vendredi 1 janvier 2016

Ne l’appelons plus néolibéralisme !

Depuis le début du blog, j’apporte ma petite pierre à la critique du néolibéralisme, mais, finalement, je me demande de plus en plus si le nom que beaucoup d’entre-nous utilisons pour dénommer ces idées est bien choisi. Par ce vocabulaire, ne combattons-nous pas avec un bras dans le dos ?



Le vocabulaire, clé des débats politiques

C’est Eric Hazan, avec son livre LQR, qui m’avait sensibilisé à un aspect fondamental du débat politique : le choix des mots. Celui qui parvient à gagner la bataille du choix des mots pour qualifier les différents tenants d’un débat fait souvent un grand pas vers la victoire idéologique. Ce n’est pas pour rien que les partisans des politiques monétaires européennes parlaient de franc « fort » puis d’euro « fort ». De facto, cela affaiblit la position des critiques qui deviennent implicitement partisans d’une politique de monnaie « faible ». Voilà pourquoi il était important d’utiliser le terme d’euro « cher », qui place le débat d’une manière plus favorable à nos idées, sans pour autant travestir la réalité. Sur ce sujet, c’est ce que je fais depuis assez longtemps, comme peuvent l’attester les liens vers mon premier blog.

Cela est aussi vrai pour le débat fiscal : ce n’est pas la même chose de dénoncer un « parasite » fiscal plutôt qu’un « paradis » ou la « désertion » fiscale plutôt que « l’évasion ». Les premiers donnent immédiatement une connotation négative à ces pratiques, quand les seconds sous-entendent de facto qu’il existe un enfer ou une prison dont on veut s’évader, les légitimant un peu de facto. Idem, le terme inversion fiscale trouble le débat alors que l’on pourrait parler de magouille, voir même de vol. Voilà pourquoi il est important de parler de « camisole » budgétaire pour bien qualifier les effets des traités européens sur nos démocraties. De même, il faut déconstruire les arguments néolibéraux en faveur du traité transatlantique, et globalement, tous les arguments des partisans du néolibéralisme.

Le bien mal nommé néolibéralisme ?

jeudi 31 décembre 2015

Le gouvernement fait annuler un amendement luttant contre l'évasion fiscale (billet invité)


Billet invité de l’œil de Brutus


Cela s'est passé dans la nuit du 4 au 5 décembre de cette année. Non, ce ne fut pas la nuit de l'abolition des privilèges. Mais bien celui de la préservation des privilèges fiscaux des multinationales.

Dans le cadre du projet de loi de finances rectificatif, les députés avaient déjà, en première lecture, rajouté un amendement visant à lutter contre l'évasion fiscale des multinationales. Quelque chose pourtant de très basique : exiger simplement qu'elles communiquent les chiffres d'affaires, bénéfices, nombres d'employés et impôts payés dans les pays où elles ont localisé des filiales. Une mesure simple, de bon intelligence et bien loin d'un Grand Soir !

mercredi 30 décembre 2015

Todd et Charlie (6ème partie et conclusion)

« Qui est Charlie ? » est le livre auquel j’ai consacré le plus de papiers, parce que je suis largement critique à son égard, mais aussi parce surnagent des analyses et réflexions intéressantes. Et même si Todd fait bien des raccourcis abusifs, un peu de débat ne fait jamais de mal.



Un Zemmour de gauche ?

Todd tacle un Zemmour endogame : « par le biais d’un mariage mixte, une moitié des jeunes d’origine algérienne étaient plus avancés dans l’assimilation que certains théoriciens de l’échec de l’intégration ». Mais l’impression que donne ce livre, c’est qu’il tombe dans les mêmes excès que l’auteur du « Suicide Français », mélangeant essai et roman, tant il fait de raccourcis et cède à des excès. Car pour les deux auteurs, finalement, la France se meurt, même s’il s’agit de deux France différentes. Zemmour pleure une France caricaturale, presque aussi machiste que l’Arabie Saoudite, décrivant sans nuance quarante ans d’histoire. Avec ce livre, Todd pleure une France intégratrice et tolérante avec autant de nuances que l’auteur du « Suicide Français », à travers sa vision de Charlie.

