sur leurs marchés, mais en outre, le démantèlement des lois de protection des travailleurs et la concurrence internationale permet de pressurer toujours plus les coûts, le comble étant atteint par la nouvelle économie qui créé des emplois pour recharger les trottinettes électroniques. Les chiffres deviennent de plus en plus extravagants : chaque année, les records sont battus, au point que certaines, comme Apple, peuvent gagner plus de 10 milliards en un trimestre, et les banques étasuniennes plus de 60 milliards de profits, toujours en un seul trimestre ! Cela permet une distribution record de dividendes, près de 500 milliards de dollars sur le seul deuxième trimestre, en hausse 12,9% en un an.



Et pour couronner le tout, le taux d’imposition sur ces profits gigantesques (à 50% aux Etats-Unis et en France il y a 40 ans) ne cesse de baisser, dans une course sans fin au moins-disant fiscal, comme le montre un graphique révélateur de The Economist, chemin emprunté par Trump comme Macron… Pour couronner le tout, les entreprises rachètent de plus en plus leurs actions, pour toujours donner plus aux actionnaires. The Economist montre aussi que la rémunération des actionnaires a vite retrouvé le niveau d’avant crise, qu’elle progresse beaucoup plus vite que le PIB depuis 25 ans avec les rachats d’action. En somme, notre monde a été conçu pour les actionnaires des multinationales.


En résumé, le monde moderne, avec la trop libre-circulation des biens, des capitaux et des personnes, favorise beaucoup trop les grandes entreprises et les plus riches, qui peuvent extraire toujours plus de profits de tous les autres, en s’assurant un rapport de force toujours plus favorable. C’est ce que j’ai appelé l’oligo-libéralisme, un ultralibéralisme au service des plus forts qui se créent des rentes de situation d’autant plus solides que les gouvernements suivent de plus en plus leur agenda, comme le reconnaît The Economist. Macron et Trump ne sont que les deux faces, l’une politiquement correct, l’autre politiquement incorrect, d’un même agenda oligo-libéral au service des plus riches


C’est par ce biais là qu’une petite minorité s’enrichit au détriment d’une large majorité. Et quelle meilleure illustration de cet oligo-libéralisme, que dix ans après une crise à laquelle Goldman Sachs avait largement contribuée, ses 724 employés britanniques touchent encore, en moyenne 1,4 million de dollars de rémunération, potentiellement à spéculer sur les bitcoins à l’époque…

2 commentaires:

  1. "qui, en pratique, laisse faire tant de rachats (Monsanto-Bayer, STX-Fincantieri, Alstom-Siemens"

    Alors si vous êtes cohérent, vous devriez proposer le démantèlement d'Airbus industries.

    Qu'il y ait des champions européens pour faire face à la concurrence US ou Chinoise n'est pas absurde.

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  2. Vous savez bien que cela n'a rien à voir, à deux titres :
    1- Airbus, c'est sur une industrie où, jusqu'à présent, seuls deux grands acteurs ont vraiment de la place, donc, là, en effet, la coopération européenne a du sens (soit dit en passant, cela s'est fait hors CEE, par coopération inter-gouvernementale, et contre toutes les règles actuelles de l'UE, qui n'a construit aucun Airbus...)
    2- Airbus, c'est une coopération, pas le rachat d'une entreprise par une autre pour renforcer son pouvoir sur le marché, un domaine où la France se laisse malheureusement trop faire avec les conséquences funestes que l'on sait (Péchiney, Arcelor, Alstom-GE...)

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