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samedi 29 février 2020

samedi 22 avril 2017

Coralie Delaume et David Cayla décryptent la camisole européenne (1/3)

Et si cela était tout simplement le meilleur livre de décryptage de cette construction européenne ? Ce n’est pas faute d’avoir lu de nombreux livres sur le sujet depuis 25 ans. « La fin de l’Union Européenne » propose un remarquable décryptage institutionnel, économique et politique de ce monstre à qui nous avons en partie accepté de confier notre vie. Un livre hautement recommandable.



Comment l’UE oblitère nos démocraties

mercredi 8 avril 2015

Aujourd’hui en Russie, Tsipras met (enfin) la pression sur l’Europe




Les jokers chinois et russe

Coralie Delaume, dans le FigaroVox, puis sur Marianne, se demande « Et si les Grecs préparaient leur sortie de l’euro avec l’aide de… Poutine ? ». Il faut dire que le timing du Premier ministre grec est assez fort : alors qu’il doit payer demain 458 millions au FMI, il est en visite aujourd’hui en Russie, le moyen de signifier aux dirigeants européens qu’il a un plan B au cas où Bruxelles n’accède pas à ses demandes ? Sur son blog, Jacques Sapir souligne aussi l’enjeu géopolitique qui émerge sur la scène européenne. L’économiste en fait le possible « acteur du grand basculement ». Les deux pays ne cessent de souligner leurs liens et leur proximité, y compris dans la lutte contre le nazisme.

En outre, Athènes dispose également d’une carte chinoise dans son jeu. A ce titre, comme le souligne bien Coralie Delaume, la poursuite de la privatisation du port du Pirée est à double tranchant. Bien sûr, elle peut sembler contradictoire pour un parti de gauche radicale, mais elle représente aussi un geste envers la Chine puisque c’est une société chinoise qui en bénéficie. Pour elle, « Athènes a envoyé par ce biais un signal amical à la Chine, à la suite de quoi Pékin s’est empressé de racheter cent millions d’euros de bons à court terme », alors même que la BCE « avait demandé quelques jours auparavant aux banques commerciales hellènes de ne plus acheter de bons du Trésor du pays »…

Plus ferme avec l’Europe ?

dimanche 23 mars 2014

Pour Coralie Delaume, l’UE détruit l’Europe


Après sa prestation de vendredi soir aux côtés de Jacques Sapir et Emmanuel Todd, voici la seconde partie de mon compte-rendu du très bon livre de Coralie Delaume « Europe : les états désunis », qui étudie les mécanismes qui ont mené l’UE à devenir un Frankenstein politique et social.



La grande divergence européenne

Comme elle le note, à l’origine, le projet européen devait faire converger ses membres vers le haut. Mais elle constate que « de grandes divergences se font jour désormais entre ceux qui obtenpèrent parce qu’ils croient n’avoir pas le choix, et ceux qui s’accomodent de la situation parce qu’ils considèrent qu’elle leur est utile, ou, du moins, qu’elle le fut longtemps ». La divergence se lit aussi dans l’évolution du chômage ou de la dette depuis 2007. Les pays du sud de l’eurozone sont les « damnés de l’intégration européenne » car les « plans d’aide » sont des exercices de « répression économique » qui ont mené à une « tiermondialisation de la Grèce ». En même temps, elle note le paradoxe qu’il y a eu à prêter de l’argent à l’Irlande tout en lui laissant conserver son statut de parasite fiscal.

L’auteur note également que même la paix continentale se fissure. Une partie de l’Europe dénonce la fainéantise supposée des pays du Sud. Ce constat indigent a mené à des solutions indigentes, ces plans d’appauvrissement, d’humiliation et de ressentiment. Et tandis que le Bild propose à la Grèce de vendre ses îles, les manifestants défilent en grimant Angela Merkel en Hitler... Dans ce contexte, quand l’UE obtient le prix Nobel de la paix, « on hésite, décidemment, entre l’incrédulité muette et le rire jaune ». Il faut de l’« aveuglement » ou de la « démence » pour croire qu’une « Europe saine puisse se construire ainsi ». En outre, l’auteur constate justement que l’UE a choisi d’aider les banques (les créanciers étant les véritables bénéficiaires des plans) contre les peuples, mis à l’eau et au pain sec.

L’Allemagne, hégémon réticent

samedi 22 mars 2014

Les états désunis, ou la mise à nu du projet européen


Le lancement de son blog, « L’arène nue », il y a trois ans environ avait rapidement connu un grand succès. Gageons que son premier livre « Europe : les états désunis », devrait rapidement connaître le même destin, en s’appuyant sur une grande qualité d’écriture, tant sur le fond que la forme.