Comment écrire que « Charlie pourrait être un phénomène dynamique qui révèle avec le temps, de plus en plus fortement, ses vraies valeurs de référence : l’autorité et l’inégalité (…) Socialistes, sarkozystes et mélenchonistes ont défilé ensemble, affirmant un même socle de valeurs fondamentales (…) La domination est acceptée, l’inégalité a une base de masse ». Il est tout de même effarant de lire dans les manifestations de janvier un attachement à l’autorité et à l’inégalité, alors qu’il s’agissait d’une défense de la liberté et de la démocratie. Todd confond ici corrélation et causation, sans même s’embarrasser d’une analyse vraiment rigoureuse de la corrélation (en comparant avec d’autres manifestations). Pourquoi « le choc émotionnel résultant de l’horreur du 7 janvier (aurait) offert la possibilité d’une réaffirmation de l’idéologie qui domine la France : libre-échange, Etat social, européisme et austérité » ?

Non seulement le raisonnement de Todd n’est pas logique, mais il finit par faire un procès à cette France qu’il ne reconnaît pas, et dont on devine, même s’il ne l’écrit jamais, qu’il craint qu’elle prenne des traits de l’Allemagne des années 1930 ou que nous aboutissions à une forme de guerre de religion. Comme me l’a signalé un commentateur du blog, dans une interview au Guardian, il dit que « la France est une société malade (…) Il y a une partie de la société Français qui est pourrie, et rien n’est fait ». Encore une fois, et malgré certains développements récents consécutifs aux nouveaux attentats, je persiste à penser que la société Française tient bon, et que la réaction globale reste largement positive. Je ne vois pas poindre un sentiment islamophobe, si ce n’est de manière marginale.

Le mauvais procès fait à la France

mardi 29 décembre 2015

Todd et Charlie (5ème partie) : vers une guerre des religions ?




L’islam comme bouc-émissaire moderne ? 

Pour Todd, « l’islam est bien le bouc émissaire d’une société qui ne sait plus quoi faire de son incroyance et qui ne sait plus si elle a foi en l’égalité ou l’inégalité (…) cette islamophobie (…) est un peu modérée par un reste du sentiment universel hérité de l’Eglise, mais elle tend à être dopée par l’échec de l’euro, qui rend les couches dominantes anxieuses et les lance à la recherche d’un bouc émissaire, l’islam évidemment (…) Ce qui est réellement troublant, est l’obsession de l’islam, le discours laïciste frénétique qui se répand dans la moitié supérieure de la pyramide sociale, et qui est beaucoup plus inquiétant, au fond, que l’incrustation du vote FN dans les milieux populaires ». Avec Pegida ou les initiatives contre la circoncision, il pointe le rôle de l’Allemagne, ce modèle dit supérieur, quand « le monde arabe est perçu comme inférieur (…) l’Europe de tradition luthérienne joue un rôle particulier de catalyseur de l’islamophobie ».

« Comme les juifs européens vers 1930, les musulmans de France n’existent pas. La catégorie religieuse est posée comme dénominateur commun d’un ensemble d’hommes et de femmes qui appartiennent à des groupes différents (…) si la société globale vous met dans un sac portant l’étiquette musulman, vous vous sentez musulman (…) le repli n’est pas voulu, il est imposé par une logique économique qui perturbe les mécanismes d’assimilation ». Il note néanmoins que « des conceptions différentes du statut de la femme séparent les universalismes européen et musulman » mais pour lui, « les beurs des banlieues sont français et ont déjà, en termes de mœurs, fait les neuf ou les dix dixièmes du chemin vers une conception égalitaire des statuts de l’homme et de la femme » Pour lui, l’antisémitisme des banlieues vient d’un « universalisme que son incapacité temporaire à assimiler ou à se fondre rend raciste ».

lundi 28 décembre 2015

Todd et Charlie (4ème partie) : du FN, du PS, et de la xénophobie

Dans « Le mystère Français », Emmanuel Todd et Hervé Le Bras proposaient une analyse passionnante des évolutions du vote des Français. Dans « Qui est Charlie ? », il poursuit son analyse et propose des interprétations intéressantes des mouvements de fond de notre vie politique.



