Il faut
décidemment remercier la Tribune pour
ses articles de fond. Récemment, le
quotidien économique a expliqué par le menu les pratiques de Uber pour éviter
de payer des impôts. Un compte-rendu qui montre que décidemment rien
n’a changé dans le domaine de la désertion fiscale.
Tour de
passe-passe fiscal
Outre le fait
de mener une concurrence fondamentalement déloyale à l’égard des taxis, et
avoir baissé de 20% la rémunération de ses pauvres chauffeurs pour écraser
la concurrence parisienne, Uber
se distingue aussi par sa créativité fiscale. Uber a adopté un montage
proche de Google, la
création de deux sociétés en Irlande (et son taux d’imposition sur les
bénéfices de 12,5% et un régime fiscal sur la propriété intellectuelle
particulièrement favorable) et une autre en Hollande, dit le « double irlandais » et le « sandwich hollandais ». Selon
Bloomberg, Google parvient ainsi à payer seulement 2,4% de taux d’imposition
sur les bénéfices. Ici, Uber
a créé une filiale domiciliée au Pays-Bas, avec un siège aux Bermudes tout en
payant des redevances (un milliard
de dollars) à une filiale basée à San Francisco.
Les revenus
des courses sont envoyés à une autre filiale hollandaise, qui
verse 80% aux chauffeurs, tout en ne déclarant et payant des impôts que sur 1%
des 20% restants, en partageant les recettes avec les filiales locales. Naturellement,
les filiales d’Uber échangent des montagnes de redevances ou de royalties. Dans
l’exemple donné par la Tribune, sur
une course à 20 euros, 4 euros reviennent à Uber, mais dont seulement 7
centimes seraient taxés grâce à son montage fiscal. Les estimations sur le
chiffre d’affaire ne sont pas très claires, entre
une estimation de seulement 400 millions pour 2014 et d’autres, qui parlent
de 2 milliards cette année et compterait des centaines de milliers de
chauffeurs dans le monde. Ses immenses investissements expliquent des
pertes de centaines de millions de dollars.
L’Europe,
championne de la désertion