Un livre très recommandable

Le livre de Coralie Delaume est extrêmenent recommandable, comme l’a longuement expliqué Jacques Sapir sur son blog dans une note spécifique sur le livre, pour de nombreuses raisons. D’un point de vue de la forme, on retrouve sa plume alerte, mordante, drôle et dynamique. L’autre intérêt majeur de ce livre vient de son positionnement politique original. Si on sent une personne plutôt engagée à gauche étant données ses références, Coralie Delaume n’est pas une partisane sectaire qui aurait coupé le monde en bons et méchants. Elle abreuve ses réflexions à toutes les sources, ce qui donne un aspect moins subjectif à sa réflexion. En outre, même ce livre la range parmi ceux que l’on appelle bien improprement les eurosceptiques, il est écrit d’une manière assez neutre et factuelle.

C’est le livre d’une citoyenne qui semble croire à l’idée d’une coopération entre les nations européennes, qui pourrait mener à de belles choses, mais qui constate, en prenant du recul que ce qui aurait pu être un beau projet est devenu un monstre. Ce livre est le moyen de se demander pourquoi nous en sommes arrivés là et de décrire tous les travers de cette Europe, qui a fini par désunir les Etats. Ce livre nous épargne donc les envolées lyriques déconnectées de la réalité et de moins en moins audibles des missionnaires de cette construction européenne. Mais il épargne également la critique un peu rancie, donneuse de leçon ou parfois délirantes de certains critiques du projet européen.

Il s’agit en fait d’un récit des dernières années s’appuyant sur les déclarations des uns et des autres, ainsi que sur de nombreuses études, visant à comparer concrètement les promesses de ce projet européen avec la réalité de ce qui s’est passé depuis des années. Et cette enquête se révèle, assez logiquement, impitoyable pour le projet européen, soulignant ses immenses et répétées carences démocratiques et sociales, dans un constat partagé par de nombreux analystes alternatifs. La qualité de ce livre a valu à l’auteur une invitation dans l’émission de Frédéric Taddéï hier soir.

Regarder la vérité en face

samedi 22 février 2020

Coralie Delaume clarifie nos relations avec l’Allemagne (2/3) : le grand malaise allemand

Pendant longtemps, beaucoup de média se contentaient de sa seule balance commerciale pour juger de l’état de l’Allemagne. Depuis la parution de « Made in Germany », de Guillaume Duval, début 2013, les jugements se font parfois plus nuancés, ce qui est confirmé par la crise politique du pays. Dans ce livre, Coralie Delaume propose une analyse extrêmement riche, qui permet de comprendre le grand malaise allemand si important pour nos relations avec ce pays.




Un éloignement progressif du projet européen


samedi 15 février 2020

Coralie Delaume clarifie nos relations avec l’Allemagne (1/3) : une amitié devenue vassalisation


C’est un livre majeur que je recommande vivement pour sa capacité à étudier tous les aspects de la relation franco-allemande, improprement qualifiée de « couple ». Coralie Delaume réunit tous les points de vue, français, allemand, ou d’autres pays, économique, politique ou plus historique, dont je ne donnerai qu’un échantillon, pour dresser un portrait particulièrement nuancé, détaillé et passionant de notre relation avec notre voisin. Un livre de référence pour mieux comprendre ces trois dernières décennies.





Ascension involontaire et soumission fascinée



mardi 14 novembre 2017

mardi 8 avril 2014

Faut-il faire sauter Bruxelles ?


Cette question est posée par François Ruffin, journaliste pour France Inter, le Monde diplomatique et les éditions Fakir, qui rejoint la cohorte grandissante des déçus de l’Union Européenne. Un livre coup de poing qui est un complément idéal au livre de Coralie Delaume, « les Etats désunis ».


Enquête au cœur de l’euroland

Dans « Les états désunis », Coralie Delaume propose une analyse impitoyable, structurée et accessible de la dérive de la construction européenne, qui a abouti aujourd’hui à ce qu’elle détruise les pays européens. Ici, François Ruffin propose un livre très complémentaire et recommandable. L’écriture, très nerveuse et dynamique, donne presque l’impression de regarder un reportage vidéo tourné en une seule fois, où le journaliste nous ferait plonger dans son enquête sur les dessous de l’Union Européenne. Comme le disait bien RST dans son analyse du livre parue il y a 2 mois, « Ruffin donne une dimension physique, matérielle à cette Europe qui reste la plupart du temps une abstraction ».

Ce livre court, mais riche, propose six séquences tout aussi effarantes l’une que l’autre. Il commence par une anecdote extrêmement révélatrice, l’existence, au parlement européen, d’une plaque « gravant dans le marbre l’amitié entre les lobbies et les députés ». Il poursuit en dénonçant la réforme de la finance, pilotée par un comité tellement lié aux grandes banques que les Etats-Unis craignaient une concurrence déloyale ! Suit une analyse des politiques antisociales promues par Jacques Delors. Il dénonce ensuite l’illusion de la montée en gamme en prenant l’exemple du textile belge, qui a perdu deux tiers de ses salariés en 30 ans… Enfin, il fait le parallèle entre la hausse des échanges et celle du chômage.