Des ressorts du vote Front National

Todd poursuit sa réflexion sur les ressorts du succès du FN. Constatant que ce parti a ses bastions dans les parties les plus égalitaires du territoire selon sa classification, il y voit « l’absurdité symétrique d’une force officiellement xénophobe ancrée dans un fond anthropologique égalitaire (…) il ne fait aucun doute que les électeurs du FN sont mus par des sentiments que l’on pourrait en première approche décrire comme inégalitaires (…) Ils semblent cependant travaillés par un inconscient égalitaire ». Pour lui, le raisonnement est le suivant : « si les hommes sont partout les mêmes, et si les étrangers qui arrivent sur notre sol se conduisent d’une façon vraiment différente, c’est qu’ils ne sont pas des hommes ». Il note également que l’émergence du FN a coincidé à, « venu des élites, un discours de tolérance totalement dysfonctionnel affirmant la nécessité de respecter la différence immigrée ».

Pour lui, « la combinaison de l’égalitarisme populaire et du multiculturalisme des élites avait réuni, au début des années 1980, les conditions d’une cristallisation pathologique. Le produit chimique sorti du tube à essai fut le vote FN ». On pourrait aussi y ajouter le jeu de Mitterrand, poursuivi depuis par Hollande, ou aussi que le bilan des deux grands partis au pouvoir depuis 40 ans est désastreux pour les classes populaires. Il note les dangers d’un universalisme abstrait : « si la réalité du mondre confronte ce système mental à un homme concrètement différent, l’homme universel, réduit à son insu à l’état ethnique le plus pur, sera capable de réagir par une négation de la nature humaine du porteur de la contradiction ». Pour lui, « l’électeur du FN voit au-dessus de lui la masse écrasante d’une classe moyenne définie par ses études. Il ne rêve plus d’accéder à son statut. Il regarde vers le bas, redoutant surtout de sombrer ». En 2012, il soutenait déjà que les électeurs du FN n’étaient pas racistes, mais malheureux.

dimanche 27 décembre 2015

Todd et Charlie (3ème partie) : de la montée des inégalités et de son acceptation

Même si on peut contester le lien fait par Todd entre Charlie et le débat sur l’inégalité, outre ses conclusions sur la tonalité générale des manifestations du 11 janvier (hystériques, instaurant un devoir de blasphème ou islamophobes), Todd approfondit la question de l’inégalité dans notre société d’une manière intéressante et qui mérite l’attention, une partie à sauver dans ce livre.



Des plaques tectoniques démographiques

Même si on refuse son interprétation inégalitaire de Charlie, Todd met le doigt sur un véritable enjeu de nos sociétés : l’explosion des inégalités et sa relative acceptation par les citoyens. Il reboucle avec son analyse des débats européens en évoquant les 70% de « oui » des classes supérieures à Maastricht, phénomène accentué en 2005. Poursuivant la thèse du mystère Français, il note « que le vote ‘oui’ avait aussi une forte dimension religieuse (…) c’est le vote d’électeurs venus du catholicisme mais qui l’avaient déjà abandonné qui a fait basculer la France ». Pour lui,  nous sommes passés du « dieu unique à la monnaie unique (…) c’est le reflux de la religion qui a conduit à son remplacement par une idéologie », parce que « l’incroyant se définissait comme un libre-penseur, un évadé de prison théologique, heureux de sa liberté retrouvée », la déchristianisation laisse donc un vide pour les laïcs, rempli par l’Europe.

