lundi 13 janvier 2014

Une pensée pour Valérie T


Je ne souhaitais pas me prononcer sur « l’affaire » dont tout le monde parle depuis vendredi. Je ne pense pas que la démocratie gagne à cet étalage de la vie privée des hommes et des femmes publiques. Mais les derniers évènements de la journée d’hier m’ont fait changer d’avis.



Le prix d’une révélation

Bien sûr, on peut estimer que parce que le président de la République a une compagne logée à l’Elysée et une équipe financée par le contribuable, sa vie privée nous regarde. C’est la thèse qu’a (bien) défendue Périco Légasse sur Marianne. Cependant, la révélation de l’hospitalisation de Valérie Trierweiler vendredi hier après-midi doit nous amener à considérer toutes les conséquences de cette exposition de la vie privée de la classe politique. Quelle est la frontière entre le souci de transparence et le voyeurisme ? Déjà, on pouvait se poser des questions quand tous les membres du gouvernement avaient été amenés à dévoiler leur patrimoine, dont se sont emparés les médias et les humoristes, parfois avec une gourmandise et des commentaires bien peu décents.

Cette révélation a quatre conséquences. D’abord, elle a fait vendre du papier. Ensuite, on peut se demander s’il n’a pas fait sauter plus encore les barrières de protection de la vie privée des politiques. Ceci est gênant car du moment qu’un journal se le permet, tous les autres suivent. Troisièmement, cela complique sérieusement la conférence de rentrée du président de la République, prévue mardi. Ici, cela devient plus grave car cela ridiculise notre démocratie, entrave le fonctionnement de la présidence et on peut légitimement se demander si cela en vaut le prix, même si Closer n’est pas responsable à 100%, puisqu’il ne fait que rapporter ce qui n’était pas rapporté avant.

Mais surtout, cette révélation fait des victimes collatérales, au premier rang desquelles Valérie Trierweiler. Cela vaut-il le coup de mettre en danger sa santé pour exposer la vie privée de son compagnon, même s’il est président et qu’en se comportant ainsi, il a pris le risque d’exposer de la sorte sa compagne officielle ? Aujourd’hui, je ne le pense pas. Personne ne peut sans doute imaginer la souffrance qu’éprouve Valérie Trierweiler (et par ricochet ses proches) du fait de l’exposition à la terre entière de cette affaire. Ce que Closer lui a fait est inhumain et j’espère qu’elle sera bien entourée pour traverser cette douloureuse épreuve. C’est pour cela aussi que j’ai souhaité écrire, pour lui dire tout mon soutien.

Quelles leçons en tirer ?


dimanche 12 janvier 2014

Des anti-systèmes et de leurs critiques


La polémique sur les représentations de Dieudonné s’est terminée par une victoire à la Pyrrhus de Manuel Valls, avec la décision du Conseil d’Etat et l’impression d’une censure excessive, malgré la toxicité des propos du polémiste. Au final, dans ce débat, beaucoup semblent raccrocher leur cerveau.

Ennemis publics : quand la presse dérape


Contrairement à Politis, qui garde la raison, Le Nouvel Obs vient de faire une couverture absolument ridicule mettant sur le même plan Soral, Dieudonnée et… Zemmour ! Pour une fois, je suis d’accord avec Elisabeth Lévy, de Causeur, qui propose, dans un papier mesuré et bien argumenté : « fini de rire, si on pensait ». Il est absurde et même dangereux de mettre Zemmour sur le même plan que les deux autres. Si le journaliste de RTL a des idées très conservatrices, il ne verse pas dans l’antisémitisme ou la xénophobie. En assimilant droite conservatrice et extrême, le Nouvel Obs banalise (malgré lui ?) les extrêmes. Il est pourtant essentiel de bien les distinguer pour se protéger des extrêmes.


C’est un peu la suite logique du dossier du Point sur les « néo-cons », qui mélangeait, dans un gloubi-boulga indigeste, Chevènement, Le Pen, Montebourg, Guaino ou Rioufol. Le procédé est doublement malhonnête. Tout d’abord, le Point a repris un terme qui désignait un autre courant politique, celui des néoconservateurs étasuniens, personnifiés par Georges Bush ou Dick Cheney et leur vision impérialiste et interventionniste des Etats-Unis dans le monde… à laquelle une partie de ces « néocons » à la française s’étaient opposés ! En outre, si un rejet de la mondialisation et de l’Union Européenne les rassemble, il faut noter que Guaino et Montebourg servent des personnes qui ont construit cette Europe !

