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mercredi 12 novembre 2014

Fillon – Jouyet : l’affaire d’une fin de régime ?





Tous compromis ?

Cette affaire appuie là où cela fait mal de multiples manières. Elle rappelle que l’actuel Secrétaire Général de l’Elysée est un homme, qui, s’il est un ami du président de la République, qu’il connait depuis l’ENA, a aussi été ministre du précédent président de la République. Jean-Pierre Jouyet est une des illustrations les plus extrêmes de cette indistinction grandissante entre un PS et une UMP qui défendent la globalisation, l’Union Européenne, l’euro, la course folle à la baisse du prix du travail, la baisse déraisonnée des déficits ou le recul du service public, habillés d’une manière ou d’une autre.

Tout change et rien ne change. Et cette affaire a d’autres aspects guère reluisants. D’abord, le mensonge permanent, avec Jean-Pierre Jouyet qui a démenti ce qu’avançaient les journalistes du Monde, pour finalement l’admettre devant l’évidence des enregistrements, qui n’étaient même pas dissimulés. Ensuite, cela rappelle également que Nicolas Sarkozy est sous le coup de nombreuses affaires, dont notamment le fait d’avoir dépensé entre 11 et 17 millions d’euros de plus pour sa campagne présidentielle de 2012 que le plafond légal de 21 millions, ce qui pourrait bien le disqualifier pour 2017. Enfin, cela rappelle également les mœurs de cette jungle politique où tous les coups semblent permis.

Besoin d’air frais

samedi 14 juin 2014

Toubon, Boone : Hollande toujours plus loin dans l’eurolibéralisme


La dernière vague de nomination du président a suscité de nouveaux remous, entre la nomination de Jacques Toubon, ancien ministre de droite, et d’une représentante de la finance dont il disait être l’ennemi. Une nouvelle affirmation décomplexée de son cap eurolibéral.

 

La finance est dans le nid

La nomination de Laurence Boone est stupéfiante. Certes, il n’était pas difficile de comprendre en 2012 que François Hollande ne serait pas un véritable ennemi de la finance, étant donné qu’il avait donné des gages au milieu dans le Guardian. Mais aller jusqu’à donner le poste de conseiller économique à une professionnelle de la finance aux idées clairement libérales qui écrit dans l’Opinion, c’est aller très loin dans la contradiction ! En outre, elle critiquait sévèrement le cap suivi par l’équipe au pouvoir, ce qui permet aux médias de rappeler ses critiques passées. Un choix très discutable sur le fond et qui se révèle porteur de nouveaux couacs pour l’Elysée.

Les sénateurs du MRC, le parti de Jean-Pierre Chevènement, ont dénoncé la nomination « d’une économiste forgée du plus beau métal libéral, au fil d’une carrière allant de Merrill Lynch, l’une des premières banques d’affaires américaine, à Bank of America, en passant par Barclays ». Le Monde souligne aussi qu’elle a pris position contre les nouvelles règles d’encadrement bancaire, critiquant l’examen des actifs bancaires par la BCE pour vérifier leur solvabilité. Il s’agit donc d’un bon petit soldat eurolibéral qui devrait parfaitement s’adapter à la ligne défendue par François Hollande depuis janvier, et confirmée avec la nomination de Manuel Valls à Matignon.

Ouverture 2.0 ?


jeudi 10 avril 2014

Jean-Pierre Jouyet, de Jospin à Hollande, en passant par Sarkozy…


La nouvelle peut paraître anecdotique, mais François Hollande a décidé de changer de secrétaire général à l’Elysée. Il vient de nommer Jean-Pierre Jouyet, ancien secrétaire d’Etat sous Nicolas Sarkozy. Impossible de mieux résumer la convergence du PS et de l’UMP, mais aussi leur faillite.


Bonnet blanc et blanc bonnet

Cet énarque, camarade de promotion de François Hollande, dont il est également un ami, illustre une bonne partie de ce qui ne va pas dans notre pays. Nicolas Sarkozy est élu en 2007 ? Il devient secrétaire d’Etat aux affaires européennes, un mercenaire de cette pseudo ouverture destinée à couper les jarrets de Bayrou. François Hollande élimine son ancien patron en 2012 ? Il revient deux ans après au poste stratégique de Secrétaire Général de l’Elysée. Le président de la République ne pouvait pas nous donner meilleur symbole d’une forme de continuité entre son action et celle de son prédécesseur.


Il est effarant que le président de la République ne se rende pas compte de l’image désastreuse que pourrait donner sa nomination, à moins que sa stratégie pour 2017 ne consiste justement à occuper le centre et pousser l’UMP trop à droite pour pouvoir la battre. Car même si Manuel Valls a essayé de donner le change lors de son discours à l’Assemblée, tant sur la forme que sur le fond (avec la baisse des charges employés pour les bas salaires), la politique économique défendue par l’équipe au pouvoir (sans même parler de sa politique européenne), ressemble comme deux gouttes d’eau à celle menée pendant cinq ans sous Nicolas Sarkozy : un cocktail peu inspiré d’austérité budgétaire et de compétitivité.

Nouvel avatar de la malédiction delorienne