C’est
un long et passionnant papier de Romaric Godin dans la Tribune qui en rend compte : les partisans de la
monnaie pleine ont remporté une victoire importante en réunissant plus de 100
000 signatures de soutien à leur initiative : une
votation devrait avoir lieu sur la question en Suisse.
Un débat
absolument fondamental
Curieusement,
c’est un débat qui reste marginal dans la plupart des pays, malgré la grave
crise financière de 2008. Heureusement, les choses semblent progresser. En
Islande, un
parlementaire a remis un rapport au gouvernement il y a quelques mois et
maintenant, en Suisse, c’est
une initiative qui a rassemblé assez de signatures pour déclencher une votation.
C’est un sujet que j’avais détaillé fin 2011, dans
une introduction au « 100% monnaie », puis un papier
sur « la réforme du 100% monnaie ». Puis, André-Jacques Holbecq, auteur
d’un livre de référence sur la dette publique, a écrit trois papiers sur le
blog sur le sujet : un
premier pour rapporter la tribune de Martin Wolf sur le sujet, un
second sur l’avancée du débat en Suisse, puis un
troisième de synthèse sur les enjeux de ce débat fondamental.
En effet, comme
l’avait bien expliqué Pierre-Noël Giraud dans un livre primé, aujourd’hui,
l’essentiel de la monnaie n’est pas créé par la banque centrale, mais bien par
les banques privées, à des fins mercantiles, jouant
un rôle majeur dans la multiplication des bulles et crises financières. Bien
sûr, il y a des règles qui encadrent (un peu) cette création, mais ces règles, que
les banques « aident » à concevoir, leur laissent une grande
latitude d’action, qui a permis à certaines d’avoir un bilan 20 à 30 fois
supérieur à leurs fonds propres en 2008. Et il ne faut pas croire que les
récentes règles ont véritablement changer la donne tant
les lobbys bancaires parviennent à jouer sur les modalités de ces règles.
Ainsi, la
reprise du contrôle de la création de la monnaie est un débat fondamental pour
la démocratie.
Un débat
qui reste encore difficile


















