L’accord des dirigeants de la zone
euro est totalement effarant. Mais comment le nouveau gouvernement, élu
sur une promesse de mettre fin à la tutelle et l’austérité dont était victime
son pays, a-t-il pu signer un tel texte, si
proche de ceux qu’il dénonçait dans l’opposition ?
L’impasse
prolongée, et aggravée
Le plan qui a
été signé est une triple abomination. Abomination démocratique, car
même si Alexis Tsipras a fait voter les Grecs puis le Parlement, le signer
semble tellement contradictoire avec le mandat donné par le peuple grec le 25
janvier, puis
le 5 juillet. Abomination humaine, car les précédents plans ont provoqué
une casse sociale absolument effroyable, qui
se lit dans les taux de chômage et de pauvreté, et même dans les statistiques
de la mortalité infantile et des taux de suicide. Abomination de la raison,
tant ce plan semble un décalque des plans des années passées, qui
ont pourtant tous échoué puisqu’il a fallu à chaque fois un autre plan, après
les échecs de ceux de 2010 et 2012.
Ce plan est
peut-être encore plus absurde que
les plans précédents. Car au même cocktail dépressioniste de hausses
d’impôt et de coupes des dépenses, qui
ont fait plonger le PIB Grec de 25%, les dirigeants de la zone euro n’ont
même pas eu le bon sens de restructurer la dette, au
contraire des plans de 2010 et 2012. Résultat, alors que la Grèce ne
parvenait plus à rembourser sa dette de près de 180% du PIB, on
va ajouter la bagatelle de 80 milliards de dettes, soit 40% de PIB de plus,
le tout, sachant que le coktail austéritaire va probablement faire baisser le
PIB. Certes, il y a une promesse de « reprofilage » de la dette, mais
cela sera fait plus tard et ne fera que prolonger la tutelle de la Grèce.
Pourquoi
la Grèce accepte cela ?









