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lundi 13 janvier 2020

La faillite de mai 1968, c’est aussi son apport presque nul pour la jeunesse (billet invité)


Billet invité de Rodolphe DUMOUCH, Professeur agrégé de SVT au lycée Jean-Moulin de Revin, Lycée européen situé dans la vallée de la Meuse
Depuis l’avènement du macronisme, s’achève l’ultime étape du glissement de l’héritage de mai 1968 vers le néolibéralisme autoritaire. Le retournement de ces gens-là s’est réalisé un peu comme sur un ruban de Moebius : ils sont passés de l’autre côté en restant sur la même face, ce qui explique que beaucoup de nos oligarques n’en ont même pas conscience. Certains parcours sont édifiants, comme celui de Pascal Bruckner, successivement maoïste, PSU, « nouveau philosophe », kouchnérien et partisan du bombardement de la Serbie en 1999, sarkozyste et maintenant macronien  zélateur de la retraite à 70 ans. De cette déchéance spectaculaire, on pourrait se consoler avec les quelques avancées « sociétales » dont nous aurions bénéficié. Parmi celles-ci, la soustraction des enfants et des jeunes gens à la « domination adulte ». 


Qu’en est-il ? 

Une évolution juridique freinée quand le législateur est issu de la génération des boomers

jeudi 5 novembre 2015

Le harcèlement à l’école, symptôme d’une époque

Les chiffres font froid dans le dos : un enfant sur huit serait victime de harcèlement au primaire. Les cours de récréation semblent se transformer en une loi de la jungle de plus en plus dure et cruelle, sous l’influence de plus en plus délétère des réseaux sociaux, sans sortir nos dirigeants de la passivité.



Le seigneur des mouches sur Facebook

Bien sûr, la ministre de l’éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem a déclaré vouloir lutter contre ce fléau et a mis en place aujourd’hui la première journée nationale de lutte contre le harcèlement. Mais, comme le note Le Figaro, les mesures annoncées sont bien timides, entre clips de sensibilisation et numéro vert. Bien sûr, cela vaut mieux que rien. Mais les chiffres sont quand même effrayants : 12% des enfants victimes de harcèlement au primaire, dont 5% de manière « sévère à très sévère ».  L’enfance ne devient-elle pas une forme de prison pour un enfant sur vingt au primaire, une horreur inacceptable ? La proportion diminue avec le temps, puisque 10% des adolescents en seraient victimes au collège et 3,4% au lycée, une baisse qui semble indiquer que le temps et l’âge améliorent les choses.

Où l’on voit encore une fois que les technologies modernes ont décidemment un côté obcur, puisque les réseaux sociaux, Facebook et Instagram, seraient des véhicules majeurs du harcèlement, qui ne trouverait ainsi plus de répit, même sous le toit familial. Comme le rapporte le Figaro, « via les téléphones portables, la cyberviolence toucherait environ 20% des jeunes scolarisés et le cyberharcèlement 6% d’entre eux » : entre photos publiées sans autorisation, actes de violence filmés et diffusés. Les téléphones portables et Internet semblent avoir démultiplié, autant pour le bien que pour le mal, les capacités d’action de la jeunesse, dans des cours de récréation qui semblent se rapprocher d’une forme de jungle dérégulée et donc parfois violente et cruelle, en absence de toute régulation de l’Etat.

Faut-il interdire les réseaux sociaux avant le lycée ?

vendredi 2 octobre 2015

Chômage, contrat zéro heure : l’abandon de la jeunesse




Un marché du travail toujours plus hostile

Les chiffres révélés hier rappellent la forte dégradation du marché du travail pour les jeunes : « un an après la sortie de leurs études, seulement 62% des jeunes diplômés sont embauchés. C’est dix point de moins qu’en 2010 ». Il faut néanmoins souligner une très grande disparité selon le niveau d’étude : autour de 10% pour les bac+5, contre 50% pour les sans dipôme et 28% pour les titulaires du baccalauréat. Il y a aussi de grandes différences selon les types d’études, les ingénieurs s’en tirant mieux que la moyenne par exemple. Pire, 43% des embauches se font en CDD, neuf points de plus qu’il y a un an, signe cruel de la dégradation du marché du travail pour la jeunesse. Enfin, le salaire moyen a sensiblement reculé. Bref, pour la jeunesse de France, et de bien d’autres pays, c’est toujours plus de précarité.

Et outre-Manche, la situation n’est guère plus riante, avec le développement des contrats « zéro heure », qui pourraient s’appeler les contrats « zéro droit ». Ce contrat symbolise le déséquilibre majeur du marché du travail en faveur des entreprises. Ce type de contrat ne garantit ni horaire, ni même salaire minimal. Il y en aurait un million et demi en Grande-Bretagne. Et naturellement, il n’y a pas de congés maternité ni même d’indemnités de licenciement. C’est une forme de retour à l’âge de pierre, d’avant les droits sociaux, une forme d’organisation de la société où les employés sont des mouchoirs que l’on utilise, ou pas, sans avoir la moindre protection. Ce contrat est sans doute le rêve ultime du Medef, une sorte de destination de ce que peut être concrètement la déconstruction du droit du travail.

Pas de futur pour la jeunesse

mercredi 10 juin 2015

Les enfants gagnent le droit d’être pauvres !




Toujours plus dur pour les plus jeunes

Les chiffres de l’UNICEF sont effarants : « plus de 3 millions d’enfants, soit un sur cinq, vivent sous le seuil de pauvreté, 30 000 sont sans domicile, 9 000 habitent des bidonvilles et 140 000 arrêtent l’école chaque année ». Un chiffre illustre cruellement les conséquences de la crise de ces dernières années : entre 2008 et 2012, 440 000 enfants supplémentaires ont plongé, avec leurs familles, dans la pauvreté. Les politiques d’austérité menées à partir de 2011, c’est aussi cela : plus d’enfants pauvres. Et encore, notre pays est loin d’être le plus mal loti puisque la proportion d’enfants pauvres n’a augmenté que de 3 points en quatre ans, quand elle a progressé de 8 points en Espgne et 17,5 en Grèce !

Au final, nos sociétés sont bien de plus en plus durs pour les jeunes. Non seulement un nombre croissant grandissent dans la pauvreté, mais en plus, il est toujours aussi difficile de s’intégrer une fois adulte, avec la persistance d’un taux de chômage extrêmement élevé pour les jeunes, lui aussi encore aggravé par la crise des dernières années. Et comme si cela n’était pas suffisant, l’école manque à son devoir d’apprendre les bases, comme on le voit avec l’augmentation de la part des élèves qui ne maitrisent pas les bases, que ce soit en français ou en mathématiques. Et enfin, il semble que nous évoluions vers le système étasunien, où le travail est loin de suffire pour dépasser sa condition sociale.

Des droits contestables et illusoires

vendredi 5 juin 2015

Nos sociétés qui abandonnent la jeunesse

Bien sûr, tout le monde sait que le taux de chômage des jeunes est extraordinairement élevé et qu’il représente une épreuve douloureuse pour bien des jeunes, qui affrontent une dure course d’obstacles pour s’intégrer dans la vie active. Un signe de plus d’une société qui a abandonné sa jeunesse.



Ecole garderie et adulte sans espoir



Du besoin de liberté et de la loi de la jungle