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samedi 19 novembre 2016

L’ayatollah Aphatie toujours plus extrémiste


Jean-Michel Aphatie s’est récemment imaginé président. Mais si l’on suit la teneur de ses propos, on en vient à se demander s’il ne serait pas plus extrémiste que Marine Le Pen… Car il semble décidément avoir un problème avec la démocratie. Déjà, en 2012, il s’était indigné des contraintes législatives de la campagne présidentielle, qualifiant de « bêtise » la période d’égalité de temps de parole. Suite à l’élection de Trump, il a carrément déclaré qu’il fallait « s’interroger quelque fois sur le suffrage universel », comme l’a rapporté David Desgouilles dans le Figaro.




Mais outre une vision sino-poutienne de la démocratie, il semble aussi avoir un côté djihadiste, puisqu’il s’est permis de dire « l’esprit politique français est fabriqué par le souvenir de Louis XIV, de Napoléon et du Général de Gaulle. Quand on fait de la politique en France madame, c’est pour renverser le monde. Et bien, ça, ça n’entraîne que des déceptions. Moi, si un jour je suis élu président de la République, savez-vous quelle est la première mesure que je prendrais ? Je raserais le château de Versailles ». Certes, vendredi, il a dit que c’était une blague, mais il a attendu 8 jours pour réagir, et il ne semblait guère plaisanter alors. Et ce genre de remarque ne semble pas incohérent dans sa bouche…

mercredi 2 juillet 2014

Ne jamais mélanger politique et religion


Il fallait vraiment entendre l’interview de Christine Boutin par Jean-Michel Aphatie sur RTL il y a quelques jours. Après l’échec patent de ses listes Force Vie lors des élections européennes, crédités d’un minuscule 0,6% des voix, elle a exposé son incroyable vision de la politique.



La missionnaire qui s’est trompée d’époque

Quand on m’avait dit pour la première fois qu’il lui arrivait de faire une prière lors de ses conférences de presse, je n’avais pas réussi à le croire, tant cela me semblait en contradiction avec ce qu’est la France depuis 1905 et la fameuse loi de séparation de l’Etat et de l’Eglise. Mais force est de constater que Christine Boutin persiste dans cette voie puisqu’elle a proclamé sa foi à des millions d’auditeurs. Il y a quelque chose de surréaliste étant donnée la désaffection massive de la pratique religieuse en France, entamée dès le 18ème siècle, comme le rappellent Emmanuel Todd et Hervé Le Bras dans leur livre.

Cela fait plus de 150 ans qu’une majorité de la population ne pratique plus. Et s’il subsistait encore une pratique religieuse significative au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, aujourd’hui, moins de 5% de la population va à la messe régulièrement. Il y avait donc quelque chose d’assez étrange à entendre une ancienne ministre proclamer son attachement à la religion, malgré la loi de 1905 et l’évolution de notre pratique. On peut trouver cela courageux ou touchant de ne pas aller dans le sens du vent et de l’histoire. Mais je trouve cela aussi déconnecté de la population et contradictoire avec ma vision de la République, que je conçois comme laïque et coupée de toute interférence religieuse.

De la politique et de la religion

mardi 30 avril 2013

Copé et Parisot : les barbares de la mondialisation


L’inexorable progression du chômage et le record atteint la semaine dernière ont provoqué un cortège de réactions. Mais tant l’UMP que le Medef proposent d’aller plus loin encore dans une politique qui a pourtant échoué, comme le montrent l’interview de Laurence Parisot et les propositions de Jean-François Copé.



Laurence Parisot, l’Attila de l’austérité

Il faut écouter l’interview de Laurence Parisot par Jean-Michel Aphatie. La future ex-présidente du MEDEF s’y fait une avocate inflexible de l’austérité budgétaire, usant de sophisme pour essayer de démontrer ce que presque plus personne n’admet aujourd’hui : qu’il faut poursuivre dans une réducation mortifère et suicidaire des déficits publics. Alors que même le FMI a admis l’évidence sur la base d’études scientifiques, elle refuse l’évidence soulevée par les trois dernières années.

