Il y a déjà
quatre mois, je
vous remerciais déjà pour l’intérêt que vous portez au blog, qui l’avait
propulsé au 17ème rang des blog politiques recensés par Teads. La météo du blog est resté au
beau fixe, avec un mois de juillet exceptionnel (hausse de plus de 25% des
pages lues, dont le nombre a triplé depuis décembre 2014 !), et un nouveau
record avec
la 11ème place au classement des blogs politiques de Teads, deux rangs derrière Alain
Juppé, mais devant Claude Bartolone ou François Fillon. Il faut noter également
la
progression de l’Arène Nue, de Coralie Delaume, 16ème, qui atteint
aussi son meilleur classement.
jeudi 6 août 2015
Le blog gaulliste libre 11ème du classement Teads : merci à tous !
Pourquoi les théories du complot existent-elles ? – 5ème partie (billet invité)
Billet invité de Marc Rameaux, que je vous recommande
vivement, suite et fin de la
1ère partie, la 2ème
partie, la 3ème partie
et la
4ème partie. Il vient
de publier « Portrait
de l’homme moderne ».
5. Une
responsabilité accrue dans l’exercice du pouvoir
« Le pire ennemi de la connaissance n’est pas l’ignorance, mais l’illusion de la connaissance ». Il y a donc pire que l’ignorance crasse des complotistes, ce sont ceux qui se contentent de stigmatiser seulement cette partie sans l’équilibrer par une critique légitime de la société.
Cette forme de
stupidité là est plus redoutable que celle des complotistes, parce qu’elle se
pense intelligente. Elle ne voit pas son propre narcissisme qui consiste à
s’auto-décerner le beau rôle, à être aveugle aux dogmes et aux intégrismes
croissants qu’elle observe a contrario des héritages dont elle se prétend issu,
à ne montrer aucune empathie à des souffrances réelles, à se penser
au-dessus des lois dans le détournement constant qu’elle fait du bien public et
de la valeur des autres. Il ne faut montrer aucune complaisance vis-à-vis du complotisme,
notamment le réfuter pied à pied lorsqu’il appelle à la haine et la destruction
dirigées contre des boucs émissaires. Mais qui ne voit pas la trahison des
élites sans vision et sans classe comme le compagnon maudit du complotiste a
lui-même bien peu de vision, à moins qu’il ne veuille pas la voir.
mercredi 5 août 2015
Chute de la bourse chinoise : krach ou simple correction ?
Les
variations de la bourse de Shanghai occupent l’actualité économique depuis
mi-juin. Avec une baisse de 30% en moins d’un mois, cela ressemble à un
krach, qui
pourrait même peser sur l’économie mondiale. Mais une prise de recul amène
à relativiser ces hoquets venus d’Asie.
Exubérance
irrationnelle venue de l’Est
Les hoquets
de la bourse de Shanghai sont impressionnants. Cette chute de 30% en un mois
ressemble aux
krachs de 1929 ou 2008. Pas moins de 3500
milliards de dollars se sont évaporés. Mais il faut néanmoins la mettre en
perspective avec la progression des mois précédents. En effet, malgré cette
correction, sur
un an, l’indice de la bourse de Shanghai est quand même en progression de plus
de 70%, puisqu’il était à peine au-delà de 2000 points l’été dernier, avant de
dépasser le cap des 5000 points ce printemps, soit 150% de hausse en moins d’un an, avant
d’osciller entre 3373 et 4317 points en un mois, chaque
hoquet provoquant une nouvelle vague d’angoisses dans bien des médias.
Le fait que le
marché soit encore 70% plus élevé qu’il y a un an relativise la chute des
dernières semaines, une prise de bénéfice, une correction après une forte progression.
La violence de la correction n’est que le produit de la violence de la hausse
passée. A
l’exubérance irrationnelle de la hausse réplique l’exubérance irrationnelle de
la baisse. Tant que la chute reste à ce niveau, il y a peu de danger pour
l’économie chinoise, et encore moins mondiale. En outre, The
Economist rappelle aussi que la valeur des
actions échangeables ne représente qu’un tiers du PIB Chinois, contre plus de
100% dans la plupart des pays, et que les actions représentent seulement 15% du
patrimoine des ménages.
