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dimanche 17 décembre 2023

Le triste sens de la hausse du CAC40

Vendredi, le CAC40 a battu son record de clôture, dans un contraste saisissant avec une situation économique détériorée, entre envolée de la pauvreté et quasi-récession. Les grands médias, de France 2 à Europe 1 pointent la baisse de l’inflation comme la raison de record. Une explication un peu courte qui passe sous silence une grande partie des raisons de cette flambée de la valeur des actions…

 


Le destin commun toujours plus déconnecté de celui des actionnaires

 

lundi 24 septembre 2018

Ce que la bourse dit des Etats-Unis et de l’Europe

A plus de 26 000 points, le Dow Jones a quasiment doublé par rapport à son point le plus haut atteint avant la grande crise financière de 2008, rejoignant mon exercice de politique-fiction de 2009. En revanche, je n’avais pas imaginé un tel décalage avec les bourses européennes, qui restent encore sous leurs plus hauts de l’époque. Que signifie cette grande divergence boursière ?


La grande victoire des actionnaires

samedi 21 janvier 2017

Toujours plus de profits pour les multinationales… Qui paient toujours moins d’impôts


« Préoccupés du seul soin de faire fortune, les hommes n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous », Tocqueville

Au début des années 1980, le taux d’impôt sur les sociétés était de 50% en France et aux Etats-Unis (après avoir été plus haut, héritage de Roosevelt). Les profits des entreprises ne représentaient alors que quelques pourcents du PIB. Aujourd’hui, leur part a explosé, au point d’inquiéter le très pro-business The Economist, qui s’en est inquiété en 2012 et en 2016. Non seulement les grandes entreprises n’ont jamais extrait autant de profits des sociétés qui les font vivre, mais en outre, elles paient moins d’impôts (en France, 33%, 39,6% aux Etats-Unis, sans compter les niches), en réclament toujours moins, et sont sur le point de l’obtenir ! Pourtant, comme le rappelle Marianne, l’année 2016 a été très rentable pour les actionnaires du CAC40, avec 55,7 milliards distribués, proche du record de 2007 (57,1 milliards).

mardi 19 janvier 2016

jeudi 1 octobre 2015

La baisse des inégalités ne touche pas les patrons du CAC 40




Des rémunérations devenues extravagantes

Bien sûr, ceux qui défendent les salaires des grands patrons prennent soin de revenir jusqu’en 2006 pour montrer que la rémunération moyenne de 2014 n’est pas à son plus haut. Bien sûr, elle atteignait plus de 5 millions d’euros peu avant le grand krach. Mais une telle présentation des choses est biaisée. Car si l’on remonte un petit peu plus dans le temps, au tout début des années 1990, Raymond Lévy, patron de Renault, gagnait alors 1 million… de francs, soit 150 000 euros, par an ! Et la rémunération de Jacques Calvet, alors patron de PSA, avait fait grand bruit quand il avait été révélé qu’elle dépassait 2 millions… de francs, soit plus de 300 000 euros. Aujourd’hui, Carlos Ghosn, patron de Renault et Nissan, touche la bagatelle de 15 millions d’euros, 100 fois ce que touchait son prédecesseur !

Quand le patron de Renault touchait un peu plus de 20 SMICs il y a 25 années, son successeur en ramasse aujourd’hui 1000 en une seule année ! Voici sans doute le meilleur résumé de l’explosion des inégaliltés au sommet de la pyramide, qui rend totalement caduques les analyses de l’INSEE, qui, suivant l’indice de Gini, comparent les 10% les plus riches et les 10% les moins riches. Cette moyenne écrase l’envolée des salaires du 1%, ou même du 0,1% le plus riche, sur laquelle dissertent Thomas Piketty et ses comparses, ou Joseph Stiglitz. Il est vrai que Carlos Ghosn est en pôle position du classement 2014, devant l’ancien patron de Sanofi, qui émarge à plus de 12 millions seulement et celui de Dassault Systèmes, à 11 millions. Un patron du CAC 40 gagne aujourd’hui environ 300 SMICs par année !

L’alliance des grands patrons et des actionnaires

mercredi 19 août 2015

Profits du CAC 40, salaires des patrons : alerte à l’explosion des inégalités !

