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vendredi 24 janvier 2014

Le français, pris en tenaille entre les langues régionales et l’anglais


Mercredi a débuté à l’Assemblée Nationale l’examen du texte destiné à permettre la ratification de la charte européenne des langues régionales. Une initiative de plus contre la nation, avec l’alliance traditionnelle entre l’Union Européenne et les régions. Un projet auquel il faut absolument s’opposer.



L’Europe et les régions alliées, contre la nation

Pas besoin d’être un complotiste paranoïaque pour mettre en parallèle les initiatives du gouvernement pour promouvoir l’usage de la langue anglaise à l’université ou à la maternelle et sa promotion des langues régionales. Tout se passe comme si, pour certaines personnes, dans le futur vers lequel il faudrait tendre, l’anglais remplacerait en partie le français dans les métropoles ouvertes sur l’international, comme Paris – direction déjà prise aujourd’hui – et si les anciennes langues régionales, qui étaient tombées en désuétude, seraient à nouveau les langues d’échange dans le reste du territoire.

C’est à croire en effet qu’une certaine élite (qui vient plutôt de la gauche, du fait de son internationalisme et de son hostilité innée vis-à-vis de la nation), le français pourrait être une option pour nos compatriotes qui vivraient alors sur un territoire dont l’unité nationale et républicaine aurait été dépecée par l’Europe et les régions. Bien sûr, les textes en cause sembleront anecdotiques par rapport à cette vision d’un futur anti-national, mais il faut bien admettre qu’ils s’inscrivent dans une tendance de long terme dont l’issue pourrait bien être la mise à mort de l’idée nationale par l’europe des régions.

Mobilisation générale

samedi 28 décembre 2013

Non à la charte européenne des langues régionales


Il y a quinze jours, en déplacement en Bretagne, le premier ministre, Jean-Marc Ayrault a annoncé la prochaine ratification de la charte européenne des langues régionales et minoritaires, promise par François Hollande. Encore un mauvais coup de cette mauvaise europe contre les Etats-nations.



Non, mais de quoi je me mêle !

Il est tout de même assez stupéfiant que personne ne se pose la question : pourquoi donc l’UE se mèle des langues régionales parlées dans les pays membres ? Selon le principe de subsidiarité, l’UE serait sensée gérer les domaines dont elle s’occuperait mieux que les Etats (principe contestable sur le fond, mais aussi la forme puisque l’UE est juge et partie). Et comment justifier qu’elle soit mieux à même de gérer la question des langues régionales ? Chaque pays a une culture différente et aussi un rapport différent à la question régionale. Par conséquent, une charte unique est totalement injustifiée.

Et comme le note bien Laurent de Boissieu dans une note détaillée et engagée sur son blog, « en réalité, cette charte a pour objet de permettre la reconnaissance de minorités (ou ‘groupes’ de locuteurs à l’intérieur des ‘territoires’ dans lesquels ces langues régionales sont pratiquées) jouissant de droits collectifs, notamment le ‘droit imprescriptible’ de pratiquer une langue régionale minoritaire non seulement dans la ‘vie privée’ (ce qui est bien entendu le cas actuellement) mais également dans la ‘vie publique’, c’est-à-dire dans les relations avec les administrations et les services publics ».

L’alliance UE – régions contre les Etats

lundi 25 novembre 2013

Contre l’invasion de l’anglais


Lentement, mais sûrement, et insidieusement, l’anglais grignote de la place dans notre vie de tous les jours. De plus en plus d’entreprises, françaises comme étrangères, utilisent des noms de marque ou des slogans en anglais. Une pratique choquante que l’Etat devrait interdire.



Do you speak English ?

Il y a quelques décennies, les films étrangers avaient souvent un nom en français. Aujourd’hui, de moins en moins de producteurs prennent cette peine. Pire, dans la communication, il semble de plus en plus courant d’utiliser l’anglais pour vendre de nouveaux produits ou services. Citroën a appelé sa boutique de vente en ligne Citroëncarstore et a traduit en anglais le nom DS, devenu Distinctive Series, de quoi faire se retourner dans sa tombe le créateur de la célèbre voiture. La nouvelle banque de BNP Paribas s’appelle HelloBank. Carrefour a enterré Champion pour le remplacer par Market.

