L’annonce
d’une croissance zéro a été vue comme une « douche
froide » et la
ligne de défense de Michel Sapin a suscité l’ironie généralisée dans les médias.
Pourtant, à y regarder de près, ce chiffre est loin d’être aussi mauvais qu’il
n’y paraît, à
l’inverse de la bonne surprise du premier.
Une baisse qui cache une stabilité
Bien sûr, au
premier trimestre, le
PIB a progressé de 0,7% selon les chiffres révisés, ce qui fait apparaître
la stabilité du second trimestre comme un fort retournement de tendance.
Cependant, chose
ignorée par les économistes interrogés par le
Figaro, si on exclut les variations de stocks (qui
ont contribué à hauteur de 0,3% à la croissance du premier trimestre et -0,4%
au second trimestre), il en ressort qu’hors variations de stocks, la
croissance a été stable, à 0,4% sur les deux premiers trimestres de l’année.
En clair, la bonne performance du premier trimestre venait d’un phénomène de
stockage et la contre-performance du second vient du déstockage, comme
je l’avais prévu il y a trois mois
Les
dynamiques du second trimestre sont très contrastées. L’investissement
rechute encore sensiblement, même s’il faut noter que les chiffres du premier
trimestre ont été révisés à la hausse. Le commerce extérieur contribue de
manière positive, à hauteur de 0,3%, reflétant
sans doute les bénéfices de la baisse de l’euro et du pétrole, la
croissance de la consommation étant limitée. L’acquis de croissance pour 2015
est de 0,8%. En outre, le fort mouvement de déstockage du 2ème trimestre
devrait logiquement provoquer un mouvement inverse de stockage au 3ème
trimestre (traditionnel avant les fêtes de fin d’année). La croissance devrait
donc être positive au prochain trimestre et l’objectif
atteint pour 2015.
Statistiques
et myopie