Ce sont des chiffres passés trop discrètement : le contraste entre la croissance famélique, quand il y en a, du PIB ou des salaires, par rapport à celle, extravagante, des profits des multinationales, des dividendes ou des salaires de leurs dirigeants. Comme une synthèse de notre société.



Des chiffres extravagants


Le plus effarant est que ce contraste ne semble pas provoquer plus de questionnements, même si cela a sans doute été à l’origine du succès du livre de Thomas Piketty. Si les profits du CAC 40 ont profité de la forte baisse de l’euro (disqualifiant la critique de la dévaluation), le contraste entre les 38% de hausse des profits et les 3% de hausse du CA illustre de manière criante les priorités économiques des plus grandes entreprises, qui arrivent à tellement augmenter leur rentabilité, ce graal moderne, la priorité des priorités, avant les emplois ou la rémunération des salariés, comme du temps d’Henry Ford. Ainsi les actionnaires récupèrent des dividendes croissants, outre des rachats massifs d’actions pour booster leurs cours. Et les dirigeants sont remerciés par des salaires de plus en plus élevés.

La victoire de la loi de la jungle

mercredi 13 août 2014

Chômage, CAC 40 : la grande divergence


Envolée de 18% des profits des entreprises du CAC 40 au premier semestre, légère baisse du déficit commercial, nouveau record du nombre de chômeurs : l’aggrégation de ces dernières données estivales démontrent remarquablement tout ce qui ne va pas dans le système économique actuel.



Champagne en haut, ceinture en bas

Bien sûr, l’énorme amende que BNP Paribas a négocié et accepté de la justice étasunienne fait que les profits du CAC 40 affichent une baisse de 5,2% au premier semestre 2014, mais si on exclut cet élément exceptionnel, alors, les profits de l’élite du capitalisme français se sont envolés de pas moins de 18% ! Cela semble totalement surréaliste alors que que la croissance économique est en berne depuis si longtemps, et que tant d’autres indicateurs sont dans le rouge, mais il n’est pas inintéressant de constater que la marge opérationnelle est passée de 8,2 à 9,2% dans une période pourtant difficile sur tous les plans, avec une faible demande, mais aussi des augmentations d’impôts. Cette performance est d’autant plus stupéfiante que nos champions hexagonaux ont souffert de la cherté de l’euro.



Parallèlement, le déficit commercial est au plus bas depuis 4 ans, à 29,2 milliards d’euros, soit 2,7 de moins que l’an dernier. Mais cette bonne nouvelle n’est qu’apparente car les exportations sont en baisse et qu’ils sont surtout le produit du recul des importations, et notamment des hydrocarbures, du fait de la mauvaise conjoncture. Mauvaise conjoncture qui se retrouve dans la hausse continue du niveau du chômage, qui a atteint un nouveau record en juin, comme le souligne Jacques Sapir sur son blog. Officiellement, on parle de 11,8% de taux de chômage. Mais si on compte les personnes dispensées et celles qui ont travaillé moins de 70 heures et qui cherchent un temps plein, alors, on monte officiellement à 15,1%. Jacques Sapir note que les radiations permettent sans doute de gagner 1,4 points.

Un système condamné

mardi 2 avril 2013

Marché contre démocratie


En 1966, le Général de Gaulle pouvait dire que « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille ». Malheureusement, non seulement ceci est de moins en moins le cas mais nous sommes entrés dans une phase plus conflictuelle entre les marchés et la démocratie depuis le début de la crise financière.

30 ans de règne de la corbeille

On peut sans doute dater à 1983 le début du règne des marchés dans notre pays. En effet, c’est à ce moment que le gouvernement de Pierre Mauroy décide de faire un grand 180° dans sa politique économique pour se conformer à la pensée dominante du moment. Protectionnisme et monétisation auraient alors pu permettre à la France de prendre un chemin différent, mais les socialistes ont opté alors pour une monnaie chère et l’anarchie commerciale et financière.

Cet acte fondateur a consacré la double influence des marchés sur les politiques suivies par nos gouvernements, qu’ils soient de droite ou de gauche. D’une part, les marchés ont influencé les politiques suivies en consacrant le laisser faire et le laisser passer dans tous les domaines (commerce, monnaie et finance) mais ils ont également poussé à l’indépendance des banques centrales et de la politique monétaire, un bon moyen de s’assurer une politique conforme à leurs intérêts.

