Le
rapport Gallois a rythmé tout le début de l’automne. Si
ses propositions ne sont pas révolutionnaires, son
constat n’est par inintéressant, même s’il reste partiel. Pas inintéressante
non plus la réaction du gouvernement, qui
a finalement décidé d’aller plus loin qu’envisagé au début…
Un
rapport mi-figue, mi-raisin
Tout n’est
pas à jetter dans le
rapport Gallois. Le constat, sévère, est intéressant. Il met des chiffres
sur le désastre industriel français : plus de deux millions d’empois
perdus en trente ans (dont près d’un million depuis dix ans). Il rappelle que
le solde commercial hors énergie est passé d’un excédent à un déficit de 25
milliards d’euros en dix ans, que la part de l’industrie dans la valeur ajoutée
est passée de 18% en 2000 à seulement 12,5% en 2011, contre 18,6% en Italie et
26,2% en Allemagne. Il donne une explication structurée de certains de nos
problèmes et de leurs causes.
Mieux, même
s’il ne dépasse pas les convenances du politiquement correct, il
égratigne sévèrement la politique européenne en dénonçant une « stratégie industrielle européenne
lacunaire ». Il critique le fait que « la politique de la concurrence domine toutes les politiques
européennes ». D’un point de vue commercial, il appelle à une « ouverture équitable », ce qui, en
creux, indique que l’Europe
s’ouvre sans contre-partie aujourd’hui. Enfin, il appelle à mettre « la politique monétaire extérieure au service
de la croissance » et dénonce le niveau élevé de l’euro (qu’il
dénonçait déjà en 2008).
Mais s’il
évoque rapidement les causes européennes de la crise productive française, ce
rapport semble complètement ignorer le fait qu’en Asie, en Afrique du Nord ou
en Europe de l’Est, les salaires sont cinq à dix fois plus bas qu’en France, ce
qui le principal vecteur du déficit de compétitivité de notre pays dans cette
mondialisation. Ce faisant, son constat reste très partiel. Certaines
propositions sont intéressantes, mais elles semblent un peu dérisoires pour
compenser les écarts salariaux qui existent aujourd’hui, comme
je l’avais souligné il y a une semaine ou
comme le soutient Attac.
La
suprise du gouvernement

