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lundi 12 septembre 2016

Quelques textes sur le burkini et le voile

Le burkini continue à susciter des débats houleux sur le blog. Mais je tiens à continuer de nourrir le débat en proposant la lecture de textes intéressants :

mardi 7 juin 2016

Les raisons pour ne pas enseigner l’arabe au CP




L’oubli du français, de la France, et de la République

D’abord, ne peut-on pas être ébahi par cette volonté de développer l’apprentissage des langues étrangères dès le CP alors même que le niveau en français baisse de manière continue depuis de longues années. Ne devrait-on pas donner la priorité absolue à l’enseignement de la langue de la République, celle qui nous lie tous à notre pays, notre terreau commun, avant de se préoccuper de l’enseignement d’autres langues ? Les priorités de ceux qui nous dirigent sont totalement déconnectées de la réalité, mais aussi probablement des évolutions de la technologie, dont on peut croire que dans un futur pas forcément si lointain, elle pourrait bien rendre beaucoup moins utile ces apprentissages par des outils de traduction instantanés qui pourraient être installés dans les téléphones portables par exemple.

Le deuxième problème que pose cette idée funeste, c’est l’encouragement des communautarismes, comme un héritage de ces enseignements des cultures d’origine. Car si cet enseignement représente une forme de soutien au maintien des traditions d’origine de migrants ou d’enfants de migrants, alors, cela représente un frein à l’intégration dans le creuset de notre pays, l’oubli de ce principe républicain qui faisait alors de tous les écoliers les descendants des Gaulois, marquant la primauté de ce qui nous unissait sur ce qui pouvait nous séparer. Bien sûr, cela pouvait être dur, comme l’a bien expliqué Malika Sorel dans « Le puzzle de l’intégration », mais c’est aussi un principe fondamental de notre pays, qui refuse le communautarisme des anglo-saxons pour une vision bien plus assimilatrice.

En cela, l’enseignement de l’arabe, comme du turc ou du serbe, est un frein considérable à l’intégration des immigrés, un facteur de morcellement de la République. Et ceci est d’autant plus dangereux, que, comme le note Jean-Paul Brighelli sur le FigaroVox, la France ne dispose pas de professeurs pour enseigner l’arabe, faisant dire à la ministre de l’éducation « si les professeurs ne sont pas en mesure de le faire, nous ferons appel à des professeurs étrangers », ce qui laisse songeur étant donnée la nature des régimes des pays dont pourraient être originaires ces professeurs. Comment pourraient-ils être hussards de la République sans avoir été formés et éduqués par cette République ? Un tel casting ne revient-il pas à « faire entrer le loup fondamentaliste dans notre bergerie laïque » ?


Merci donc à Jean-Paul Brighelli de nous alerter sur cette nouvelle idée effarante de la ministre, d’autant plus qu’il sait le faire sans verser dans l’islamophobie dans laquelle tombe une partie de ceux qui ont pu la dénoncer, prouvant qu’il n’est nul besoin d’être xénophobe pour s’y opposer.

jeudi 5 novembre 2015

Le harcèlement à l’école, symptôme d’une époque

Les chiffres font froid dans le dos : un enfant sur huit serait victime de harcèlement au primaire. Les cours de récréation semblent se transformer en une loi de la jungle de plus en plus dure et cruelle, sous l’influence de plus en plus délétère des réseaux sociaux, sans sortir nos dirigeants de la passivité.



Le seigneur des mouches sur Facebook

Bien sûr, la ministre de l’éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem a déclaré vouloir lutter contre ce fléau et a mis en place aujourd’hui la première journée nationale de lutte contre le harcèlement. Mais, comme le note Le Figaro, les mesures annoncées sont bien timides, entre clips de sensibilisation et numéro vert. Bien sûr, cela vaut mieux que rien. Mais les chiffres sont quand même effrayants : 12% des enfants victimes de harcèlement au primaire, dont 5% de manière « sévère à très sévère ».  L’enfance ne devient-elle pas une forme de prison pour un enfant sur vingt au primaire, une horreur inacceptable ? La proportion diminue avec le temps, puisque 10% des adolescents en seraient victimes au collège et 3,4% au lycée, une baisse qui semble indiquer que le temps et l’âge améliorent les choses.

