La séquence
qui s’est achevée est paradoxale. D’une part, le
mythe de l’irrévocabilité de la monnaie unique a été détruit par ceux qui sont
sensés la défendre. Mais de l’autre, la
Grèce, placée devant le choix de rester dans l’euro ou de mettre fin à sa
tutelle austéritaire, a choisi le premier.
Une
possibilité largement sous-estimée
En fait, les
raisons du choix de la Grèce sont complexes. Comme
je l’ai détaillé il y a une semaine, on peut y voir des raisons psychologiques
profondes, qui tiennent au rapport du pays à l’Europe, et à la proximité de
la Turquie. Et il en fallait des raisons puissantes pour
qu’une telle proportion de députés Syriza choisisse de soutenir un texte
pourtant totalement contraire aux promesses de leur récente campagne électorale
et qui était encore pire que le texte que les Grecs avaient rejeté il y a
quelques jours. Cela doit nous amener à nous interroger sur les
raisons qui font que des sociétés persistent autant dans l’erreur. Et il
sera trop facile de seulement incriminer les médias (après tout, les citoyens
savent voter contre eux) ou les mensonges du camp que nous dénonçons. Nous
avons une part de responsabilité.
Car dans
l’absolu, nous avons tous les ingrédients pour démonter leurs arguments. Le
projet européen, tel qu’il est conçu aujourd’hui, est complètement en échec. Il
ne produit ni puissance, ni croissance. Il affaiblit les démocraties, quand il
ne les nie pas. Et la monnaie unique est critiquée par la majorité des
économistes : pas
moins de 9 « prix Nobel d’économie », de gauche comme de droite, ont
dénoncé cette construction et bon nombre affirment que la solution serait la
sortie de la Grèce, notamment Krugman et Stiglitz. Et toutes les études sur
les fins d’union monétaire, fréquentes au 20ème siècle, démontrent
que le démontage d’une monnaie unique est quelque chose de parfaitement connu,
dont les troubles sont courts, et qui permettent aux pays ainsi libérés de
retrouver rapidement la croissance.
Une idée
qui en sort temporairement affaiblie