On retrouve beaucoup d’excès aujourd’hui avec le traitement de l’affaire Dieudonné. On peut, comme Jack Dion dans Marianne, suspecter que la vendetta de Manuel Valls avait une arrière-pensée politicienne. Bien sûr, il a gagné mais on peut juger que sa victoire est une victoire à la Pyrrhus, qu’il a fait une une publicité terrible à Dieudonné, que ce dernier est renforcé dans sa posture victimaire d’autant plus qu’il a fallu que le Conseil d’Etat casse une autre décision de justice, sur des motifs qui peuvent sembler exagérés. Il vallait sans doute mieux le laisser faire ses représentations, (et le sanctionner en cas de propos répréhensibles). Sur ce sujet, on peut lire le très bon papier de Maître Eolas.

Les délires de certains critiques du système

samedi 11 janvier 2014

La stratégie de François Hollande pour 2017


On sous-estime toujours François Hollande. Et pourtant, sa victoire aux primaires puis à la présidentielle indiquent qu’il ne doit pas être pris à la légère (DSK était loin d’être sûr de gagner). La fin de l’année 2013 laisse entrevoir la possible stratégie du président pour être réélu en 2017.



Virage à droite et anti-racisme surjoué

Le « hollandisme révolutionnaire » est sans doute bien mort et enterré. Je n’y avais jamais cru, et les vœux du 31 décembre 2013 ont confirmé l’orientation eurolibérale de la majorité actuelle, au grand dam d’une partie de la gauche, qui espérait encore. Mais quand on ajoute à cela l’agitation de Manuel Valls sur Dieudonné, se dessine en creux la stratégie de François Hollande pour essayer de l’emporter en 2017. Si je pense qu’elle va dans la mauvaise direction et la trouve politicienne, il faut néanmoins reconnaître qu’elle a une cohérence et que le président a désormais un cap politicien.

Les deux faces du hollandisme seraient donc l’eurolibéralisme (la combinaison d’un discours à dominante libérale, où le social est seulement une posture, et favorable à toute intégration européenne, fût-elle sous domination allemande, austéritaire ou néolibérale) et un anti-racisme surjoué, quitte à attiser les tensions de notre société. C’est sans doute pour cette raison que la majorité en fait des tonnes sur l’affaire Dieudonné, depuis des semaines et que la lutte contre le racisme a été donnée comme une priorité de l’année le 31 décembre, en oubliant paradoxalement la question de l’insécurité.

En fait, François Hollande cherche à réaliser une triangulation assez machiavélique. En assumant un cap politique eurolibéral, il met en difficulté l’UMP, comme le note Sarkofrance, coincée entre un demi-soutien (le « chiche » que tous ses dirigeants avaient à la bouche avant les vœux de Jean-François Copé) ou un cap plus libéral, que semble préparer ce dernier, qui pourrait placer le mouvement trop loin du centre de gravité politique du pays. Et l’hystérisation du débat sur l’anti-racisme, après celui sur le mariage, peut imposer à l’UMP de choisir entre la position du FN ou le soutien à celle de la majorité…

Quel destin : Mitterrand ou Jospin ?

vendredi 10 janvier 2014

La SNCM, double victime de l’Union Européenne


Dans une logique néolibérale myope, les salariés de la SNCM ne seraient que des privilégiés qui feraient grève pour défendre des avantages acquis injustifiés. Mais quand on se penche sur le sujet, on constate que cette présentation des choses ne résiste vraiment à l’analyse.



Une demande irréaliste de la Commission

A la base des problèmes actuels à la SNCM, il y a la plainte de Corsica Ferries, l’opérateur à bas prix franco-suisse qui navigue sous pavillon italien, à la Commission Européenne. Comme le rapportait le Monde en octobre, Bruxelles a d’abord exigé que la compagnie rembourse à l’Etat français 220 millions d’euros d’aides publiques versées à la compagnie de 2007 à 2013, dont l’objectif est de renforcer la rotation des navires durant l’été. Pour mémoire, le chiffre d’affaire de la SNCM était de 300 millions d’euros en 2012, pour une perte de 12 millions. Bref, cette demande revient à l’acculer à la faillite.