Où l’on voit encore une fois que les technologies modernes ont décidemment un côté obcur, puisque les réseaux sociaux, Facebook et Instagram, seraient des véhicules majeurs du harcèlement, qui ne trouverait ainsi plus de répit, même sous le toit familial. Comme le rapporte le Figaro, « via les téléphones portables, la cyberviolence toucherait environ 20% des jeunes scolarisés et le cyberharcèlement 6% d’entre eux » : entre photos publiées sans autorisation, actes de violence filmés et diffusés. Les téléphones portables et Internet semblent avoir démultiplié, autant pour le bien que pour le mal, les capacités d’action de la jeunesse, dans des cours de récréation qui semblent se rapprocher d’une forme de jungle dérégulée et donc parfois violente et cruelle, en absence de toute régulation de l’Etat.

Faut-il interdire les réseaux sociaux avant le lycée ?

vendredi 18 septembre 2015

La nouvelle attaque effarante contre les notes




Quand c’est flou, il y a un loup

Bien sûr, nous avons eu droit à toute la traditionnelle complainte sur la dureté des notes de 0 à 20, leur caractère stigmatisant pour les élèves les moins bien notés… Même s’il ne faut pas ignorer une éventuelle souffrance des enfants, il faut bien reconnaître que le grand relâchement de la notation depuis plus de 20 ans (illustré par la grande braderie du baccalauréat, où la proportion de mentions très bien a été multipliée par 10 en 25 ans, au point d’en trouver plus aujourd’hui qu’on ne trouvait de mentions bien il y 25 ans), ne semble pas avoir amélioré le bien être des élèves, et encore moins le niveau, qui semble évoluer en sens inverse de la dureté de la notation. Il est tout de même effarant de continuer à tenir un tel discours après un tel assouplissement des notes, qui n’a pourtant rien produit de bon.

En outre, on ne voit pas en quoi cette nouvelle échelle serait moins stigmatisante, au contraire même. Ceux qui seront en bas de l’échelle ne seront pas mieux parce qu’ils auront 1 ou 2 sur 5 plutôt que 7 ou 8 sur 20 ! Au contraire même, le manque de nuance d’une notation avec une échelle bien plus restreinte pourrait bien rendre les notes encore plus dures. Alors que des progrès ou des reculs minimes sont perceptibles avec une échelle sur 20, encourageant et alertant rapidement un élève, une notation sur 5 risque soit de camoufler les évolutions limitées ou alors de leur donner une importance bien supérieure à celle qu’elles ont en réalité. En fait, loin d’être moins traumatisante, en divisant par 4 la nuance, on rend le jugement encore plus tranchant. C’est comme si les élèves pouvaient seulement avoir 4, 8, 12, 16 ou 20.

Une société schizophrène

jeudi 28 mai 2015

Najat Vallaud-Belkacem, pseudo intellectuelle, ministre et communicante

Le débat sur la réforme du collège a mis en lumière Najat Vallaud-Belkacem. Mais si par certains aspects, elle la prend bien, pour beaucoup d’autres, ce débat a révélé une femme dogmatique, superficielle, hautaine  et caricaturale, comme le montre sa fameuse interview dans GQ.