Oui, il faut faire sauter l’UE

lundi 18 juin 2018

dimanche 23 avril 2017

mercredi 15 juillet 2015

En finir avec les lieux communs sur la crise grecque (en vérité de l’euro) (billet invité)

Billet invité de l’œil de Brutus.



Ces derniers jours encore plus que les précédents (et peut-être moins que ceux qui arrivent), que n’a-t-on entendu de sottises dans les différents canaux médiatiques, tant de par les politiciens bien souvent idéologisés (mais pas toujours : l’idéologie sait être un paravent bien utile) que de par quelques (pseudos) journalistes laissant leur sens de l’analyse et de la critique à peu près au même niveau qu’une Marie-Antoinette prescrivant la brioche comme placebo à la faim du petit peuple.

Nonobstant ce qui semble bien être une capitulation en rase campagne[i] d’Alexis Tsipras face à la tyrannie eurocratique personnalisée par les Juncker, Schultz, Monti , Schäuble et autres Dijsselbloem, le présent billet a donc pour objet de tordre le cou à ces quelques canards boiteux qui hantent rédactions, ministères et « institutions » et dont l’équipement cérébral est de qualité proportionnellement inverse aux décibels émanant de leurs frustres gosiers.

1/ « Les Grecs sont des fainéants qui ne payent pas d’impôts ».

dimanche 29 janvier 2017

Chevènement, Delaume, Cayla, Desgouilles, Guilluy, Polony, Devecchio : tous à vos librairie !


Alors que les débats des primaires ont été navrants de conformisme eurolibéral, du côté des Républicains comme de la gauche, heureusement, la scène intellectuelle est bien réjouissante, comme l’illustre les livres qui sont sur mon chevet en ce moment. Le dernier arrivé, c’est « Dérapage », de David Desgouilles, un roman sacrément réussi qui a le grand mérite de nourrir la réflexion sur les travers de notre époque, d’une manière subitle, mais pas moins efficace. Il me tarde de lire « Les nouveaux enfants du siècle », d’Alexandre Devecchio, sur la polarisation politique de la jeunesse, tout comme « Le crépuscule de la France d’en haut » de Christophe Guilluy, un intellectuel qui compte.


Il me tarde tout autant de lire le dernier livre de Jean-Pierre Chevènement, « Un défi de civilisation », celui qui reste, avec Philippe Séguin, mes premiers guides politiques, lors des débats sur l’autre politique, ainsi que sur le traité de Maastricht, au début des années 1990. « La fin de l’Union Européenne », de Coralie Delaume et David Cayla est un livre terriblement actuel, très apprécié par Jacques Sapir et le blog Le vent se lève, que je ne manquerai pas de dévorer, tout comme « Bienvenue dans le pire des mondes », du comité Orwell et Natacha Polony. A bientôt sur le blog !

samedi 7 février 2015

Grèce : pourquoi Obama appuie-t-il Syriza ?




Du bon sens économique

Comme le rapporte le Figaro, la troïka « demande à Athènes un surplus budgétaire (hors charge de la dette) allant jusqu’à 4,5% du PIB, au prix de lourds sacrifices sociaux ». Usant d’une belle image, Paul Krugman, « prix Nobel d’économie » 2008, dit que c’est vouloir « tirer du sang à une pierre ». Même le FMI dit que « maintenir un surplus de 4% du PIB pendant quelques années pourrait se révéler difficile ». Le 22 janvier, plusieurs économistes, dont Stiglitz et Pissarides, également « Nobel », ont demandé « une réduction de la dette, en particulier bilatérale, un moratoire sur le paiement des intérêts et un montant significatif d’argent » pour financer de grands investissements et d’importantes réformes.

Tout ceci montre peut être que la distance permet de mieux comprendre la folie des politiques menées en Grèce, que nous avions été plusieurs à dénoncer dès 2010, sans être écoutés malheureusement. Au final, ces politiques étaient aussi inhumaines que folles et il serait aberrant de les poursuivre. Le problème est que, pas illogiquement, les pays créditeurs renâclent à accepter une réduction de la dette grecque. Le système de la monnaie unique européenne dresse les pays les uns contre les autres. En conscience, je pense qu’il faudrait accorder une remise à la Grèce, d’autant plus que je crois que la banque centrale doit être sous le contrôle de l’Etat et pourrait donc éponger cette « perte ».

Un souci plus géopolitique ?

lundi 27 septembre 2021

Les Allemands disent-ils véritablement merci à Merkel ?

Bien sûr, après 16 ans au pouvoir, Angela Merkel restera une figure de la vie politique allemande et même européenne. Mais alors que la plupart des média français dressent les louanges de la chancelière qui va partir à la retraite, en ne retenant souvent que ces choix qu’ils jugent positifs, les résultats électoraux ou plus généralement l’état du pays, poussent à fortement nuancer. Son parti n’est-il pas passé de près de 42% des voix en 2013, à 33% en 2017 et seulement 24% cette année ?

 


Une politique au service de l’oligarchie allemande