Pire, la Commission a également remis en cause, pour un montant équivalent, des aides touchées de 2002 à 2006, alors même, comme le rapporte le Monde, qu’elle avait donné son accord à cette subvention en 2008. Malheureusement, « le tribunal de première instance de l’UE a annulé cette autorisation en septembre 2012, sur plainte, une nouvelle fois, de Corsica Ferries ». Du coup, la SNCM se voit demander 440 millions, un an et demi de chiffre d’affaire. Elle vient de répliquer en affirmant que « Corsica Ferries, en dévoyant le système de l’aide sociale aux passagers, a touché illégalement 180 millions d’aides depuis 2002 » et demande que son concurrent justifie le versement de ces aides !

Une concurrence déloyale

jeudi 9 janvier 2014

De Dieudonné, de Manuel Valls et de la liberté d’expression


Depuis que la polémique a éclaté, je ne souhaitais pas parler de Dieudonné car en parler revient aussi à lui faire de la publicité. Mais au point atteint aujourd’hui, j’ai l’impression que cela a moins d’importance et que ne pas prendre position peut ne pas être compris. C’est donc ce que je fais aujourd’hui.



L’antisémitisme version 2014

Si j’ai tenu des propos assez durs contre l’Etat d’Israël (que je maintiens), en revanche, je condamne toute forme de racisme et donc l’antisémitisme. Même s’il soutient le contraire, Dieudonné tombe clairement dans l’antisémitisme, ce que montrent ce papier du Monde rapportant des propos tenus dans son spectacle « Moi, niveau président, je me suis arrêté à Pétain, je l’aimais bien, au moins il voyait où ça foire (…) Quand je l’entends parler, Patrick Cohen, je me dis, tu vois, les chambres à gaz… », sa chanson Shoananas, chantée avec un écrivain révisionniste, ou encore ses nombreuses condamnations.

Le blogueur Descartes a fait un papier intéressant qui dissèque pourquoi le cas Dieudonné a sans doute pris une telle ampleur médiatique. Il a bien raison de pointer la paranoïa qui peut pousser les hommes à de tels extrêmes. Le succès de Dieudonné a des raisons complexes. Outre un certain talent, le concert des critiques d’une élite trop souvent bien pensante peut le renforcer en le plaçant dans une posture victimaire et en justifiant a posteriori son positionnement anti-système (tout en utilisant toutes les ficelles de ce système pour gagner beaucoup d’argent et échapper au fisc, d’une manière très libertaire).

Son habileté consiste à mélanger anti-système et antisémitisme, comme avec la fameuse quenelle, dont on ne m’ôtera pas de l’idée qu’elle comprend une référence implicite et donc extrêmement choquante au salut nazi, même si tous ceux qui la font sont loin d’être néo-nazis. Enfin, pour reprendre l’analyse de Galaad Wilgos sur son blog, on peut aussi y voir le fruit de la désertion idéologique d’une grande partie de la gauche devant la question de la montée des inégalités ou de l’insécurité culturelle face à une extrême-droite polymorphe et opportuniste, qui n’hésite pas à recylcer ses références.

Arrières pensées politiques

mercredi 8 janvier 2014

Goodyear, Newsweek : la fracture franco-étasunienne


En quelques jours, l’actualité a fourni deux nouveaux épisodes de tension avec les Etats-Unis : l’article  stupéfiant de bêtise de Newsweek sur la France, qui a fait un tollé, et le conflit dans l’usine Goodyear, où deux cadres dirigeants ont été séquestrés, qui a suscité des critiques outre-Atlantique.



Goodyear, ou le refus de la loi du plus fort

Bien sûr, aux Etats-Unis, le principe de salariés qui retiennent en otage des dirigeants semble étrange. C’est ce qui explique la réaction outrée du patron de Titan, une entreprise pourtant censée être candidat à une reprise partielle de l’usine : « aux Etats-Unis, on appellerait ça un kidnapping. Ces gens seraient arrêtés et poursuivis. C’est un crime très sérieux, vous risquez la prison à vie. Mais en France, votre gouvernement ne fait rien, ça paraît fou ». En effet, outre-Atlantique, il y un respect du plus fort et du cadre législatif qui fait que ce genre d’actions renforce l’image d’une France aux racines rouges…

Sans pour autant justifier cette séquestration, on aimerait que le patron de Titan songe également à la violence que représente la fermeture d’un site industriel pour les salariés, qui perdent leur emploi, dans un contexte de chômage de masse où il leur sera difficile d’en retrouver. Cela est d’autant plus rageant que Goodyear fait des profits, même s’il perd de l’argent à Amiens, ce qui est logique après avoir divisé par 7 la production, en partie pour s’adapter à l’envolée des importations venues de Chine, dont l’Europe ne se protège, contrairement aux Etats-Unis, comme je le rapportai il y a un an.