Toujours dans la continuation du mystère Français, Il évoque le « glissement vers la gauche de l’électorat catholique de droite ». Pour lui, « n’est-il pas vraisemblable que les catholiques zombies, en s’intégrant au PS, plutôt que de se convertir à l’égalitarisme des régions centrales, ont déposé au cœur de la gauche leur bagage mental inégalitaire ? (…) Le PS devient peut-être au fond plus insensible, plus dur aux faibles que ne l’était la droite conservatrice ». Todd poursuit son analyse en évoquant le groupe des MAZ : classes Moyennes, personnes Agées, catholiques Zombies, « qui accepteraient un fantastique durcissement interne de la société ». Reprenant des statistiques de l’INSEE, il rappelle que 57% de la population appartient aux classes populaires, 42% aux classes moyennes (17% supérieures) et 1% aux classes supérieures. Enfin, la France compte 32% de retraités parmi les 15 ans et plus.

samedi 26 décembre 2015

Todd et Charlie (2ème partie) : des corrélations et des causalités

Hier, j’ai débuté l’analyse du livre polémique d’Emmanuel Todd, « Qui est Charlie ? », soulignant certaines carences de ses critiques contre le mouvement qui a accompagné les manifestations de janvier. Un défaut majeur est sa façon de tirer des conclusions un peu hâtivement.



Des conclusions un peu hâtives ?

Dans ce livre, Emmanuel Todd s’appuie largement sur ses travaux antérieurs, et notamment la cartographie de la France réalisée avec Hervé Le Bras dans « Le mystère français ». Il tire un portrait démographique de Charlie et analyse la distribution des 4,4 millions de manifestants estimés (10,7% de la population des zones concernées), note la moindre participation dans les bassins ouvriers, dans le Nord ou le Sud-Est, ou la forte participation des villes de cadres ou de l’Ouest. Il oppose Marseille la populaire moins mobilisée et Lyon, la bourgeoise et catholique, plus mobilisée. Et en recoupant avec les résultats électoraux, il en déduit que « la France des classes moyennes supérieures fut surmobilisée » et que les catégories intermédiaires ont rejoint les classes supérieures, au contraire de 2005, comme en 1992.

Par-delà certains biais de méthodes, notamment soulignés par Edgar, on peut quand même se demander si la conclusion à laquelle arrive Todd n’est pas un peu rapide. Comme Edgar le souligne, il faudrait comparer avec d’autres manifestations pour vérifier si les estimations de participation du 11 janvier présentent un biais par rapport à la distribution habituelle. En outre, il est bien évident que les participants à la marche de Paris ne venaient pas seulement de la capitale, révélant l’attraction des grandes métropoles autour d’elles, ce qui biaise quelque peu les statistiques, et imposait une comparaison avec d’autres manifestations afin d’être rigoureux dans la démarche. Les habitants de la périphérie se sont-ils moins mobilisés parce qu’ils ne le souhaitaient pas ou parce que leur lieu d’habitation leur compliquait la tâche ? Sur cette question, comme d’autres, Emmanuel Todd semble conclure un peu rapidement.

Du sens de la manifestation

vendredi 25 décembre 2015

Todd et Charlie (1ère partie) : de l’hystérie, du blasphème et de l’islamophobie

Au printemps dernier, Emmanuel Todd a secoué le débat politique avec son livre « Qui est Charlie ? », bien chroniqué par Coralie Delaume ou Edgar, du blog La lettre volée. Après les attentats de novembre, il n’est pas inutile de se replonger dans ses analyses, foisonnantes, parfois passionnantes, mais aussi d’autres fois extrêmement biaisées et dans l’erreur, notamment sur le centre de sa thèse.



Curieuse vision des manifestations

Pour le manifestant que j’ai été, parler « d’accès d’hystérie (…) comment dire que la mobilisation de masse, loin d’être ‘admirable’, révélait un manque de sang-froid et, pour tout dire, de dignitié dans l’épreuve » me semble incroyable, pour ne pas dire plus. Que pouvait-il donc y avoir d’hystérique dans cette manifestation sobre, recueillie et fraternelle ? Je n’arrive pas à me souvenir de la moindre trace d’hystérie dans ce qui était un bel hommage pour les victimes, mais aussi pour nos valeurs dans une défense de la liberté d’expression nécessaire à toute démocratie. C’était au contraire un moment de large rassemblement des Français, autour de la Marseillaise, par-delà les clivages, même si l’exclusion du FN était une faute (corrigée en novembre). Il parle aussi de « foules, convoquées par le gouvernement, qui défilaient à travers toute la France », sans doute une extrapolation abusive des motivations des manifestants.

