Depuis le
début du blog, j’apporte
ma petite pierre à la critique du néolibéralisme, mais, finalement, je me
demande de plus en plus si le nom que beaucoup d’entre-nous utilisons pour
dénommer ces idées est bien choisi. Par ce vocabulaire, ne
combattons-nous pas avec un bras dans le dos ?
Le
vocabulaire, clé des débats politiques
C’est
Eric Hazan, avec son livre LQR, qui m’avait sensibilisé à un aspect
fondamental du débat politique : le choix des mots. Celui
qui parvient à gagner la bataille du choix des mots pour qualifier les
différents tenants d’un débat fait souvent un grand pas vers la victoire
idéologique. Ce n’est pas pour rien que les partisans des politiques
monétaires européennes parlaient de franc « fort » puis d’euro
« fort ». De facto, cela affaiblit la position des critiques qui
deviennent implicitement partisans d’une politique de monnaie
« faible ». Voilà pourquoi il
était important d’utiliser le terme d’euro « cher », qui place le
débat d’une manière plus favorable à nos idées, sans pour autant travestir la
réalité. Sur ce sujet, c’est ce que je fais depuis assez longtemps, comme
peuvent l’attester les liens vers mon premier blog.
Cela est
aussi vrai pour le débat fiscal : ce n’est pas la même chose de
dénoncer un « parasite »
fiscal plutôt qu’un « paradis »
ou la
« désertion » fiscale
plutôt que « l’évasion ».
Les premiers donnent immédiatement une connotation négative à ces pratiques,
quand les seconds sous-entendent de facto qu’il existe un enfer ou une prison dont
on veut s’évader, les légitimant un peu de facto. Idem, le
terme inversion fiscale trouble le débat alors que l’on pourrait parler de
magouille, voir même de vol. Voilà pourquoi il est important de parler
de « camisole » budgétaire pour bien qualifier les effets des traités
européens sur nos démocraties. De même, il faut déconstruire les
arguments néolibéraux en faveur du traité transatlantique, et globalement, tous
les arguments des partisans du néolibéralisme.
Le bien mal
nommé néolibéralisme ?