La chute de Newsweek

mardi 7 janvier 2014

Nouveaux partis, anciennes idées ?


Depuis quelques mois fleurissent de nouveaux partis politiques, les deux plus connus étant Nouvelle Donne, notamment fondé par des dissidents du Parti Socialiste ou Nous Citoyens, le parti lancé par Denis Payre, ancien patron de Business Objects. Mais qu’apportent-ils vraiment au débat ?



Denis Payre, enfant des années 1980

Partout en Europe de nouveaux partis parviennent à convaincre les électeurs. Il n’était donc qu’une question de temps pour que de nouveaux partis émergent en France, étant donné le niveau de discrédit de la classe politique, FN compris. Discrédit que Christian Salmon explique bien dans les Inrocks en affirmant que « l’homme politique est peut-être en train de disparaître ».

Denis Payre a bénéficié d’une couverture médiatique hallucinante malgré son inexpérience. Notamment, il est assez choquant qu’il ait participé à Des Paroles et Des Actes avec Arnaud Montebourg, soit une exposition de plus d’une demi-heure, quand Nicolas Dupont-Aignan, pourtant 7ème candidat à l’élection présidentielle en 2012 n’y a pas accès depuis près de deux ans…

Pire, son message est d’une banalité confondante, entre soupe néolibérale dénonçant la dépense publique sans la moindre prise de recul et adhésion sans réserve à un projet européen pourtant en faillite depuis 2010. C’est sans doute ce qui lui ouvre les portes. Malgré tout, Il est incroyable de lancer un parti politique avec un discours libéral aussi simpliste alors que la crise de 2008 a démontré toutes les carences du laisser-faire, comme on le voit dans ce débat croisé entre lui et Marine Le Pen dans les Echos. En outre, la droitisation de l’UMP en matière économique réduit son espace politique.

Nouvelle Donne au milieu du gué

lundi 6 janvier 2014

Italie, Lettonie : ces peuples qui rejettent l’euro


Les partisans de l’UE se sont réjouis de l’arrivée de la Lettonie comme 18ème membre de la zone euro. Mais tout ceci ressemble à une machine folle qui s’emballe quand on sait que 60% de la population y était opposée. Cela craque aussi en Italie, où une majorité souhaite désormais le retour de la lire.


Le scandale letton

Certes, en liant sa monnaie à l’euro, le gouvernement avait de facto déjà abandonné toute souveraineté monétaire, expérimentant avant la Grèce l’horreur des politiques d’ajustements structurelles où l’on fait baisser les salaires plutôt que la monnaie pour regagner en compétitivité. Mais cela avait été un tout petit peu moins violent qu’en Grèce dans la mesure où le pays avait connu une très forte croissance dans les années précédentes. Mais l’abandon du lats et le passage à l’euro au 1er janvier se sont faits d’une manière particulièrement choquante d’un point de vue démocratique.

En effet, comme cela était rapporté en juillet 2013, le gouvernement a refusé un référendum à son peuple sur le passage à la monnaie unique européenne ! Il est tout de même assez culotté de la part d’un Etat d’abandonner la monnaie nationale sans demander l’avis de sa population, qui n’était alors que 38% à le souhaiter. Le ministre des finances espérait que ce chiffre progresserait d’ici la fin de l’année. Mais les nouveaux sondages montrent l’exact inverse puisque seulement 20% des lettons se réjouissent de ce choix aujourd’hui et 60% ne s’en réjouissent. L’UE et la démocratie, cela fait 2.

En Italie, le divorce avec l’idée européenne progresse

dimanche 5 janvier 2014

Faut-il mettre en place un revenu de base ?


C’est une idée qui commence à faire parler d’elle dans la Tribune et sur le site de France TV en novembre, puis dans le Monde en décembre : l’instauration d’une allocation universelle pour tous les citoyens, sans la moindre contre-partie. Petite revue des arguments sur cette proposition iconoclaste.