Malheureusement, cette mode délétère est encore plus forte dans la communication publicitaire. EDF a lancé une grande campagne EDFpulse pour promouvoir ses innovations. Peugeot vend ses voitures en France sous le slogan mystérieux motion and emotion, qui ne doit pas parler à grand monde dans notre pays. Evian, qui n’avait quand même pas beaucoup d’effort à faire pour dire « vivez jeune », a préféré le slogan anglais « Live Young » pour sa nouvelle campagne. Dans les médias, ce n’est pas beaucoup plus fameux : on peut par exemple penser à la Team Toussaint d’Itélé.

Combattre la globalisation

samedi 13 juillet 2013

Bac, bourses au mérite : les mauvais signaux du gouvernement





Le baccalauréat en soldes

Chaque année ou presque, les statistiques du baccalauréat s’améliorent, presque comme par magie. On pourrait se réjouir de la hausse de niveau que cela devrait indiquer, mais personne ne le fait car tout le monde sait que cette augmentation de la réussite au bac est le fruit d’une baisse des exigences pour l’avoir. Nous devrions finir par amener 80% d’une génération au bac, mais ce sera parce que le thermomètre aura été trafiqué. Pour preuve, les études internationales PISA sur le niveau des élèves indiquent au contraire une baisse des performances des jeunes Français.

Les statistiques sont confondantes. En 1990, le taux de réussite de la filière générale était de 75%. Il atteint 92% cette année (86% pour le bac technologique et 78% pour le bac pro). En 90, 0,8% des élèves avaient la mention très bien et 5% la mention bien. Cette année, en filière générale, c’est la bagatelle de 10,5% des élèves qui ont obtenu la mention très bien ! Tout indique que les standards ont été largement abaissés pour augmenter le taux de réussite des élèves, année après année.

Bien sûr, cela n’enlève pas au baccalauréat son caractère républicain. On peut aussi juger que le taux d’échec reste (inutilement) important. Néanmoins, ce relâchement des standards pose plusieurs problèmes. Tout d’abord, on peut se demander si cela ne participe pas à une entreprise plus générale d’attaque contre le principe même du bac. Ensuite, cela envoie le signal que l’exigence de l’école est sans cesse abaissée, ce qui ne pousse sans doute pas les élèves à faire des efforts.

Un bien mauvais message

jeudi 27 juin 2013

Retour sur le débat de mardi sur France 24


Mardi, France 24 m’a invité à un débat intitulé « France – Europe : rien ne va plus » (vous pouvez cliquer sur les liens pour le voir), suite aux polémiques incessantes entre l’équipe au pouvoir et la Commission Européenne. L’occasion pour moi de revenir sur le fond du débat, comme sur la forme, et également de vous demander votre opinion.



L’eurolibéralisme mis à nu

Sur le fond, ce débat confirme tout à fait celui de Strasbourg avec Jean-Marc Sylvestre et l’administrateur de Terra Nova, à savoir que la dernière ligne de défense de ceux qui défendent cette Europe est de dire qu’il n’est pas possible de faire autrement que ce qu’ils recommandent, une curieuse vision de la démocratie, qui confirme totalement les écrits à nouveau prophétiques d’Emmanuel Todd. Virginie Martin n’a cessé de dire que nous ne pouvions pas être un ilôt, qu’il fallait que la France rentre dans le 21ème siècle, et toutes les remarques qui visent uniquement à fuir un débat redouté.

Pour appliquer les leçons du débat de Strasbourg, j’ai essayé de démonter ce discours par des faits concrets, incontestables et démontrant qu’il est parfaitement possible de faire différemment, que ce soit sur l’exception culturelle, les pneumatiques ou les panneaux solaires. J’ai également essayé de ne pas apparaîter comme un ronchon euro-critique en montrant que nous ne sommes pas toute idée d’Europe, mais uniquement contre cette mauvaise Europe, en esquissant ce que pourrait être l’alternative, une Europe des projets, s’inspirant des réussites d’Airbus et d’Ariane.

En face, le discours m’a semblé inaudible. Quand Valérie Martin appelle à baisser sa garde pour essayer d’influer sur le cours des choses par du soft power, combien de téléspectateurs peuvent être convaincus ? Idem quand la représentante de la Commission soutient son chef en affirmant que mettre l’exception culturelle dans la balance est une tactique de négociation pour mieux la préserver, cela est un peu fort de café. Elle n’a cessé de nier l’évidence en refusant d’admettre le démantèlement des services publics ou en osant dire que les plans d’austérité préservaient l’essentiel.

