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dimanche 19 juillet 2026

Climatisation : adaptation utile aux canicules

Cela restera comme une des polémiques de cette année caniculaire : faut-il promouvoir ou faciliter l’installation de climatisations dans les logements particuliers ? Une grande partie de la gauche et la macronie semble y voir une mauvaise adaptation au réchauffement climatique, quand une grande partie de la droite défend cet usage. Il me semble qu’il n’y a pas vraiment d’hésitations à avoir.

 


Mieux individuellement et collectivement

 

mercredi 24 octobre 2018

samedi 1 septembre 2018

Merci Nicolas Hulot

La démission du ministre de l’écologie cette semaine est venue complétée un été calamiteux pour Macron, avec l’affaire Benalla, les nouvelles coupes pour les retraités ou ses nouvelles déclarations effarantes au Danemark. Mais l’interview de Hulot dépasse de loin ce cadre. Elle en dit long sur ce que sont devenus nos politiques, mais aussi sur notre modèle économique actuel.


Un autre modèle de société

samedi 18 mai 2013

La bible économique d’Olivier Berruyer sur la crise


Olivier Berruyer est un des blogueurs de référence en matière d’économie. Son blog, Les crises, est une source inépuisable de données et de faits qui permettent de faire progresser la réflexion. Dans son dernier livre, il propose son analyse globale de la crise. Indispensable.



Vers la fin de la croissance ?

Dans son premier chapitre, il commence par un graphique inquiétant qui montre la baisse régulière de la croissance du PIB par habitant, passée de 4,8% par an dans les années 1960 à seulement 0,6% dans les années 2000. Il commence par détailler précisément la méthodologie de calcul du PIB pour en souligner toutes les limites. Il souligne le rôle majeur joué par la croissance de la productivité pour créer de la richesse en rappelant que l’industrie et l’agriculture sont les secteurs où ces gains de productivité sont historiquement les plus forts, représentant encore 50% des gains globaux (mais 15% du PIB seulement). Depuis 1950, la productivité de l’agriculture a ainsi été multipliée par 31, celle de l’industrie par 14 contre seulement 5 pour les services marchants et 3,2 pour la construction.

Il détaille aussi le problème des ressources énergétiques et note que l’efficacité énergétique, qui s’est fortement améliorée dans les années 1980 et 1990, stagne depuis. Il rappelle que l’envolée des prix depuis le tournant du siècle est bien supérieure à la croissance du PIB (+100 à 250%) : le prix du fer a quadruplé en 10 ans, celui du plomb et du cuivre a été multiplié par 5 ! Il rappelle que selon le Global Footprint Network, nous consommons 156% des capacités annuelles à notre disposition (contre 58% en 1961), que nous avons doublé la concentration en CO2 de l’atmosphère, dont Lyndon Johnson avait déjà conscience du problème, et que 97% des climatologues valident la thèse du réchauffement climatique.

Pour lui, « la croissance ne peut physiquement pas être durable » et prend exemple sur le Japon, dont le PIB a atteint un pic en 1996. Il soutient que « tout concourt désormais à une croissance faible ». Il est favorable à une diminution du temps de travail, moyen pour lui de réduire le chômage, même s’il note que tout se complique « si les entreprises sont en concurrence mondialisée avec des pays à temps de travail et croissance plus élevés ». Il note que notre temps de travail effectif moyen, le plus élevé du monde pendant les trente glorieuses (43h hebdomadaire), est tombé à 30h, la moyenne européenne, contre 34h au Japon et aux Etats-Unis. Il souligne que nous avons perdu 56% de nos emplois industriels depuis 1973 et 90% de nos emplois agricoles depuis 1950.

Il dénonce « le drame du chômage » et souligne qu’en réalité, nous avons plus de 5 millions de demandeurs d’emplois. Il note que près de 20% des salariés non agricoles sont demandeurs d’emplois, un niveau historiquement extrêmement élevé. Après retraitement de l’indice du chômage aux Etats-Unis, il arrive à la conclusion que le taux de chômage, au lieu d’être à 8%, dépasse 11% et qu’au sens large, en prenant en compte les personnes découragées, il est proche de 18% (et non sous les 15%). D’ailleurs, il montre que le nombre de personnes bénéficiant de bons d’aide alimentaire continue à augmenter et dépasse les 46 millions, contre 26 avant la crise…

L’explosion des inégalités

samedi 27 avril 2013

Marché des droits à polluer : l’UE a tout faux !