Vers une société décente ?

C’est un militant de DLR qui m’avait alerté sur le sujet il y a près de deux ans, à partir d’une vidéo suisse (cette années, les Suisses se prononceront sur le sujet). Si on oublie la forme de la vidéo, qui semble venir d’une secte, sur le fond, elle pose de bonnes questions. En effet, la mise en place en place d’un revenu de base permettrait de mettre fin à la pauvreté, objectif que l’on pourrait qualifier de prioritaire dans des sociétés brassant autant d’argent. En outre, cela apporterait une forme de sécurité à tous les citoyens, qui rendrait la société moins dure et donc plus humaine. Une société décente.

Certains points techniques évoqués dans la vidéo sont intéressants, que ce soit sur la TVA, qui permet de taxer les importations, ou le fait que notre système fiscal pèse trop sur le travail des hommes. Néanmoins, l’absence de chiffrage précis du projet surprend dans la vidéo, d’autant plus qu’en Suisse, les promoteurs du projet réclament pas moins de 1900 euros par adulte et 500 euros par enfant ! Selon France TV, cela correspond à 950 et 300 euros en France, soit un peu plus de 600 milliards d’euro, 30% du PIB ! En outre, se pose la question de l’effet sur le marché du travail : n’y aurait-il pas le risque qu’une part trop importante de la population cesse de travail, ne permettant pas de la financer ?

Bien sûr, on peut répondre que la liberté et la sécurité des citoyens sont plus importantes, ce qui n’est pas faux. On peut aussi penser que le marché du travail s’adapterait en imposant de payer davantage pour les métiers les plus pénibles, ce qui ne semble pas injuste, permettant alors une mécanisation plus importante. D’ailleurs, comme le souligne la vidéo suisse, la progression de l’automatisation des tâches doit être prise en compte. Enfin, on peut également souligner que les individus garderaient un intérêt à travailler pour avoir une source complémentaire de revenus et augmenter leur pouvoir d’achat.

Un projet aux multiples visages

samedi 4 janvier 2014

L’indéfendable ouverture du marché du travail européen aux roumains et bulgares


Jeudi soir, j’étais invité sur France 24 pour débattre de l’ouverture à la Roumanie et à la Bulgarie du marché du travail de l’Union Européenne. L’occasion de constater à quel point les défenseurs de cette ouverture manquent cruellement d’arguments pour la justifier auprès des citoyens.



Une ouverture indéfendable ?

C’est l’impression avec laquelle je suis sorti de ce débat avec mes contradicteurs. Aucun des arguments qu’ils ont pu avancer ne m’a semblé bien tenir la route. Yves Pascouau, du Centre Politique Européen a avancé la démographie pour justifier l’ouverture des frontières, comme la commissaire européenne en 2012. Mais cet argument ne tient pas une seconde. S’il peut être envisagé pour un pays comme l’Allemagne, où la population recule et où le taux de chômage officiel est relativement faible, il est absurde pour la France, où la population augmente et où le taux de chômage est au plus haut.

Ce faisant, cela démontre également qu’il est absurde d’avoir une politique européenne unique pour les questions migratoires étant donnée la très grande diversité des pays européens. Chaque pays doit avoir une politique spécifique, et par conséquent, des frontières nationales pour le permettre… Ensuite, mes contradicteurs ont affirmé que l’afflux de travailleurs roumains et bulgares serait limité, mais The Economist, qui soutient cette ouverture, a rappellé que les quelques dizaines de milliers de polonais qui étaient attendus ont finalement été un demi-million à venir en Grande-Bretagne.



D’ailleurs, l’explosion du nombre de travailleurs détachés ou de la délinquance de ressortissants d’Europe de l’Est (une récente étude affirme que près de 10% des vols en France sont le fait de personnes d’origine roumaine ou des Balkans) contredisent ce discours angélique. Bien sûr, une majorité des immigrés est sans doute animée des meilleures intentions, mais le contexte actuel rend difficile leur intégration au marché du travail. Et cette ouverture anarchique profite également aux délinquants et au tourisme social. Enfin, s’il y a un manque de travailleurs dans certaines professions, la solution la plus logique, avec cinq millions de chômeurs, est quand même d’améliorer l’orientation et la formation.

Toujours plus d’harmonisation par le bas