Ce qui était intéressant dans ce débat, comme à Strasbourg c’est que mes interlocuteurs défendaient de manière (trop ?) transparente l’agenda eurolibéral. Valérie Martin n’a pas hésité à remettre en cause les aides au cinéma ou à défendre le projet de loi Fioraso qui pourrait aux universités d’enseigner à 100% en anglais. Enfin, la seule issue proposée pour sortir de la crise consiste à couper dans les dépenses et à baisser le coût du travail (la manière politiquement correcte de parler de baisses de salaires) alors que l’on voit bien que c’est une impasse en Grèce ou en Espagne.

Comment débattre avec des euro-béats ?

mercredi 22 mai 2013

Projet Fioraso : cette gauche qui a un problème avec le français (et la France)


Le débat sur le projet de loi Fioraso arrive à l’Assemblée. Alors qu’une partie de la majorité s’y oppose, Libération a pris partie de manière bruyante sur le sujet en publiant une une en anglais, illustrant tout ce que les opposants au projet craignent avec ce projet.



Un Munich linguistique

Projettons nous dans quelques décennies. Et si 2013 n’était que la première étape vers une disparation du français ? Car non seulement le gouvernement veut libéraliser l’utilisation de l’anglais à l’université, mais il promeut l’utilisation des langues régionales par la voix de Vincent Peillon, organisant donc une double attaque contre le français. Il n’est pas très compliqué d’imaginer ce que seront les prochaines étapes de cet abandon de notre langue pour promouvoir l’anglais.

Dans quelques années, on nous expliquera que, comme en Allemagne, pour que notre recherche soit compétitive, il faut publier seulement en anglais. Du coup, mieux vaudra alors abandonner purement et simplement notre langue dans l’enseignement supérieur pour que nos chercheurs prennent l’habitude de l’anglais. Puis, pour que nos étudiants soient compétitifs en anglais, on commencera à enseigner dans cette langue au lycée. Sur plusieurs décennies, on peut imaginer un mouvement qui verrait l’anglais remplacer lentement mais sûrement le français à l’école, compétitivité oblige.

Puis, nos cinéastes pourraient également tourner de plus en plus souvent nos films en anglais, meilleur moyen pour les exporter. Devant la progression du niveau, nos médias nationaux pourraient alors passer progressivement à l’anglais, de manière à s’addresser à une plus large audience à l’international, seuls les médias régionaux conservant alors le français, à moins que les langues régionales l’y remplacent alors...  Et les multinationales, qui ne demandent rien de mieux que de limiter leurs coûts et simplifier leur logistique, seront alors ravies de pouvoir communiquer en anglais…

L’internationalisme des imbéciles

mercredi 1 mai 2013

Madame Fioraso, il faut durcir la loi Toubon, pas l’assouplir !


C’est un projet qui déchire le Parti Socialiste : la ministre de l’enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, souhaite assouplir la loi Toubon pour permettre d’augmenter la part d’enseignement en anglais dans nos universités. Un projet dangereux qui va à contre-sens de ce qu’il faut faire.



L’invasion du « globish »

La globalisation n’est pas seulement économique. Elle est aussi culturelle et s’appuie sur l’anglais. Comme le souligne Claude Hagège, « imposer sa langue, c’est imposer sa pensée ». La langue est un élément essentiel de l’identitié d’un peuple puisqu’il s’agit de son moyen de communiquer. Une langue façonne la pensée, la culture, l’identité de la personne qui la parle et plus largement de la communauté à laquelle il appartient. C’est un élément essentiel de l’identité nationale.

Et même si la France fait de la résistance contre la culture étasunienne, grâce aux lois protectionnistes de son industrie musicale et cinématographique, l’anglais ne cesse de pousser son influence dans tous les compartiments de notre vie : au travail, où certaines multinationales françaises vont même jusqu’à l’imposer dans les réunions, y compris quand elles ne rassemblent que des français, dans l’enseignement, où une proportion grandissante de cours est donnée dans la langue de Shakespeare, mais aussi dans notre vie courante, dans la publicité ou les produits que nous achetons.

Cette invasion linguistique est aussi bien véhiculée par la gauche internationaliste, qui trouve tellement pratique de pouvoir communiquer avec tous les peuples du globe, que par la droite des affaires qui y voit un moyen de faire des économies d’échelle. Le tout est défendu par une partie des élites mondialisées, pour qui l’anglais (ou plutôt, sa variante internationale, le « globish ») est devenue la deuxième langue maternelle, au point d’inscrire leurs enfants dans des écoles bilingues.

Aller plus loin que la loi Toubon