Quel
avenir pour la Chine et le monde ?
Pourquoi les théories du complot existent-elles ? – 4ème partie (billet invité)
Billet invité de Marc Rameaux, que je vous recommande
vivement, suite de la 1ère partie, de la
2ème partie,
et de la
3ème partie. Il vient
de publier « Portrait de l’homme moderne ».
4. Les comportements qui attisent les théories du complot
S’il faut moquer les théories du complot, misérables dans leur argumentation et
pathétiques, il faut aussi prendre conscience que le complotiste possède un
double, qui se pense intelligent mais l’est tout aussi peu, et qui de surcroît
porte une responsabilité importante quant à l’apparition des théories du
complot. Comme souvent dans mes écrits, ce double est un négatif
photographique : il est en apparence opposé à ce qui lui fait face, mais
est en fait son frère jumeau.
Car la vox populi ne
fera pas de détail. Les subtilités des sciences cognitives ou de la théorie des
jeux ne seront pas prises en compte : l’apparition de noyaux durs dans les
phénomènes d’intelligence collective sera perçue comme un complot : à
tort, mais avec des conséquences qui peuvent être catastrophiques pour la
société, de haines attisées, de révoltes destructrices et aveugles, voire
d’établissement de régimes totalitaires si ces révoltes prennent le dessus. Et
ceux qui sont censés avoir l’intelligence de comprendre les véritables mécanismes
en jeu sont d’autant plus coupables, plus encore que le complotiste naïf, de
les avoir laissé dériver.
Deux comportements attisent le complotisme :
mardi 4 août 2015
Ce que dit la hausse de la pauvreté en Allemagne
J’ai coutume
de décrire le choc effrayant et brutal auquel
les Grecs se sont soumis depuis plus de cinq ans. Mais en réalité, c’est
toute l’Europe qui subit un choc antisocial de force variable, comme
le révèlent les chiffres de la pauvreté en Allemagne, en progression constante
depuis 15 ans.
Le grand
appauvrissement, partout
Partout en
Europe, l’Allemagne
est présentée comme le modèle à suivre. Les partisans de ce
« modèle » soulignent ses excédents commerciaux ou son budget
équilibré. Mais de
nombreux faits contredisent cette vision superficiel de ce qui est en réalité
un faux modèle. D’abord, comme
le rapporte les Echos, la
pauvreté ne cesse de progresser, depuis 15 ans, puisque la
part de la population vivant sous le seuil de pauvreté est passée de 14 à 15,5%
depuis 2006, soit 12,5 millions de personnes. La croissance du pays laisse
sur le bord de la route un nombre grandissant de citoyens. D’ailleurs, Olivier
Berruyer a montré dans son livre le caractère profondément inégalitaire du
modèle allemand, avec une baisse des revenus de plus de 15% pour un tiers de la
population quand le dernier décile progresse.
Guillaume
Duval a également démontré dans un livre toutes les failles de ce modèle.
On pourrait aussi rappeler les analyses de Jacques Sapir ou Olivier
Passet, qui ont démontré le caractère asymétrique de ce modèle, qui repose
sur le fait que ses principaux partenaires ne suivent pas la même direction. L’Allemagne
s’enrichit au détriment de ses partenaires européens, parce qu’elle accumule
des excédents commerciaux colossaux dont la simple existence souligne le
caractère insoutenable de cette stratégie car tous les pays de l’UE ne peuvent
pas simultanément être en forts excédents commerciaux… Mais ce que révèle la
hausse de la pauvreté en Allemagne depuis 15 ans, c’est que le modèle
économique de notre Europe ne marche pas car même les résultats du meilleur
élève sont mauvais.