Grosse ficelle caricaturale et suffisante

Ce n’est pas peu dire que la ministre de l’éducation utilise de grosses ficelles pour défendre la réforme du collège. Après avoir monté une ligne de défense sur la xénophobie supposée de ses critiques, leur niveau (les pseudo intellectuels) et un soit-disant élitisme conservateur, moyen commode de détourner le débat des éléments concrets de la réforme, elle est allée encore plus loin sur le dernier élément dans GQ. Le journal lui  a demandé à quoi elle reconnaît quelqu’un qui vote à gauche et quelqu’un qui vote à droite. Pour le premier, elle dit « il y a toujours des exceptions qui confirment la règle, mais je dirais au fait qu’il parle exactement de la même façon à un chef d’entreprise du CAC 40 et à un chauffeur de taxi. Avec le même respect, en étant tout autant intéressé par ce que l’autre a à lui dire ».

Elle poursuit sur celui de droite : « de manière générale, je dirais à une forme d’indifférence ou d’acceptation voire de légitimation des inégalités (…) tous ceux qui plus généralement se fichent comme d’une guigne que seuls 20% des élèves réussissent parfaitement pendant que tous les autres sont à la traîne ». Ce faisant, la ministre vise Eric Ciotti, qui dénonçait « l’égalitarisme forcené, le nivellement par le bas ». Dans le monde tel qu’elle le décrit, les personnes de gauche seraient respectueuses des autres (sous-entendu, ce n’est pas le cas des personnes de droite) quand ces dernières seraient indifférentes aux difficultés de ceux qui ont du mal à réussir. Quand on pense que la ministre a osé réduire ses critiques à des « pseudo-intellectuels », voilà une façon bien peu intellectuelle de débattre

Apprentie communicante

mercredi 20 mai 2015

Réforme du collège : le niveau baisse ? Continuons !




Continuer ce qui ne marche pas

Le plus effarant dans cette réforme finalement, c’est que ce projet prétend corriger les carences de notre système éducatif, tout en continuant dans le même sens que les réformes menées depuis 30 ans et qui ont produit la baisse de niveau que l’on constate tous les jours. Pour le baccalauréat, elle est camouflée par une baisse des exigences plus forte encore… Mais une étude du ministère montre une dégradation du niveau en mathématiques de 2008 à 2014 puisque le taux d’échec à la résolution d’un problème de CM2 est passé de 15 à 19,5% quand le taux de bons élèves passe de 18,6 à 15,3%. Et le classement PISA, même s’il a des carences, affirme aussi que le niveau des petits Français baisse.



Le projet de la ministre de l’éducation nationale reprend et amplifie toutes les réformes qui ont mené à cet échec de plus en plus patent. Comme le souligne Jean-Pierre Chevènement, elle continue de grignoter l’unicité des programmes en donnant toujours plus de latitude pour choisir ce qui est enseigné, fragmentant la République. Et alors même que le niveau baisse pour les matières classiques, on continue à développer les nouvelles formes d’apprentissages, comme les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires. Comme le note Vincent Malliet, « si les élèves s’ennuient, c’est qu’il leur a été donné un pouvoir dévastateur : celui de ne rien faire (…) depuis la loi d’orientation de 1989, dite ‘loi Jospin’ ».

Une faute de fond et de forme

mardi 19 mai 2015

Nouvelle Réforme de l’Education nationale (billet invité)

En ce jour de manifestation, vous pouvez également relire mes papiers sur le sujet :

Billet invité de Marc Rameaux, auteur de « Portrait de l’homme moderne »



Le retour à la méthode syllabique pour l’apprentissage de la lecture sera désormais obligatoire. De véritables scientifiques et non de pseudo-pédagogues ont tranché depuis longtemps sur ce sujet :

Les mathématiques seront à nouveau enseignées comme la maîtrise de concepts, non comme une série de « recettes de cuisine » à appliquer sans compréhension. La portée de généralité d’un théorème sera à nouveau expliquée, distinguée d’une série de cas particuliers.

Le programme « la main à la pâte » de Georges Charpak sera réactivé pour l’ensemble des sciences expérimentales, et étendu à la totalité des collèges.