En effet, depuis 1987, on constate que les dirigeants de la planète (gouvernements comme banquiers centraux) ne cessent d’adapter leurs politiques en fonction des évolutions du Dow Jones ou du CAC 40. Il suffit que les marchés toussent pour qu’ils se précipitent pour les soulager, comme en 1987, 2001 ou 2007-2008. Quand les pauvres banques sont au bord de l’asphyxie, les Etats se précipitent pour leur donner des garanties et les banques centrales les inondent de liquidités.

Le conflit entre les marchés et la démocratie

vendredi 7 septembre 2012

La BCE aide les marchés et torture les peuples


Alleluiah ! Pour la énième fois, l’euro est sauvé ! Super Mario et la BCE sont intervenus pour stopper les méchants spéculateurs qui veulent casser l’euro. Mais cette interprétation des faits ne résiste pas une seconde à l’analyse des déclarations du président de la Banque Centrale Européenne.

Une aidée plus limitée qu’il n’y paraît

Bien sûr, les marchés ont répondu très positivement à l’annonce d’hier puisque le CAC 40 a progressé de plus de 3%. Dans un sens, on pourrait croire que ceux qui défendaient la monétisation des dettes souveraines par la BCE ont gagné, mais il faut aller au-delà des grands titres. Deux bémols considérables doivent être soulignés. En effet, il faut souligner que le précédent programme était inconditionnel et portait notamment sur les créances à 10 ans.

Mais après avoir engrangé près de 200 milliards d’euros de créances espagnoles et italiennes, la BCE y met fin et elle annonce des règles du jeu complètement différentes. Tout d’abord, ne sont concernées que les créances de 1 à 3 ans. Ensuite, la BCE n’activera son programme de rachat que si le pays concerné fait appel au FESF ou au MES et se soumettre à ses exigences. En revanche, le programme n’a pas de limite et ces créances ne seront pas considérées comme privilégiées.

En outre, la monétisation ainsi réalisée sera stérilisée pour continuer à lutter contre le fantôme de l’inflation. Bref, tout ceci signifie que la BCE met des conditions extrêmement strictes aux pays qui souhaiteraient avoir son soutien sur les marchés. En effet, il faudra qu’ils passent sous les fourches caudines de la troïka technocratique et, du fait que seules les créances de 1 à 3 ans sont concernées, la laisse sera tenue bien courte du fait du besoin de se refinancer fréquemment.

Un répit limité pour l’euro

jeudi 3 novembre 2011

Le 5ème plan de sauvetage de l’euro est toujours aussi bancal


Georges Papandréou a bien gâché le G20 de Nicolas Sarkozy. Jeudi dernier, il nous avait vendu le plan signé le matin comme nous ayant préservé d’un cataclysme économique. Pourtant, on constate que comme d’habitude, ce plan ne règle, que la Grèce reste ou non dans l’euro.

Pourquoi les marchés l’ont aussi bien accueilli ?

En effet, le moins que l’on puisse dire, c’est que les marchés financiers ont beaucoup apprécié ce 5ème plan de sauvetage de l’euro. Le CAC 40, qui était tombé sous les 2700 points en septembre, a dépassé les 3300 points jeudi, soit une progression de plus de 20% en à peine plus d’un mois, avant de retomber avec le référendum grec. Mais il faut tempérer ce jugement par le fait qu’il était à 4000 points au 1er juillet. Il n’a fait que rattraper la moitié du terrain perdu depuis quatre mois.

dimanche 16 octobre 2011

Quand The Economist dénonce les esprits animaux du marché


Après être brièvement passé sous les 2700 points, le CAC 40 a clôturé au-delà de 3200 points cette semaine. Une hausse de plus de 500 points en trois semaines qui illustre bien l’exubérance irrationnelle des marchés, évoquée par Alan Greenspan et expliquée par The Economist récemment.

Un journal utile et passionant

The Economist, c’est déjà un style élégant et un véritable humour. Dans le numéro du premier octobre, ils illustrent un papier critiquant le projet de mettre en place une taxe Tobin par une photo de Robin des Bois sous-titrée « Every Financial transaction I do, I to it for you ». Mais même s’ils défendent les idées libérales, ils le font en exposant souvent des arguments contradictoires qui minent leur défense, sans qu’ils semblent véritablement s’en rendre compte.