Ainsi, alors que le journaliste évoquait le débat actuel sur le changement de politique, sur la nécessité de desserrer la rigueur, elle lui a répondu qu’il « fallait au contraire tout faire pour réduire les déficits ». Elle a justifié cela en disant que les déficits poussaient les impôts à la hausse ce qui pèse à la fois sur le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises. Sauf que si on faisait une pause dans la baisse des déficits, il n’y aurait pas besoin de monter les impôts. CQFD.

Mais Laurence Parisot n’a pas seulement nié l’évidence de l’échec des politiques d’austérité, démontré par Jacques Sapir ou Paul Krugman, elle a également justifié de manière très maladroite l’accord entre quelques syndicats de salariés en soulignant qu’il « permet aux entreprises de s’adapter à la conjoncture et au carnet de commande ». En clair, cela facilitera les licenciements dans les périodes de récession comme aujourd’hui et cela va donc accentuer la progression du chômage !

Jean-François Copé, Attila du droit du travail

jeudi 14 mars 2013

Frédéric Taddeï donne une leçon de démocratie à Patrick Cohen


Clash entre Patrick Cohen et Frédéric Taddeï...


C’est une vidéo qui fait du bruit sur les réseaux sociaux, avec des dizaines de milliers de vues en quelques heures : Frédéric Taddeï et Patrick Cohen ont confronté leur vision du débat d’opinion dans une passe d’arme qui s’est soldée par un KO du premier sur le second.

Patrick Cohen, orwellien censeur de la pensée

Le débat a démarré sur les chapeaux de roue avec un Patrick Cohen affirmant que « vous invitez des gens que l’on n’entend pas ailleurs et que les autres médias n’ont pas forcément envie d’entendre » citant Tariq Ramadan, Alain Soral et Dieudonné. Taddeï a répondu : « libre à vous de ne pas les inviter (…) pour moi, il n’y a pas de liste noire, ce n’est pas à moi d’inviter les gens en fonction de mes sympathies ou de mes antipathies (…) si j’étais sur Fox News, je ferais comme vous ».

Lors d’un débat sur le 11 septembre, Alessandra Sublet a alors pris parti pour son invité en disant : « on a le droit de penser ce que l’on veut », ce à quoi son journaliste a répondu : « non, dans les limites de la loi ». Mais Taddeï l’a mis KO en affirmant que « si vous voulez que les gens n’aient plus le droit de dire qu’ils doutent de ce qu’ils appellent la version officielle du 11 septembre, vous pouvez écrire à votre député », en faisant une comparaison avec l’assassinat de Kennedy.

L’animateur de Ce Soir Ou Jamais a donné une leçon de démocratie : « toutes les opinions autorisées par la loi en France sont défendues par la Constitution. Tout ce qui n’est pas interdit est autorisé. Et ce n’est pas moi animateur de télévision qui vais décider de ce que l’on a le droit de dire (…) Je m’interdis de censurer à partir du moment où ils respectent la loi ». Puis, quand Patrick Cohen a évoqué les condamnations de Dieudonné, Frédéric Taddeï lui a rappelé qu’il avait reçu des politiques condamnés, y compris pour racisme et que pas un propos n’avait posé problème en 657 émissions.

Du rôle des médias en démocratie

jeudi 26 janvier 2012

Lettre ouverte à Jean-Michel Aphatie

En 2007, vous avez démontré une impartialité entre les différents candidats qui vous a honoré, et qui vous vaut sans doute de n’avoir jamais pu interviewer le président Sarkozy depuis son élection, ce qui serait pourtant légitime. Néanmoins, depuis quelques temps, je crois que vous vous égarez.

Le débat sur l’euro est parfaitement légitime

Vous vous êtes égaré au Grand Journal, quand, après un reportage d’une très grande partialité sur l’euro, seulement trois minutes ont été consacrées aux questions économiques et que vous avez balayé tout débat d’un revers de main. Cette attitude ne vous fait pas honneur à plusieurs titres. Tout d’abord, 36% des Français souhaitent la sortie de l’euro et il est donc légitime de débattre sereinement de cette question comme cela est le cas en Allemagne par exemple.