L’histoire de France enseignera à nouveau les grandes étapes de constitution de la nation. Les origines gauloises, judéo-chrétiennes, grecques et romaines de la France seront rappelées et réaffirmées. Il sera également montré comment la connaissance de ces quatre origines est indispensable à la compréhension du patrimoine artistique, littéraire et philosophique de la France.

L’apprentissage du Latin et du Grec seront à ce titre des enseignements à part entière de l’éducation nationale.

samedi 16 mai 2015

La défense indécente de la réforme du collège

La réforme du collège portée par Najat Vallaud-Belkacem a déclenché une vive polémique. La majorité a déclenché une contre-offensive dont les principales lignes de défense ne sont pas la défense des mesures mais bien plus une caricature outrageuse de ceux qui osent s’y opposer.



Insultes et caricatures

Le débat sur la réforme du collège prend une mauvaise tournure, avec l’alliance de la droite, plus par réflexe d’opposition que par réflexion puisqu’elle prolonge ses propres réformes, ainsi que le note Natacha Polony, et d’une partie de la gauche, avec la pétition lancée par Marianne notamment (que j’ai signée et que je vous invite à signer également). De nombreux intellectuels sont montés au créneau pour en dénoncer les dangers ainsi que l’argumentation effarante de la ministre, qui y voyait un moyen pour lutter contre l’ennui des élèves à l’école. Pour sauver cette réforme, la majorité n’a plus recourt désormaisqu’à l’anathème et la caricature, se contentant d’essayer de disqualifier les opposants.

Trois lignes de front ont été ouvertes, aussi ridicules l’une que l’autre. D’abord, on instille le soupçon que les opposants seraient racistes et viseraient la ministre pour cette raison. Argument effarant pour la quasi totalité des opposants, de Marianne à Jean-Pierre Chevènement en passant par Natacha Polony. Puis, la ministre a osé qualifier les opposants de « pseudo-intellectuels ». Argument aussi effarant quand on parle de Marcel Gauchet, Jean-Paul Brighelli ou Alain Finkelkraut. Enfin quelques membres de Terra Nova et des amis ont écrit dans le Monde pour dire « Halte à l’élitisme conservateur » et ainsi sous-entendre que tout opposant refuserait de vouloir traiter l’échec scolaire par refus arriéré du progrès.

Un problème de fond et de forme

vendredi 13 mars 2015

Le contre-sens de Najat Vallaud-Belkacem sur la réforme scolaire




Des réponses totalement hors sujet

On retrouve dans les propositions de la ministre tout le gloubi-boulga pédago-mondialiste qui a fait tant de mal à un système éducatif qui était pourtant une fierté de notre pays. Il n’est plus aujourd’hui que dans le ventre mou de l’OCDE selon l’étude PISA, tout en étant devenu particulièrement inégalitaire. Au menu du ministre, parce que les collégiens s’ennuieraient au collège, la création d’enseignements pluri-disciplinaires pour donner du sens à ce qu’ils apprennent, et plus d’accompagnements personnalisés. Il est tout de même effarant que la ministre fasse de l’ennui des élèves le problème du collège alors que le niveau en lecture, en mathématiques ou en sciences n’est pas satisfaisant !

On reste dans cette logique pédagogiste selon laquelle tous les problèmes de l’éducation reposeraient sur un mauvais traitement de ces pauvres enfants, qui devraient pouvoir faire épanouir leur personnalité dans cette éducation nationale devenue un grand centre-aéré. La transmission de repères, d’une culture, d’une identité ne semble plus la priorité aujourd’hui. Il est tout de même effarant de faire de l’école le responsable de l’échec scolaire parce qu’elle serait trop dure (les notes, la discipline), ou que le sens de l’apprentissage ne serait pas donné. Par quelles monstruosités de tels raisonnements ont-ils pu s’imposer, alors même que de nombreux autres facteurs apparaissent mais sont ignorés ?

L’oubli des professeurs