Des
dopants à effets provisoires
Pourquoi les théories du complot existent-elles ? – 3ème partie (billet invité)
Billet invité de Marc Rameaux, qui vient de publier « Portrait
de l’homme moderne », suite de
la
1ère partie, et de la
2ème partie
3. Synthèse des
contre-arguments aux théories du complot
Les contre-arguments
aux théories du complot apparaissent de façon claire, une fois que les éléments
précédents ont été compris :
- Les jeux d’influence sont multiples, tandis que les complotistes voient toujours la main d’un groupe unique et tout puissant derrière de soi-disant « décisions » à l’échelle mondiale. Il n’y a pas de « décision » prise à l’échelle planétaire, mais des influences opposées qui se combattent et cherchent chacune à pousser leur point de vue.
lundi 3 août 2015
Avis de tripatouillages sur les chiffres du chômage
Il y a
quelques mois, François Hollande avait décidé de lier son destin à la courbe du
chômage, après
avoir échoué à la faire reculer comme il avait promis. Curieusement, les
méthodes de comptabilisation du nombre de chômeurs sont modifiées en plein cœur
de l’été 2015…
Deux
façons de faire baisser les chiffres
Les choses
sont tout de même extrêmement troublantes, pour de nombreuses raisons. D’abord,
même
si Pôle Emploi a annoncé ce changement de méthode de manière transparente,
il le moment choisi pour le faire est extrêmement suspect : fin juillet,
alors que la France est largement en vacances, que les médias rentrent moins
facilement dans les sujets de fond. Et cela
est assez tôt avant les élections présidentielles pour que l’on ait
largement oublié cette modification au moment du vote, au printemps 2017. Mais
le choix du moment est également suspect parce qu’il intervient trois ans après
l’élection de François Hollande, et que le
chômage progresse, contrairement
à ses promesses.
Et, comme
par hasard, alors
que le nombre de chômeurs de catégorie A aurait progressé de 11 300 selon
l’ancien modèle, il ne progresse que de 1 300 avec la nouvelle façon de
compter, à 3,55 millions. Mais que penser des baisses du nombre de chômeurs
de moins de 25 ans ou de la baisse de 0,3% du nombre de chômeurs de catégorie B
et C (5,4
millions en métropole, 5,7 millions au total). Bref, devant l’échec de son
gouvernement dans la lutte contre le chômage, pourtant une de ses priorités, il
est difficile de ne pas penser que la majorité a recours à des moyens pas
complètement honnêtes pour mettre les statistiques dans une meilleure direction
qu’elles
n’iraient naturellement, sans artifice.
Modifications
forcément malhonnêtes ?
dimanche 2 août 2015
En Grèce, la troïka rançonne encore les retraités pour épargner les millionnaires
En Grèce, la
troïka se comporte comme un Robin des bois qui prend aux pauvres pour donner
aux riches. Après la
demande, d’une réduction de la contribution des entreprises bénéficiaires, elle
se bat pour limiter la contribution des millionnaires en demandant de nouvelles
coupes dans les retraites !
Protection
des millionnaires, nouvelle ponction des retraités
Mais que se
passe-t-il dans la tête de la troïka pour pousser des idées aussi
révoltantes ? D’une part, après avoir déjà obtenu une réduction de
l’effort demandé aux entreprises bénéficiaires (par
la réduction d’un tiers de la contribution supplémentaire demandée au titre de
l’Impôt sur les Sociétés), la troïka exige maintenant que « l’impôt
de solidarité soit ramené de 8% à 6% maximum pour les revenus supérieurs à 500
000 euros. Car, selon eux, le taux actuel encouragerait l’évasion fiscale ».
D’abord, il faut noter que ce sont les règles imposées par cette même troïka
qui permettent cette désertion fiscale… Ensuite, il est plus que révoltant que ceux
qui ont demandé une baisse du salaire minimum de 22% (et 32% pour les jeunes)
et de 45% de certaines retraites demandent un allègement de l’effort des
millionnaires.