Le 16 avril dernier, le parlement européen a refusé de retirer temporairement une partie des droits à polluer, accentuant la chute du prix de la tonne de carbone, passée sous les 3 euros, alors qu’elle cotait 20 euros il y a deux ans. Un exemple qui synthétise tout ce qui va mal dans cette Europe.

Dogmatisme néolibéral

Dans l’absolu, la solution du marché des droits à polluer semble élégante et efficace. Elle permet de fixer des paliers de réduction d’émission de CO2 et de laisser les acteurs les plus efficaces se répartir l’effort de baisse des émissions par le jeu du marché. Malheureusement, le marché des droits à polluer montre encore une fois que les mécanismes du marché sont plus que perfectibles. Et en décidant de laisser l’offre et la demande fixer le prix du CO2, l’Union Européenne s’est trompée.


En effet, le problème des marchés est qu’ils sont exubérants et irrationnels. Le prix du carbone était tombé de 25 à 8 euros la tonne pendant la crise, il est remonté à 20 euros, avant de tomber à 7-8 euros. La crise et le refus de retirer des droits à polluer ont fait plonger les cours à 2,75 euros ! Résultat, ce sont les centrales à charbon qui sont les plus rentables aujourd’hui : 69 vont être construites dans les prochaines années ! De plus, l’instabilité des cours est très négative pour les investissements dont la rentabilité devient très aléatoire. En l’absence de certitudes, beaucoup de projets sont gelés.

Des lobbys et de la bureaucratie arbitraire

En fait, ce cas précis démontre toute la difficulté qu’il y a à fixer le bon quota de droits. L’UE en a trop émis. Résultat : le prix s’est effondré et les acteurs du marché ne sont pas incités à faire des efforts, bien au contraire. Pire, dans le cas de l’UE, devant la colère des industriels qui y voyaient un coût supplémentaire dans une compétition internationale où leurs coûts sont déjà trop importants, des droits ont été donnés, ce qui représente une subvention déguisée et pollue le mécanisme.

En outre, il est bien évident que ce sont les lobbyistes les plus efficaces qui ont obtenu le plus de droits, en dehors de tout mérite objectif… Et là, tout le monde sait qu’à Bruxelles, les lobbys sont rois, faisant et défaisant les réglementations en fonction de leurs intérêts. En fait, même The Economist a reconnu que le mécanisme le plus efficace pour taxer les émissions de CO2 est une taxe uniforme dont la progression serait annoncée à l’avance pour favoriser les investissements.

L’oubli de la contrainte extérieure

samedi 20 avril 2013

Que penser des 15 ans de pause dans le réchauffement climatique ?


The Economist est un avocat de la lutte contre le réchauffement climatique. Ses positions sont équilibrées et pragmatiques. Dans un récent dossier, il a montré que le réchauffement de la planète semble avoir atteint un plateau depuis 15 ans, en contradiction avec les modèles sur lesquels nous nous basons.

Quand le réchauffement fait une pause



Le graphique publié par l’hebdomadaire britannique est très clair : alors que la température moyenne de la planète s’était élevée de manière régulière dans les années 1980 et 1990, un plateau semble avoir été atteint depuis. Pourtant, la quantité de dioxyde de carbone émise par l’homme a augmenté de plus d’un tiers. Plus préoccupant pour les scientifiques qui travaillent sur la question, la température moyenne de la planète est en train de sortir de l’intervalle de confiance à 90% des modèles construits par le GIEC, et qui vont devoir logiquement être sérieusement remis en question.

Ces modèles, dont les prévisions seront revues pour le mois de septembre, prévoyaient un réchauffement de 3°C, un niveau susceptible de provoquer de grandes catastrophes (sècheresses, famines, cyclones, élévation du niveau de la mer). Mais depuis, des scientifiques de Norvège et du Japon ont fait des prévisions moins alarmistes, entre 1,6 et 2,3°C. La possibilité d’un réchauffement de 3°C devenant un scénario extrême (au lieu des 4,5°C du scénario officiel du GIEC).

The Economist décrit les hypothèses des scientifiques pour expliquer de tels écarts. Il évoque les effets de la suie, sujet à controverse, tout comme ceux des nuages, qui pourraient avoir été surévalués. D’autres évoquent le rôle de l’océan, qui pourrait avoir stocké une partie du réchauffement dans ses profondeurs. The Economist souligne que les modèles les plus simples semblent aujourd’hui avoir raison : ils anticipent un réchauffement de 2°C d’ici la fin du siècle.

Que faut-il faire, par conséquent ?