D’ailleurs, Todd tempère son propos en notant que la plupart des manifestants « justifiaient leur présence par leur attachement général à la liberté d’expression et défendaient un idéal de tolérance ». Puis il dit que « beaucoup ont vécu le ‘Je suis Charlie’ comme un épisode d’aliénation par la pensée d’autrui » (comme sur le blog d’Olivier Berruyer), je persiste à penser que la grande majorité des Français l’ont vécu au contraire comme un moment de communion nationale. Enfin, il va quand même très loin quand il fait un lien entre les manifestations et Zemmour, Houellebecq ou la « Manif pour tous », comme si tous les manifestants étaient favorables à leurs vues. Je suis un exemple que ce n’était pas le cas et personnellement, j’ai l’impression que c’était même plutôt l’inverse qui était le cas en janvier.

De l’islam et de l’islamophobie

jeudi 24 décembre 2015

Uber, c’est le retour au Moyen-Age social




Barbarie économique pseudo moderne


En réalité, le succès d’Uber tient au fait que les marchés acceptent de payer ses pertes abyssales (l’entreprise a perdu autant d’argent qu’elle a fait de chiffre d’affaires en 2014) en pariant sur le fait qu’une fois arrivé en position dominante, elle pourra alors dégager des profits colossaux, qui compenseront toutes les pertes passées. Pour y arriver, il faut attirer un maximum de clients, par des promotions, et faire le vide dans la concurrence. En baissant les prix de 20% (alors qu’il perd de l’argent – signe de la folie du modèle de cette entreprise), Uber vise les deux, tout en étant assuré d’une perte limitée de chauffeurs étant donnée sa forte position déjà acquise. Et une fois la concurrence liquidée, alors, Uber et ses actionnaires pourront alors augmenter les prix et pressurer davantage les chauffeurs.

La déconstruction de la civilisation ?

mercredi 23 décembre 2015

François Hollande cherche à écarteler les Républicains




Machiavel à la manœuvre

La séquence des élections régionales est assez extraordinaire. Passons sur la conclusion de la COP21 la veille du second tour, un argument pas malhabile pour assurer le report des voix écologistes. D’ailleurs, le bilan des élections n’est pas mauvais pour un parti arrivé 3ème au premier tour : 5 régions gagnées contre 7 pour les Républicains. Et encore, la déclaration outrancière de Claude Bartolone lui a peut-être fait perdre l’Ile de France. Mais surtout, en sacrifiant trois régions (deux complètement, une à moitié, du fait du refus du tête de liste de ne pas se présenter au second tour) sur l’autel du combat contre le FN, François Hollande brouille les cartes du jeu politique. Ne s’agit-il pas d’un donné pour un rendu pour les électeurs de droite en vue d’un second tour où il affronterait Marine Le Pen en 2017 ?

Mais surtout, il sème la discorde au sein des Républicains (qui n’en avaient guère besoin), où s’opposent les partisans de la ligne « ni-ni » choisie par Sarkozy, et ceux, comme Juppé ou NKM, qui sont prêts à appeler à voter pour la gauche si elle se retrouve face au FN. D’ailleurs, les deux présidents de région en PACA et au Nord-Pas-de-Calais-Picardie, n’ont pas oublié les voix de gauche qui leur ont permis de défaire largement la famille Le Pen et font assaut de concorde républicaine. Le président de la République en a profité pour aller dans le Nord et voir Xavier Bertrand. Plus fort encore, certains évoquent la possibilité de travailler ensemble pour la lutte contre le chômage. L’idée d’une grande majorité à la Française vient d’avoir son baptême du feu, pour le plus grand déplaisir de Nicolas Sarkozy.

Pile, ils perdent, face, il gagne