Pire, la
troïka veut aussi « accélérer
la suppression des retraites anticipées ou celle d’une prime spéciale aux
faibles retraites (et) raccourcir le délai de la mise en place du départ à la
retraite à 67 ans ». En clair, baisser plus encore des retraites
dont certaines ont déjà chuté de 45%... Même le Monde souligne que « le
gouvernement grec estime qu’il lui appartient de choisir comment répartir
l’effort de l’impôt » et qu’une source de Syriza dénonce une
mesure où « on
voudrait de nouveau épargner les plus riches ». Tout ceci souligne
à nouveau le
caractère humiliant et totalitaire de la façon de faire de cette troïka avec la
Grèce, dont on se demande bien pour quelle raison elle demande à réduire la
contribution des millionnaires ou des entreprises bénéficiaires tout en
demandant plus aux simples citoyens.
Alexis
Tsipras, apprenti négociateur ?
samedi 1 août 2015
Les révélations de Moscovici sur le TAFTA
Le
ministre de l’économie qui promettait un déficit public à 3% du PIB en 2013, puis
en 2015, et que son successeur annonce désormais pour 2017, a entrepris la
promotion du
révoltant traité de libre-échange entre les Etats-Unis et l’UE. Assez
logiquement, son argumentaire manque de force.
Les bisounours
du commerce
Déjà, comme
l’avait relevé Marianne la semaine
dernière, Pierre Moscovici avait osé soutenir publiquement que « le
TAFTA est plus dans l’intérêt de l’Europe que des Etats-Unis », au
motif que le marché étasunien est moins ouvert que le marché européen. En
clair, le commissaire européen nous révèle que le bilan de décennies de
négociation d’accords de libre-échange, c’est que l’Union Européenne a bien
plus ouvert ses marchés que les Etats-Unis. Et on ne voit pas pourquoi l’UE ne
les aurait pas plus ouverts que tous les autres pays du globe, pour
qui connaît le modèle de développement des pays asiatiques, protectionnistes,
ou le
mode de fonctionnement de bien des pays d’Amérique Latine.
Voici donc un
hiérarque européen qui nous révèle que l’UE, en charge des négociations
commerciales depuis longtemps, a très mal négocié depuis des décennies et que
nos pays sont les bisounours du libre-échange, la partie du globe où presque
tout le monde peut vendre ce qu’il produit sans réciproque. Et il faudrait
faire confiance à cette même commission, qui a si mal négocié, pour la nouvelle
négociation ! D’ailleurs, Pierre Moscovici a quelque peu corrigé le tir
une semaine après, Bruxelles ayant sans doute compris les implications de son
discours, annonçant,
toujours dans une logique bisounours, que le TAFTA serait un accord
gagnant-gagnant pour l’UE et les Etats-Unis !
Le libre
échange comme religion
Pourquoi les théories du complot existent-elles ? – 2ème partie (billet invité)
Billet invité de Marc Rameaux, qui vient de publier « Portrait de l’homme moderne », suite de la
1ère partie
2. L’intelligence collective : ni bonne ni mauvaise en soi
L’intelligence collective n’est ni bonne ni mauvaise en tant que telle.
Elle permet les plus grandes réalisations comme pires associations. Les équipes
qui conçoivent et construisent un avion le font grâce à l’intelligence
collective : aucun plan directif pré-établi ne permettrait de résoudre la
complexité du problème. C’est là d’ailleurs la part de vérité de l’économie
libérale : aucune volonté consciente et planifiée ne peut résoudre
certains problèmes passé un certain seuil de complexité. Il faut s’en remettre
à une certaine part d’auto-organisation de la collectivité humaine.
Les cercles du
pouvoir, quels qu’ils soient et de tous temps, sont issus de tels réseaux de
connivence. Et avec des résultats qui peuvent être tout aussi louables que
désastreux. L’entourage de Périclès comme celui de Néron était une
« clique », une communauté humaine fondée sur des relations de
reconnaissance mutuelle et de connivence selon les « qualités »
qu’elles valorisaient. Les meilleurs gouvernements comme les mafias sont nés,
ont grandi et se sont maintenus selon les règles de tissage des réseaux
biologiques, de lois de renforcement ou d’affaiblissement des cellules qui les
constituent.
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